Le 27 juin 2026, le gouvernement a adopté la Résolution no 168/NQ-CP relative aux objectifs de croissance des provinces et des villes pour l'année 2026 ainsi que pour la période 2026-2030. Ce texte fixe des objectifs de GRDP propres à chaque territoire afin de concrétiser l'ambition d'une croissance économique à deux chiffres.
Hai Phong et Quang Ninh enregistrent les objectifs de croissance les plus élevés du pays, avec un GRDP fixé à 13 %. Bac Ninh suit avec un objectif de 12,5 %. Phu Tho, Ninh Binh, Thanh Hoa, Hung Yen, Da Nang, Nghe An, Thai Nguyen et Dien Bien se voient quant à eux attribuer des objectifs compris entre 11 % et 12 %.
Les deux principaux moteurs économiques du pays bénéficient également d'objectifs ambitieux : 11 % pour Hanoï et 10,2 % pour Ho Chi Minh-Ville.
À l'autre extrémité du classement, quatre provinces affichent des objectifs de croissance inférieurs à 10 % : Son La (8 %), Dong Thap (8,21 %), Quang Ngai (9 %) et Gia Lai (9,01 %).
Dans une interview accordée au journal Mekong ASEAN, le Dr Le Duy Binh, directeur d'Economica Vietnam, souligne que l'année 2026 ouvre un nouveau cycle de croissance destiné à poser les bases d'un développement à la fois rapide et durable. Elle marque également le lancement d'une trajectoire visant à sortir durablement le Vietnam du piège du revenu intermédiaire, à restructurer son économie et à accélérer sa transition vers un modèle de croissance davantage fondé sur la science, la technologie, l'innovation et la productivité globale des facteurs, le capital humain devant en constituer le principal moteur.
Selon lui, le processus de fusion et de réorganisation administrative des provinces et des villes ouvre de nouvelles perspectives de développement en renforçant les synergies entre les territoires. La période actuelle offre ainsi une occasion favorable de tirer pleinement parti de ces nouveaux espaces de croissance.
L'attribution d'objectifs précis constitue un levier essentiel pour responsabiliser davantage les administrations locales, améliorer leur gouvernance et renforcer leur obligation de rendre compte. Cette démarche est également susceptible de stimuler la concurrence entre les territoires afin d'améliorer le climat des affaires et d'opérer une transformation profonde de l'action publique, qui passerait d'une logique essentiellement administrative à une logique de service au bénéfice des citoyens et des entreprises.
Pour accompagner cette nouvelle approche de la gouvernance, l'expert estime qu'une refonte des critères d'évaluation de la croissance est devenue indispensable. Selon lui, le principal indicateur de performance des autorités locales devrait être le niveau de satisfaction des citoyens et des entreprises. Le GRDP ne constitue qu'un indicateur parmi d'autres ; l'objectif ultime demeure une croissance de qualité et un développement durable.
Le Dr Le Duy Binh préconise enfin la mise en place d'un nouveau système d'évaluation des performances des provinces et des villes, permettant de dépasser une approche exclusivement centrée sur la croissance quantitative. Outre le rythme de croissance, ce dispositif devrait s'articuler autour de deux piliers fondamentaux : la capacité économique, incluant notamment le climat des affaires, le développement du secteur privé, les infrastructures et les ressources humaines, et la qualité de vie, qui recouvre la santé, l'éducation, la culture ainsi que la protection de l'environnement.