Concevoir activement des politiques
La ville fait face à plusieurs « points d’étranglement » dans le domaine de l’innovation : la distance entre le laboratoire et le marché reste importante, certaines technologies existent, mais manquent de lieux pour être expérimentées, certains produits existent, mais peinent à trouver leurs premiers clients, tandis que les projets rencontrent des difficultés pour lever des capitaux ou réaliser des transferts de technologie. Il est donc nécessaire que les experts, les organismes publics et les autorités contribuent à créer un environnement permettant aux entreprises d’oser investir, expérimenter et mettre sur le marché les résultats de leurs activités de recherche et développement.
Ayant identifié ces points d’étranglement, Hô Chi Minh-Ville a mis en place ces dernières années de nombreux mécanismes et politiques visant à stimuler l’innovation et à concrétiser ses résultats sous forme de produits commerciaux.
Grâce à ces efforts, l’écosystème des startups de Hô Chi Minh-Ville a enregistré d’importants progrès et s’est doté de bases solides. En 2026, l’écosystème des startups innovantes de la ville est pour la première fois entré dans le Top 100 mondial établi par StartupBlink.
En particulier, la Loi sur le développement urbain no 18/2026/QH16, adoptée par l’Assemblée nationale le 24 août et qui entrera en vigueur le 1er octobre 2026, a ouvert un nouvel espace institutionnel permettant à la ville de concevoir de manière proactive des politiques en matière de recherche et développement. La Loi de 2025 sur les sciences, les technologies et l’innovation, entrée en vigueur, ainsi que la Décision no 36/2026 du 9 juin 2026 du Comité populaire municipal relative à la gestion des missions scientifiques, technologiques et d’innovation, ont créé un cadre juridique cohérent, permettant à la ville de standardiser les procédures, d’améliorer l’efficacité de la gestion et de créer un environnement transparent pour les activités de recherche et d’application.
Par ailleurs, la ville a pris l’initiative de mettre en œuvre le projet pilote de politiques visant à stimuler la commercialisation et à accélérer la mise en production et l’exploitation commerciale des résultats de recherche et des actifs de propriété intellectuelle issus du budget de l’État. Cette politique vise à lever les obstacles au modèle de coopération entre les « trois acteurs » : l’État, les établissements d’enseignement et les instituts/entreprises.
Les responsables du Département municipal des sciences et technologies indiquent que la Loi sur le développement urbain permet à la ville de concevoir de manière proactive des politiques visant à soutenir la recherche et le développement technologique, la commercialisation des résultats de recherche, à financer les coûts d’incubation des projets de startups innovantes et à compléter le capital social du fonds municipal de capital-risque.
Il s’agit d’une base importante permettant à la ville de transformer les orientations de soutien à l’innovation en instruments financiers et politiques concrets, capables d’attirer davantage de ressources sociales vers la recherche et le développement, l’innovation et la commercialisation des technologies.
Le fonds municipal de capital-risque dispose d’un capital social initial de 500 milliards de dôngs, les capitaux publics jouant le rôle de financement d’amorçage, tandis que des capitaux privés participent au partage des risques de manière contrôlée. Les instruments liés à la commande de travaux de recherche, aux infrastructures partagées, au soutien à la propriété intellectuelle et au capital-risque doivent être connectés au sein d’une chaîne intégrée, afin d’accompagner les entreprises de la recherche et de l’expérimentation jusqu’à la commercialisation et à l’accès au marché.
Les experts et les responsables de la gestion publique soulignent que les mécanismes institutionnels, réglementations et politiques susmentionnés constituent des opportunités concrètes pour le développement des écosystèmes internationaux, le Vietnam en général et Hô Chi Minh-Ville en particulier disposant d’une population importante, d’un vivier d’ingénieurs et de chaînes d’approvisionnement industrielles.
Réduire les écarts
Les autorités locales doivent créer un environnement permettant aux technologies d’être expérimentées et de démontrer leur valeur. La ville expérimente actuellement des véhicules autonomes et des appareils aériens sans pilote dans le domaine de la logistique. Le projet de développement de la ville intelligente pour la période 2026-2030, avec une vision à l’horizon 2045, ouvre également de nouveaux besoins en matière d’application des données, de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets, des jumeaux numériques et des plateformes de gestion urbaine.
Parallèlement, le projet de « Ville scientifique et technologique du nord de Hô Chi Minh-Ville » constitue un espace intégré consacré à la recherche, à la formation, à la production et à l’expérimentation de nouvelles technologies. Il s’agit de solutions concrètes visant à réduire les écarts entre les instituts de recherche, les établissements d’enseignement, les entreprises, les investisseurs et le marché.
Le réseau de Centres d’innovation de Hô Chi Minh-Ville, de dimension internationale, est appelé à se structurer en une chaîne allant de la recherche à l’expérimentation, à l’incubation, à l’investissement et à la commercialisation. La Loi sur le développement urbain prévoit également un mécanisme visant à réduire certains obstacles liés aux capacités et à l’expérience des startups innovantes lorsqu’elles participent aux appels d’offres pour des marchés de la ville. Si ce mécanisme est bien concrétisé, le secteur public pourrait devenir le premier client des projets d’innovation, créant ainsi une base concrète permettant aux produits des entreprises de poursuivre leur développement sur le marché.
Organisé récemment, le 3e Dialogue d’amitié de Hô Chi Minh-Ville 2026 avait pour thème « Les relations extérieures locales : moteur de l’innovation et d’une croissance durable ». À cette occasion, les dirigeants de la ville ont bénéficié du partage d’expériences concrètes et de modèles de coopération susceptibles d’être mis en œuvre par de grandes villes du monde. Les dirigeants de Hô Chi Minh-Ville ont affirmé être prêts à mettre en relation des partenaires avec l’écosystème de la ville afin de commercialiser les technologies.
Un expert a suggéré que les autorités et les organismes compétents doivent mettre en place des infrastructures favorables à l’innovation, notamment en investissant dans des infrastructures intermédiaires telles que les parcs scientifiques, les incubateurs et les laboratoires partagés, en assurant la coordination entre les différentes parties et en réduisant les risques pour les entreprises au stade de l’expérimentation.
Mme Keiko Murakami, représentante du Bureau de l’économie, du commerce et de l’industrie de la région du Kansai, au Japon, a indiqué que, pour développer l’innovation, le Kansai avait lancé l’initiative de création de la « Vallée des technologies de pointe du Kansai ». Chaque année, le Kansai mène plus de 1 000 échanges de travail avec des entreprises afin de concevoir des politiques répondant aux besoins réels. Il s’agit d’une expérience dont Hô Chi Minh-Ville pourrait s’inspirer.
Le modèle de développement de l’innovation de Leipzig (République fédérale d’Allemagne) constitue également un exemple intéressant de transformation dont Hô Chi Minh-Ville pourrait tirer des enseignements. D’un centre industriel traditionnel, Leipzig est devenue un centre de l’énergie et des technologies numériques, doté de nombreuses institutions dédiées à l’innovation. Les autorités municipales de Leipzig ont joué un rôle important dans la mise en relation des universités et des entreprises, en intervenant à la fois comme investisseur dans les infrastructures et comme coordinateur.
Hô Chi Minh-Ville dispose actuellement d’un cadre institutionnel ouvert au développement de l’innovation. La ville a également lancé et poursuit des initiatives visant à établir des coopérations concrètes avec de grandes villes du monde, l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville et le Centre d’innovation étant prêts à servir de points de connexion pour ces initiatives.