Bien que l’investissement direct étranger (IDE) contribue largement à la croissance économique et aux exportations du Vietnam, les liens entre les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises nationales demeurent encore limités.
Le renforcement de cette synergie apparaît désormais comme une priorité pour la période 2026-2030 afin d’améliorer la compétitivité du pays et son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Selon les données du Département de l'investissement étranger relevant du ministère des Finances, au terme du mois d'avril 2026, le pays comptait 46 534 projets d'IDE actifs, totalisant un capital enregistré de plus de 543,1 milliards de dollars.
Le capital réalisé cumulé s'est élevé à 357,641 milliards de dollars, représentant environ 65,8 % du total des fonds enregistrés encore valides.
Selon le ministère des Finances, les investisseurs étrangers sont aujourd’hui présents dans 19 des 22 secteurs économiques du pays.
L’industrie manufacturière et de transformation domine largement avec près de 334,8 milliards de dollars, soit 61,6 % du total des investissements, devant l’immobilier avec 80,6 milliards de dollars et le secteur de la production électrique avec 44,9 milliards.
Hoang Van Cuong, vice-président de l’Association des sciences économiques du Vietnam, souligne qu'après près de 40 ans de Renouveau, le secteur de l’IDE est devenu une composante majeure de l’économie nationale, générant environ 20 % du PIB et plus de 70 % du chiffre d'affaires à l'exportation.
Il souligne que de nombreux groupes technologiques internationaux ont choisi le Vietnam comme base de production stratégique, contribuant fortement à l’industrialisation et à l’intégration économique internationale du pays.
Toutefois, Hoang Van Cuong estime que les liens entre le secteur de l’IDE et les entreprises vietnamiennes restent insuffisants, ce qui se traduit par un faible taux de localisation et une participation encore limitée des entreprises nationales aux chaînes de valeur mondiales.
Nguyen Duc Hien, chef adjoint de la Commission centrale des politiques et des stratégies, partage ce constat, précisant que cette faible connectivité affecte la capacité d'absorption technologique du pays.
Par conséquent, l'intensification des liens entre l'IDE et les entreprises domestiques doit être une solution centrale de la nouvelle phase de développement.
Selon Ho Sy Hung, président de la Chambre du Commerce et de l'Industrie du Vietnam (VCCI), dans un contexte de mutations géopolitiques, les multinationales privilégient désormais les écosystèmes résilients, transparents et durables.
Pour attirer des investissements de meilleure qualité, le Vietnam devra donc privilégier les secteurs de haute technologie, l’économie verte et l’économie circulaire, tout en limitant les projets fortement polluants ou à faible valeur ajoutée.
Ho Sy Hung affirme que le pays ne peut plus s'appuyer uniquement sur les faibles coûts, mais doit renforcer ses capacités endogènes par le développement de la sous-traitance industrielle.
Les entreprises locales doivent passer d'une simple « participation » à une « amélioration de leur position » en maîtrisant les technologies et en s'investissant dans la recherche, le développement et l'innovation.
Nguyen Duc Hien estime pour sa part qu’une intégration plus organique entre l’IDE et les entreprises nationales nécessitera des réformes institutionnelles approfondies, un environnement d’investissement plus transparent ainsi qu’une main-d’œuvre hautement qualifiée.
Pour la période 2026-2030, le Vietnam se concentrera sur des infrastructures d'envergure, notamment l'autoroute Nord-Sud, le chemin de fer à grande vitesse, l'aéroport international de Long Thanh et le développement des énergies renouvelables.
Ces infrastructures logistiques, énergétiques et numériques, associées au déploiement de la 5G, devraient constituer des bases essentielles pour renforcer durablement les liens entre le secteur de l’IDE et les entreprises vietnamiennes au sein des nouvelles chaînes d’approvisionnement mondiales.