Malgré ces difficultés et défis, les forces en charge du Parc national de Phong Nha–Ke Bang restent mobilisées sur chaque secteur forestier, assurant patrouilles et contrôles afin de préserver la verdure de cette forêt patrimoniale.
Réorganisation du modèle et de la structure
Il y a un an, la mission de protection des 123 300 hectares de forêt spéciale du Parc national de Phong Nha–Ke Bang ainsi que des 3 153 hectares de forêt de protection de la zone relevait du Service des gardes forestiers du parc.
En application du décret no 159/2024/ND-CP modifiant et complétant certaines dispositions du décret no 1/2019/ND-CP relatif aux gardes forestiers et aux forces spécialisées de protection des forêts, au début de l’année 2025, le Comité populaire de la province de Quang Binh a décidé de créer le Centre de protection des forêts et du patrimoine mondial, sur la base de la réorganisation du Service des gardes forestiers du Parc national de Phong Nha–Ke Bang.
Le Centre fonctionne comme une unité publique autonome sur le plan financier, conformément à la réglementation en vigueur.
À sa création, il comptait 129 agents statutaires et 57 employés contractuels affectés à la protection forestière, rémunérés par le programme de développement forestier.
Selon plusieurs cadres et agents du Centre, le passage d’un modèle de garde forestier à celui d’agent de protection a eu des répercussions sur les droits et les régimes dont ils bénéficiaient.
Actuellement, les forces de protection forestière ne disposent plus de l’ensemble des compétences et prérogatives dont jouissaient auparavant les gardes forestiers du parc.
En particulier, ces forces ne sont pas équipées d’outils de soutien, ne disposent pas du pouvoir de sanction administrative ni d’engager des poursuites pénales en cas d’infraction.
Par ailleurs, les revenus des agents ont diminué et certaines indemnités, telles que les primes professionnelles ou liées aux conditions dangereuses, ont été supprimées.
Les employés contractuels travaillant dans les postes forestiers, rémunérés par le programme de développement forestier, subissent en outre des retards de paiement.
Au 13 avril, leurs salaires de janvier 2026 n’avaient toujours pas été versés, affectant fortement leur vie quotidienne.
Malgré ces contraintes liées à la réorganisation et à la pression accrue sur la protection des ressources forestières, les agents continuent de rester sur le terrain afin de préserver la forêt primaire de la chaîne de Truong Son.
Le poste de U Bo est chargé de la gestion de près de 4 600 hectares de forêt spéciale et de centaines d’hectares de forêt de protection, répartis sur des terrains complexes et difficiles d’accès.
Notamment, le tronçon ouest de la route Ho Chi Minh, entre les kilomètres 44 et 60, est devenu un point d’entrée utilisé par certains individus pour pénétrer illégalement dans la forêt.
Le poste de U Bo a donc renforcé les patrouilles et les mesures de protection à la source.
Le chef de poste Dang Quang Tuan indique que les itinéraires de patrouille sont établis en fonction des zones à haut risque d’intrusion, telles que Km35–Vung Chinh, Km58–Xa Bien ou la forêt de protection du sous-secteur 255.
Le poste coopère également avec d’autres unités pour former un réseau de contrôle continu.
Le poste de Cha Noi, situé au col Da Deo, assure la protection de plus de 18 700 hectares de forêt.
Chaque jour, quelles que soient les conditions météorologiques, les agents se relaient pour patrouiller dans les zones sensibles.
Trois postes avancés ont également été installés au cœur de la forêt pour une protection directe.
Renforcer la sensibilisation à la protection de la forêt patrimoniale
Selon le directeur du Centre, Pham Van Tan, l’unité gère actuellement 123 300 hectares de forêt spéciale et 3 153 hectares de forêt de protection.
La majorité des forêts sont en bon état ou de qualité moyenne (64 % de la superficie), et Phong Nha–Ke Bang présente une biodiversité exceptionnelle avec de nombreuses espèces rares inscrites dans les livres rouges du Vietnam et du monde.
Au premier trimestre 2026, 524 patrouilles ont été effectuées sur plus de 5 200 km, permettant de retirer 202 pièges à animaux et d’empêcher de nombreuses intrusions illégales.
Le Centre utilise également des technologies modernes telles que les images satellitaires et l’application Planet pour surveiller les évolutions forestières en temps réel.
En parallèle, des actions de sensibilisation sont menées auprès des populations locales afin de renforcer la protection de la biodiversité.
Au cours du premier trimestre 2026, plus de 100 campagnes de sensibilisation ont été organisées, incluant des engagements signés par les ménages vivant à proximité des forêts.
Ces résultats témoignent de l’ampleur du travail accompli et de la détermination des équipes à protéger cet écosystème.
Outre les menaces liées aux activités humaines, les risques d’incendie augmentent en période de forte chaleur. La sécheresse de la végétation rend les forêts particulièrement vulnérables.
Face à cela, les forces de protection forestière ont mis en place des plans de prévention et de lutte contre les incendies, régulièrement actualisés selon les zones à risque.
Les moyens humains et matériels sont renforcés, et des exercices sont organisés pour améliorer la capacité de réaction en cas d’incident.
La sensibilisation des populations vivant en zone tampon est également considérée comme une solution clé pour prévenir les risques.
En période de forte chaleur, chaque forêt constitue un « bouclier vert » régulant le climat, préservant les ressources en eau et la biodiversité.
Pour Phong Nha–Ke Bang, il s’agit aussi de préserver un patrimoine naturel mondial transfrontalier unique en Asie du Sud-Est.
Ainsi, la protection des forêts ne relève pas uniquement des forces spécialisées, mais nécessite l’engagement de toute la société.