Enrayer la chute des prix des produits agricoles à l’exportation

Au premier trimestre 2026, les exportations de produits agricoles, sylvicoles et aquatiques du Vietnam ont atteint 16,69 milliards de dollars, en hausse de 5,9 % par rapport à la même période de 2025.

Une récolte de café abondante réjouit les agriculteurs de Dak Lak. Photo : VOV.
Une récolte de café abondante réjouit les agriculteurs de Dak Lak. Photo : VOV.

Toutefois, cette progression globale masque une réalité moins favorable : pour de nombreux produits, les volumes exportés augmentent, mais les prix à l’exportation reculent, ce qui limite la croissance de la valeur, voire entraîne une baisse.

Selon Tran Gia Long, vice-directeur du Département de la Planification et des Finances du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la filière du café est la plus affectée.

Le prix moyen à l’exportation est tombé à 4 697 USD la tonne, en baisse de près de 17 % sur un an.

Malgré une hausse de 12,6 % des volumes, la valeur totale a diminué de 6,4 %.

Le riz suit une évolution similaire : les volumes progressent légèrement (+0,2 %), mais la valeur chute de 7,8 %, en raison d’une baisse de 8 % du prix moyen.

Le caoutchouc et le poivre subissent également une pression sur les prix, avec des reculs respectifs de 5,1 % et 5,9 %.

La noix de cajou enregistre une légère diminution tant en volume qu’en valeur.

Cette situation s’explique par la tendance baissière du marché mondial et par une concurrence accrue entre les pays exportateurs. Elle a un impact direct sur le marché intérieur.

Depuis début mars, le prix du café dans les provinces de Tay Nguyen a diminué de 3 200 à 3 800 VND par kilogramme, tombant à un peu plus de 90 000 VND.

Le riz de la récolte hiver-printemps a également perdu environ 500 VND/kg en pleine saison.

Quant au poivre, son prix a reculé de 7 500 à 8 500 VND/kg fin mars, en raison d’une offre abondante alors que la demande reste limitée.

Ces évolutions montrent que le marché intérieur manque de mécanismes de régulation capables d’amortir les chocs extérieurs.

De nombreux produits restent fortement dépendants du marché des matières premières, où les prix fluctuent principalement en fonction de l’offre et de la demande mondiales.

Dans le secteur du café, Vietnam exporte encore majoritairement du Robusta sous forme brute, ce qui limite la valeur ajoutée.

L’augmentation des stocks certifiés sur la bourse ICE London et la reprise de l’offre mondiale, notamment au Vietnam, au Brésil et en Indonésie, accentuent la pression sur les prix.

À l’inverse, le café Arabica, mieux standardisé, bénéficie d’une demande plus stable sur les segments haut de gamme.

Selon Nguyen Nam Hai, président de l’Association du Café et du Cacao du Vietnam, il est impératif d’accélérer la transformation profonde et de mettre en place un système de normes claires, associé à une stratégie nationale de valorisation du produit, incluant la traçabilité et le développement de la marque.

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Pour le riz, la dépendance aux exportations en gros volumes vers des marchés traditionnels rend les prix particulièrement vulnérables.

Nguyen Chanh Trung recommande de développer des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment à travers des conditionnements adaptés et des marques propres.

Les variétés de riz parfumées ou à faibles émissions conservent d’ailleurs de bons niveaux de prix sur des marchés exigeants, comme les États-Unis, le Japon et l’Union européenne.

Le cas du poivre est similaire : 82,3 % des exportations restent constituées de produits bruts non transformés.

En définitive, stabiliser les prix à l’exportation dépend autant des conditions du marché mondial que de la capacité des filières à se transformer.

En améliorant la qualité, en ciblant des segments spécifiques et en se positionnant sur des marchés à haute valeur, Vietnam pourra mieux maîtriser les fluctuations des prix agricoles et renforcer la durabilité de ses exportations.

NDEL
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