Ce rapport a été présenté lors d’une conférence de presse de l’ASEAN+3 Macroeconomic Research Office (AMRO). Lors de cet événement, organisé le 6 avril, l’économiste en chef d’AMRO, Dong He, a affirmé que le Vietnam avait plutôt bien absorbé le choc tarifaire de l’an dernier, mieux que ne l’avaient anticipé de nombreux analystes. Il a également estimé que le pays devrait rester l’économie à la croissance la plus rapide de la région en 2026.
Le rapport AREO prévoit une croissance du PIB réel du Vietnam de 7,4 % en 2026 et de 7,1 % en 2027. L’inflation globale devrait s’établir à 3,8 % en 2026 et à 3,4 % en 2027. Selon Dong He, même si la croissance devrait ralentir par rapport au niveau de 8 % enregistré l’an dernier, il reste confiant dans la résilience et le potentiel d’accélération du Vietnam.
Le rapport indique également que la forte progression du commerce dans la région ASEAN+3 (ASEAN, Chine, Japon, République de Corée) au cours des deux dernières décennies lui a permis d’accroître sa part dans le commerce mondial, mesurée par les exportations et les importations combinées, de 23,1 % en 2000 à 30,7 % en 2024. Dans la région, la Chine est le principal contributeur, mais d’autres économies, notamment le Vietnam, ont elles aussi enregistré des avancées notables, reflétant une intégration plus profonde dans les chaînes de valeur mondiales.
Selon le rapport, les pays de l’ASEAN+3 sont de plus en plus influencés par les évolutions économiques internes à la région, en particulier par celles de la Chine. Pour la plupart des économies de la zone, l’impact d’un choc de demande en provenance des États-Unis reste moins important que celui venant de Chine. Le Vietnam constitue toutefois une exception notable, car il réagit à la fois aux chocs de demande chinois et américains, ce qui montre son intégration rapide dans les chaînes d’approvisionnement desservant ces deux marchés.
Le rapport AREO souligne également que l’ASEAN+3 est devenue une destination majeure pour les investissements directs étrangers (IDE). En 2024, l’ASEAN+3 représentait 22,5 % des flux mondiaux d’IDE, témoignant de son attractivité auprès des investisseurs internationaux.
Outre les investissements à l’étranger, la part des IDE intra-régionaux a elle aussi progressivement augmenté au cours des deux dernières décennies, passant de 48,7 % en 2009 à 49,2 % en 2024, signe d’un renforcement des liens commerciaux et des chaînes d’approvisionnement au sein de la région. Le Vietnam s’y distingue tout particulièrement en s’affirmant comme une destination de premier plan, en phase avec le rôle de plus en plus important qu’il joue dans les chaînes d’approvisionnement régionales.