Détenant près de 70 % des parts du marché national des carburants, le groupe Petrolimex et la société PVOIL du groupe Petrovietnam ont pris les devants en déployant des solutions visant à remplacer l’essence minérale par l’essence biologique E10RON95 à l’échelle nationale avant le calendrier fixé par le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Cette initiative des deux géants du secteur contribue à réduire la pression sur les importations d’essence minérale et à renforcer la sécurité énergétique nationale.
Selon la feuille de route établie par le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’essence minérale devra être remplacée à l’échelle nationale par l’essence biologique E10RON95 à partir du 1er juin 2026.
Toutefois, face aux fluctuations du marché énergétique mondial et en application de la Directive n°09/CT-TTg du 19 mars 2026 sur le renforcement des économies d’énergie, l’accélération de la transition énergétique et le développement des transports électriques, Petrolimex et PVOIL ont décidé d’anticiper cette mise en œuvre.
Un représentant de Petrolimex a indiqué que le groupe mettait en œuvre de manière résolue des solutions coordonnées afin d’élargir dès le mois d’avril prochain la commercialisation de l’essence biologique E10RON95, avec l’objectif de remplacer intégralement l’essence minérale avant l’échéance prévue.
Selon Petrolimex, si l’ensemble de ses ventes d’essence minérale était converti à l’E10RON95, le groupe réduirait d’environ 10 % sa consommation d’essence minérale, soit une baisse de 35.000 à 40.000 m³ par mois, ce qui permettrait d’alléger la pression sur les importations.
De son côté, le président de PVOIL, Cao Hoai Duong, a indiqué que l’entreprise avait achevé la modernisation de ses systèmes de mélange et de stockage dans 13 dépôts principaux à travers le pays.
Avec un réseau de près de 900 stations-service, ainsi que plus de dix ans d’expérience dans le mélange des biocarburants, PVOIL se dit prête non seulement à approvisionner l’ensemble de son réseau en E10RON95, mais aussi à assurer le mélange pour d’autres distributeurs, contribuant ainsi à garantir un approvisionnement stable du marché.
À ce jour, Petrovietnam et ses filiales, notamment PVOIL et la Société par actions de raffinage et de pétrochimie de Binh Son (BSR), mettent activement en œuvre les solutions nécessaires pour être prêtes à assurer le mélange, la commercialisation et l’utilisation de l’E10RON95 à l’échelle nationale avant l’échéance.
Petrovietnam a demandé à BSR et à la branche de distribution des produits raffinés de Nghi Son (PVNDB) d’accélérer la préparation des volumes d’essence de base RON95, tout en coordonnant la relance de l’usine de biocarburants pétroliers du Centre, située à Dung Quat (Quang Ngai), afin d’augmenter l’offre nationale d’éthanol destinée au mélange.
Le directeur général de BSR, Nguyen Viet Thang, a indiqué que, pour préparer la commercialisation nationale de l’E10RON95, l’entreprise était prête à produire 60.000 tonnes d’éthanol destinées au mélange.
Afin d’accélérer le remplacement de l’essence minérale à l’échelle nationale, Bui Ngoc Bao, président de l’Association vietnamienne du pétrole (VINPA), a proposé au gouvernement de promulguer rapidement un nouveau décret sur le commerce des carburants, en remplacement des textes antérieurs devenus inadaptés, afin de permettre aux entreprises d’anticiper leurs approvisionnements, d’en évaluer l’efficacité et de garantir l’offre du marché en toutes circonstances.
Par ailleurs, afin de garantir un approvisionnement stable pour le mélange de l’E10RON95, tout en contribuant à réduire les coûts et le prix de vente de ce carburant, la VINPA a également proposé au ministère de l’Industrie et du Commerce d’étudier des politiques facilitant l’accès des fournisseurs étrangers au marché vietnamien.
Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, les besoins en éthanol pour le mélange de l’essence biologique E10RON95 devraient atteindre environ 1,1 million de m³ par an. La capacité de production nationale ne couvrant actuellement qu’au maximum 40 % de cette demande, plus de 60 % des besoins en éthanol devront être importés.