Le contrôle du pouvoir vise à garantir que celui-ci soit exercé au bon endroit, de manière appropriée et pour les bonnes missions, afin d’éviter les abus de pouvoir et la corruption. Les représentants élus constituent ainsi un canal efficace de surveillance du pouvoir.
Le contrôle du pouvoir est un principe inscrit dans la Constitution ; il s’agit d’une valeur fondamentale dans l’organisation et l’exercice du pouvoir dans l’État de droit socialiste du Vietnam. La Constitution de 2013 a posé les bases de la construction et du perfectionnement des mécanismes de contrôle du pouvoir au sein du Parti et de l’État. Le paragraphe 2 de l’article 4 de la Constitution de 2013 stipule clairement : le Parti communiste du Vietnam entretient des liens étroits avec le peuple, sert le peuple, est soumis à la supervision du peuple et est responsable devant lui de ses décisions. L’article 2 de la Constitution de 2013 prévoit également la nécessité d’un contrôle mutuel entre les organes de l’État dans l’exercice des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
Ces dernières années, le Parti et l’État ont accordé une attention particulière à l’élaboration de réglementations relatives au contrôle du pouvoir dans différents domaines, notamment dans l’élaboration des lois et dans le domaine judiciaire. À cet égard, le contrôle du pouvoir a connu des évolutions importantes et positives.
En particulier, la lutte contre la corruption, le gaspillage et les comportements négatifs a été intensifiée, de nombreux responsables ayant été sévèrement sanctionnés pour leurs violations, ce qui a eu un effet dissuasif et un impact significatif. Toutefois, bien que les mécanismes de contrôle du pouvoir se perfectionnent progressivement et que la transparence et la publicité s’améliorent, dans certaines localités et certains secteurs, en particulier au niveau local, ces mécanismes demeurent parfois formels, manquent de cohérence et leur efficacité reste limitée, entraînant des situations de dégradation morale, de « groupes d’intérêts » et de violations de la loi.
Dans certaines localités, on observe encore des tentatives d’évitement des mécanismes de contrôle du pouvoir, notamment de la supervision directe exercée par le peuple. Certains députés de l’Assemblée nationale et membres des conseils populaires n’ont pas pleinement exercé les fonctions et pouvoirs de surveillance qui leur ont été confiés par les citoyens. Par conséquent, la corruption, le gaspillage, les comportements négatifs, la dégradation de la pensée politique, de l’éthique et du mode de vie, ainsi que la formation de groupes d’intérêts, continuent de se manifester.
Dans l’État de droit socialiste du Vietnam, le pouvoir de l’État trouve son origine dans le peuple, appartient au peuple et lui est confié à travers le mécanisme démocratique des élections consacré par la Constitution. Ainsi, les élections des députés de la XVIe législature de l’Assemblée nationale et des membres des conseils populaires à tous les niveaux pour le mandat 2026–2031 constituent un moment où le peuple exerce son pouvoir en choisissant, par son vote, les représentants les plus dignes de le représenter.
Élire des députés à l’Assemblée nationale signifie confier à ces représentants la mission de participer à l’élaboration des lois, de décider des grandes questions du pays et d’exercer la supervision suprême. Élire des membres des conseils populaires revient à leur confier le pouvoir de décider des questions directement liées au développement socio-économique local, au budget, à la planification et à la protection sociale. Les électeurs confient aux représentants le mandat de participer à l’élaboration des lois, à la prise de décisions politiques et à la supervision du fonctionnement de l’appareil d’État. Toutefois, cette délégation n’est pas inconditionnelle : le pouvoir confié est toujours lié à l’obligation de rendre compte et à la supervision du peuple.
Le droit de vote est un droit constitutionnel des citoyens, mais il constitue également une responsabilité. Avant l’élection, les électeurs ont le devoir de s’informer, d’examiner et d’évaluer les candidats sur la base des critères établis, de leurs programmes d’action, de leurs qualités et de leurs compétences. Pendant l’élection, les électeurs exercent leur droit de manière consciente et conforme à la loi, sans se laisser influencer par des impressions subjectives ou des informations erronées.
Après l’élection, les électeurs continuent de superviser, de formuler des avis et de suivre la mise en œuvre des engagements pris par les représentants élus ; ils participent également à la critique sociale et contribuent à l’élaboration des politiques publiques. Ce n’est que lorsque ces trois niveaux de responsabilité sont pleinement assumés que le mécanisme de délégation fonctionne réellement et que le pouvoir n’est pas confié à des personnes dépourvues de compétences ou de moralité. Une délégation sans supervision affaiblit l’efficacité du contrôle du pouvoir et crée des conditions favorables à l’apparition et au développement de la corruption et des comportements négatifs.
Lorsque chaque électeur prend conscience qu’il ne se contente pas de voter, mais qu’il participe à la construction du pouvoir de l’État, le bulletin de vote ne représente plus seulement la confiance, mais porte également le poids de la responsabilité. Lorsque le pouvoir confié s’accompagne de mécanismes de supervision et de responsabilité, la démocratie devient plus substantielle et les phénomènes de bureaucratie, de corruption, de gaspillage et de comportements négatifs peuvent être limités.
Chaque représentant élu devient ainsi les « yeux et les oreilles » du peuple pour surveiller l’exercice du pouvoir de l’État. Cette supervision ne constitue pas seulement un contrôle a posteriori, mais un mécanisme permanent de prévention du pouvoir. Les représentants, au nom du peuple, suivent la mise en œuvre des lois, la gestion du budget, les investissements publics, l’administration des biens publics.
Si cette activité est menée de manière concrète, régulière et professionnelle, de nombreux risques d’irrégularités peuvent être détectés tôt et traités à temps avant de devenir des affaires graves. À l’inverse, si la supervision reste formelle, superficielle et sans suivi approfondi, le pouvoir risque facilement d’être abusé ou détourné.