Le projet de loi sur la capitale (amendée), mettant l'accent sur la création de zones urbaines polyvalentes, devrait lever ces obstacles et ouvrir la voie à une véritable reconstruction urbaine.
Depuis de nombreuses années, Hanoï s'efforce de rénover ses anciens complexes d'appartements, mais les résultats restent marginaux. Moins de 1 % des immeubles dégradés ont été reconstruits. Le nouveau programme de développement du logement à l'horizon 2035 maintient cet objectif, mais sans mécanismes de rupture pour pallier les lacunes réglementaires actuelles, Hanoï aura de grandes difficultés à atteindre ses ambitions.
Le projet de loi sur la capitale (amendée) stipule que l'investissement, la rénovation et la reconstruction urbaine doivent reposer sur des principes rigoureux : construction de zones urbaines intelligentes et multifonctionnelles, développement de logements sociaux modernes et synchronisés avec les infrastructures techniques et sociales. Ces projets doivent respecter les normes d'architecture, de sécurité incendie et assurer une harmonie d'intérêts entre l'État, les citoyens et les entreprises. La priorité est donnée à la réinstallation sur place afin de garantir les moyens de subsistance des résidents.
Hanoï s'oriente vers des zones urbaines polyvalentes intégrant divers types de logements : relogement, logements de fonction, logements sociaux, locatifs et commerciaux. Ces complexes doivent bénéficier d'une connectivité fluide et d'infrastructures intelligentes. Au-delà de l'habitat, ces zones visent à créer des emplois stables et à réduire les coûts pour accroître l'accessibilité au logement.
La stratégie repose sur une application massive des technologies modernes dans la planification et la gestion opérationnelle. Le modèle de ville intelligente est privilégié, tout comme l'utilisation de matériaux durables pour s'adapter au changement climatique. En développant des zones de services, de commerce et de formation professionnelle, ces quartiers deviennent de véritables écosystèmes permettant aux ménages relogés de stabiliser leur vie et d'augmenter leurs revenus.
L'architecte Phan Dang Son, président de l'Association des architectes du Vietnam, estime que cette loi amendée sera la « clé d'or » pour libérer Hanoï des pressions accumulées sur l'environnement et les transports. Le projet de loi envisage notamment un modèle urbain multicentrique et multiniveau par la création d'unités administratives et économiques spéciales.
Selon le Département de l'urbanisme et de l'architecture de Hanoï, l'assouplissement des réglementations sur la hauteur des bâtiments et la densité de population dans le centre historique créera un changement positif. Ces mécanismes spécifiques modifieront l'équation économique, attirant ainsi davantage d'investisseurs. Par ailleurs, la décentralisation de l'approbation des plans détaillés au niveau des communes et des quartiers permettra de réduire considérablement les délais administratifs, accélérant ainsi la rénovation urbaine et améliorant la qualité de vie des citoyens.