Ces jours-ci, le long du fleuve Rouge traversant le quartier de Pho Hien (province de Hung Yen), l’ambiance devient la plus animée de l’année : c’est la saison des sardines.
La saison débute généralement à la fin du premier mois lunaire, et la pleine saison coïncide avec la floraison flamboyante des kapokiers le long des rives. L’exploitation dure environ deux mois, jusqu’au troisième mois lunaire.
Tran Van Chinh raconte qu’il pêche de l’aube au crépuscule, fidèle à ce métier auquel il a consacré toute sa vie. Malgré ses 73 ans, il reste en bonne santé et gagne chaque jour entre 500 000 et 1 million de dongs, selon la chance inhérente au métier.
Cette année, la production de sardines ayant diminué, les prix ont légèrement augmenté, oscillant entre 30 000 et 50 000 dongs le kilo au quai. Une fois arrivés au marché, les poissons sont triés : les plus gros (environ 10 poissons par kilo) sont fournis aux restaurants ou expédiés vers d’autres provinces et villes, tandis que les plus petits sont vendus aux consommateurs ou transformés en galettes de sardine.
Forte de nombreuses années d’expérience dans l’achat, la transformation et la commercialisation de ces poissons, Tran Thi Trang, domiciliée au 4 Nguyen Thien Thuat (quartier de Pho Hien), explique qu’autrefois, les sardines étaient surtout frites pour être consommées.
Aujourd’hui, répondant aux goûts du marché, elle sélectionne des poissons plus gros et plus gras pour les braiser avant de les vendre. Ce plat rustique de sardines braisées est désormais très apprécié et considéré comme une spécialité locale.
Par ailleurs, les poissons sont également marinés au curcuma, conditionnés sous vide et conservés au froid, facilitant ainsi leur consommation et leur utilisation comme cadeau. Grâce à ces méthodes, chaque saison lui permet d’écouler plusieurs quintaux de poissons, contribuant à augmenter ses revenus.
D’un mets populaire des riverains, la sardine est aujourd’hui devenue une spécialité emblématique de la région de Pho Hien. Poisson sauvage, elle est réputée propre, riche en calcium et largement prisée par les consommateurs.
Au fil du courant inlassable du fleuve Rouge, la saison des sardines n’apporte pas seulement des revenus, mais contribue également à préserver les valeurs culturelles, le travail et la mémoire d’une campagne prospère.