Musique communautaire : quand l’art devient une partie intégrante de la vie de la capitale

Depuis l’espace piétonnier autour du lac Hoan Kiem, l’art s’intègre progressivement à la vie urbaine d’une manière plus naturelle et plus proche des habitants.

Sans grand théâtre ni scène spectaculaire, le programme « Musique communautaire » organisé à Nha Bat giac (Pavillon octogonal) continue d’attirer un large public grâce à des mélodies empreintes d’émotion célébrant la patrie, la famille et Hanoï (capitale vietnamienne). Depuis l’espace piétonnier autour du lac Hoan Kiem, l’art s’intègre progressivement à la vie urbaine d’une manière plus naturelle et plus proche des habitants.

Les soirs de week-end au bord du lac Hoan Kiem, au milieu de la foule et de l’animation du centre de la capitale, les mélodies de chansons telles que « Trong com », « Mot thoang Tay Ho », « Cong me ve troi » ou encore « Hello Vietnam » résonnent depuis le Pavillon octogonal, créant une parenthèse de calme singulière. Sans effets spectaculaires ni mise en scène grandiose, le programme séduit les passants par la proximité et l’émotion que transmet la musique.

C’est précisément ce qui donne tout son sens au modèle d’art communautaire développé ces dernières années à Hanoï : faire sortir la culture des espaces fermés des théâtres pour l’intégrer naturellement dans la vie quotidienne de la ville. Cette semaine, le programme était assuré par le Collège des arts de Hanoï, avec la participation de jeunes artistes, d’étudiants et d’élèves de l’établissement. Les concerts instrumentaux, les chansons consacrées à la famille ou à la patrie ainsi que les prestations d’instruments traditionnels ne recherchent pas le divertissement immédiat, mais privilégient l’émotion, la profondeur et le lien avec le public. Au cœur de la rue piétonne, la musique devient ainsi un pont délicat entre l’art et des spectateurs de tous âges.

De nombreux habitants et touristes s’arrêtent pour assister au programme « Musique communautaire » organisé au Pavillon octogonal, au bord du lac Hoan Kiem.

De nombreux habitants et touristes s’arrêtent pour assister au programme « Musique communautaire » organisé au Pavillon octogonal, au bord du lac Hoan Kiem.

Les mélodies consacrées à la patrie, à la famille et à Hanoï apportent une atmosphère artistique douce au milieu de l’animation de la rue piétonne.

Les mélodies consacrées à la patrie, à la famille et à Hanoï apportent une atmosphère artistique douce au milieu de l’animation de la rue piétonne.

Des visiteurs étrangers écoutent attentivement les airs traditionnels qui résonnent dans le vieux quartier pendant le week-end.

Des visiteurs étrangers écoutent attentivement les airs traditionnels qui résonnent dans le vieux quartier pendant le week-end.

De nombreuses familles viennent avec leurs enfants pour découvrir ces spectacles musicaux.

De nombreuses familles viennent avec leurs enfants pour découvrir ces spectacles musicaux.

Certains ne s’arrêtent que quelques minutes avant de poursuivre leur promenade, tandis que d’autres suivent attentivement le programme du début à la fin. Pour de nombreux enfants, c’est parfois la première occasion d’entendre en direct le son du Dan nhi (Vielle à deux cordes), de la flûte ou du dan tranh (cithare vietnamienne). Cette rencontre fortuite avec l’art revêt une valeur particulière : la culture cesse alors d’apparaître comme un univers lointain réservé à une minorité fréquentant les salles de spectacle.

Dans la vie urbaine contemporaine, marquée par un rythme toujours plus rapide et par les formes de divertissement instantané des réseaux sociaux, des programmes comme « Musique communautaire » créent un espace culturel plus apaisé. Ils offrent aux habitants l’occasion d’écouter, de ressentir et de renouer directement avec les valeurs traditionnelles.

L’un des aspects les plus remarquables du programme est qu’il attire non seulement les personnes âgées, mais aussi de nombreux jeunes et des familles avec enfants. Cela montre que la musique traditionnelle et les chansons empreintes de narration n’ont rien perdu de leur vitalité lorsqu’elles sont présentées dans un cadre adapté et accessible. Une habitante de Hanoï présente lors du programme confie : « Ce que j’apprécie le plus dans les spectacles du Pavillon octogonal, c’est leur diversité et leur ouverture. Certains soirs sont très animés pour les jeunes, d’autres plus doux comme ce soir. Les enfants découvrent naturellement différentes formes d’art. Beaucoup de jeunes s’arrêtent aussi pour écouter. C’est un signe encourageant. »

Les prestations d’instruments traditionnels attirent particulièrement l’attention du public lorsqu’elles résonnent au cœur de la capitale.

Les prestations d’instruments traditionnels attirent particulièrement l’attention du public lorsqu’elles résonnent au cœur de la capitale.

Ces soirées musicales contribuent progressivement à rapprocher l’art de la vie quotidienne des habitants de Hanoï.

Ces soirées musicales contribuent progressivement à rapprocher l’art de la vie quotidienne des habitants de Hanoï.

Les jeunes artistes et étudiants du Collège des arts de Hanoï se produisent dans un espace ouvert et convivial, au plus près du public.

Les jeunes artistes et étudiants du Collège des arts de Hanoï se produisent dans un espace ouvert et convivial, au plus près du public.

À travers l’exemple de cette petite scène au bord du lac Hoan Kiem, on constate que Hanoï fait progressivement évoluer sa manière de concevoir le développement culturel. La culture ne se limite plus aux grands événements ou aux activités ponctuelles : elle retrouve sa place dans la vie quotidienne des habitants. Les rues piétonnes, places publiques, parcs et autres espaces ouverts deviennent désormais des lieux où l’art est présent de manière régulière.

Cette évolution ne concerne pas seulement les lieux de représentation, mais également la manière d’approcher le public. Les habitants ne sont plus de simples spectateurs passifs : ils deviennent une partie intégrante de l’espace culturel, où chacun peut s’arrêter pour écouter un morceau instrumental, assister à une performance de musique traditionnelle ou simplement ressentir l’atmosphère artistique au cœur de la ville.

La plus grande valeur de « Musique communautaire » ne réside donc pas uniquement dans les spectacles eux-mêmes, mais dans sa capacité à nourrir l’habitude d’accéder à la culture dans la vie urbaine. À travers ces expériences apparemment modestes, l’art s’inscrit peu à peu dans la mémoire, les émotions et le quotidien des habitants de la capitale.

Sans grande scène ni effets spectaculaires, le programme parvient pourtant à créer un véritable lien avec le public grâce à une émotion simple et authentique.

Sans grande scène ni effets spectaculaires, le programme parvient pourtant à créer un véritable lien avec le public grâce à une émotion simple et authentique.

Il contribue également à développer chez les habitants de la capitale l’habitude d’apprécier l’art dans les espaces publics.

Il contribue également à développer chez les habitants de la capitale l’habitude d’apprécier l’art dans les espaces publics.

Au milieu du rythme effréné de la vie moderne, une petite scène près de la Tour de la Tortue continue ainsi d’illuminer chaque week-end. Et c’est précisément dans ces espaces simples et accessibles que la culture se construit de la manière la plus durable : en touchant les individus par des émotions sincères, discrètes mais profondes.

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