Ces discussions portaient sur le projet de résolution de l’Assemblée nationale relatif au développement culturel vietnamien.Le projet de résolution vise à attirer davantage d’investissements dans les industries culturelles, avec pour objectif que ce secteur contribue à hauteur de 7 % au PIB d’ici 2030 et de 9 % d’ici 2045. Il fixe également des objectifs ambitieux : placer le Vietnam parmi les trois premiers pays d’Asie du Sud-Est et parmi les 30 premiers au monde en matière de puissance culturelle nationale.
Évitement des incitations généralisées
Les députés ont largement approuvé l’article 2 du projet de loi, qui désignerait le 24 novembre comme Journée de la culture du Vietnam, un jour férié entièrement payé, afin de dynamiser la participation des jeunes aux activités et manifestations culturelles. Certains ont plaidé pour l’organisation simultanée d’événements communautaires à l’échelle nationale, tels que des festivals culturels et des démonstrations de cuisine familiale traditionnelle, afin de mieux faire connaître cette journée au public.
L’un des principaux sujets de préoccupation concernait le cadre politique visant à attirer les investissements dans le développement culturel. La députée Vo Ngoc Thanh Truc, de Hô Chi Minh-Ville, a mis en garde contre l’octroi d’incitations fiscales maximales sur les sociétés aux jeux vidéo en ligne, s’opposant à des avantages fiscaux généralisés pour tous les jeux vidéo.
Elle a plaidé pour un soutien ciblé, limité aux projets à forte valeur éducative ou à ceux qui promeuvent l’histoire et les traditions culturelles nationales. Elle a également insisté sur la nécessité de disposer d’outils techniques pour contrôler le temps passé devant les écrans, notamment chez les enfants.
Concernant les incitations fiscales plus générales, le projet de loi propose un taux de TVA de 5 % pour les arts du spectacle et les expositions. Vo Ngoc Thanh Truc s’est opposée à une approche uniforme, soulignant que si le divertissement commercial peut être financièrement autonome, les arts traditionnels luttent pour leur survie.
Elle a recommandé de maintenir la TVA à 5 % pour les arts commerciaux, mais d’instaurer un taux de 0 % ou une exonération totale pour les arts du spectacle traditionnels et les expositions patrimoniales pendant une phase pilote initiale de trois à cinq ans. Une telle mesure constituerait une bouée de sauvetage pour les valeurs culturelles menacées de disparition, a expliqué Truc.
Mise en commun des ressources pour les industries culturelles
Un autre député de Hô Chi Minh-Ville, Truong Minh Huy Vu, a insisté sur l’urgence de développer les industries culturelles. Si l’article 4 traite de la mobilisation des ressources, il a déploré l’absence de toute mention des investisseurs stratégiques et a demandé que cette omission soit corrigée.
Il a également exhorté le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme à créer un cadre de données sectoriel pour intégrer les données culturelles, élément essentiel à un déploiement efficace.
Accueillant favorablement la proposition de création d’un fonds culturel et artistique structuré comme un véhicule d’investissement public-privé, Vu a noté que le projet ne précise pas s’il peut accepter des capitaux étrangers, notamment ceux provenant de pays comme la République de Corée, dont les secteurs culturel et du divertissement sont particulièrement développés.
La députée Nguyên Thi Viêt Nga, de la ville de Hai Phong, a approuvé le fonds, mais a souligné les risques de chevauchement des mécanismes de soutien déjà présents dans le secteur culturel. Elle a exigé une sélection des projets transparente et compétitive, une responsabilité claire, une discipline d’investissement rigoureuse et un partage équitable des risques avec les partenaires privés. L’État ne devrait pas supporter seul tous les risques, mais plutôt adopter des modèles de co-investissement qui tirent parti des ressources publiques et de l’expertise du secteur privé, a-t-elle déclaré.
De son côté, la députée Nguyên Thi Yên Nhi, de la province de Vinh Long, a insisté sur la nécessité de construire un écosystème culturel sain et transparent, en mettant l’accent sur une protection efficace de la propriété intellectuelle afin de stimuler la créativité.
Elle a également souligné l’importance d’aider les entreprises culturelles à développer des marques compétitives à l’échelle mondiale, tout en garantissant des mécanismes de régulation appropriés pour équilibrer la croissance du marché, les échanges culturels et la préservation de l’identité nationale, afin d’éviter la surcommercialisation ou l’érosion culturelle.