En dépit d'une conjoncture mondiale marquée par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, une volatilité des prix de l'énergie, une hausse des coûts logistiques et des ajustements continus de la politique tarifaire américaine, le Vietnam confirme son statut de destination prioritaire pour les capitaux internationaux.
Au cours des six premiers mois de l’année 2026, le pays a attiré 34,6 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE), soit une progression spectaculaire de 61% par rapport à la même période l’année précédente. Le capital décaissé s'est élevé à 13,03 milliards de dollars, affichant une croissance de 11,2%. Cette dynamique est portée par une explosion de 87,2 % des capitaux nouvellement enregistrés, témoignant d'une confiance continue des investisseurs envers le Vietnam.
L’analyse sectorielle révèle que l’industrie de transformation et de fabrication demeure le principal moteur de cette attractivité, captant plus de 18,4 milliards de dollars, soit 53,3 % du total des capitaux enregistrés. Le secteur immobilier se classe au deuxième rang avec 5,5 milliards de dollars, bien que sa part relative diminue face à la concurrence des promoteurs locaux, tandis que les secteurs de la production et de la distribution d'électricité, de gaz, d'eau et de climatisation et des hautes technologies enregistrent des hausses significatives.
Sur le plan géographique, les investisseurs asiatiques conservaient leur hégémonie : Singapour est arrivé en tête avec 7,31 milliards de dollars, suivi de près par la République de Corée avec 5,45 milliards de dollars, puis par le Japon, la Chine et Hong Kong.
Toutefois, l'écart entre le capital enregistré et le capital réellement décaissé montre une confiance que les investisseurs continuent de placer dans les perspectives du Vietnam. Toutefois, la concrétisation de cette confiance dépendra de la capacité d'absorption de l'économie, et notamment de sa capacité de développement des infrastructures, pour accueillir des projets d'envergure.
Le docteur Nguyen Quoc Viet, responsable de recherche à l'Université nationale de Hanoï, souligne la nécessité pour le Vietnam de mettre en place des politiques de soutien appropriées pour encourager les IDE à des projets de haute technologie, générer des retombées technologiques réelles pour les entreprises locales.
La docteure Dang Thao Quyen, de l’Université RMIT Vietnam, a déclaré que les avantages concurrentiels du Vietnam évoluent. Plutôt que de s'appuyer principalement sur de faibles coûts de main-d'œuvre et des incitations fiscales, la compétitivité future du pays dépendra de plus en plus de facteurs structurels et à long terme, notamment des institutions transparentes, la prévisibilité des politiques et un environnement d'investissement capable de soutenir les investisseurs stratégiques à long terme.
Si les réformes institutionnelles sont mises en œuvre efficacement et conduisent à des améliorations tangibles en matière de transparence et de cohérence des politiques, le Vietnam pourrait entrer dans une nouvelle phase d'attraction des IDE, non plus grâce à des avantages de coûts, mais grâce à la qualité globale de son environnement d'investissement, a-t-elle affirmé.
Cette orientation est conforme à la résolution n° 10-NQ/TW du Bureau politique consacré au développement du secteur économique à capitaux étranger, qui privilégie des IDE de haute qualité, efficaces et durables, des liens plus étroits entre les entreprises étrangères et nationales, le transfert de technologies, le développement des ressources humaines et des taux de localisation plus élevés.
L'Agence des investissements étrangers relevant du ministère des Finances a souligné la nécessité de renforcer les institutions, d'améliorer le climat des investissements, d'accélérer la mise en œuvre des projets autorisés et de privilégier les investissements dans les hautes technologies, l'innovation, la recherche et le développement, les économies numériques et vertes, de renforcer le transfert de technologies et de développer une main-d'œuvre hautement qualifiée.