Dans cette vision d’ensemble, le renouvellement de la pensée d’aménagement urbain occupe une place centrale pour jeter les bases d’un nouvel élan de développement du pays.
La mise en œuvre de la résolution no 19 exige de l’ensemble du système politique, et notamment des cadres chargés de l’aménagement, de la construction et de la gestion du développement urbain, qu’ils jouent un rôle moteur et agissent avec détermination.
Il leur faut faire évoluer en profondeur leur manière de penser, en passant d’une logique de « gestion et de contrôle administratifs » à une logique de « construction et de pilotage du développement », afin que les villes ne soient pas seulement des moteurs essentiels de la croissance économique, mais aussi des espaces de vie sûrs, humains, durables et inclusifs pour les familles vietnamiennes.
Une nouvelle stratégie et de nouveaux moteurs de développement
Pour concrétiser les nouvelles orientations stratégiques et les nouveaux moteurs du développement urbain dans l’esprit de la résolution no 19, il faut avant tout faire de l’urbanisation et du développement urbain un moteur essentiel de la croissance.
Il convient également de restructurer l’espace de développement en lien étroit avec les grands corridors économiques, afin de faire émerger des pôles de croissance, des centres d’innovation et des villes vertes et intelligentes capables de soutenir la concurrence internationale.
Dans le même temps, le renforcement des coopérations interrégionales et intersectorielles doit être mis en œuvre de manière efficace pour mieux relier les villes entre elles et constituer un réseau urbain complémentaire au service du développement socio-économique.
Les grandes villes, en tant que pôles de croissance régionaux et nationaux, doivent jouer un rôle moteur en devenant des villes vertes, intelligentes, modernes et multisectorielles, à l’avant-garde d’une utilisation plus efficace des sols et d’un développement durable.
D’autre part, pour assurer une interconnexion cohérente de l’ensemble du réseau urbain national, la construction d’infrastructures stratégiques modernes, intelligentes, vertes et multimodales, conçues en priorité pour s’adapter au changement climatique, revêt une importance déterminante. Ces investissements doivent être ciblés et sélectifs, en privilégiant les infrastructures essentielles à fort effet d’entraînement, tout en garantissant leur viabilité économique, sociale et environnementale.
La résolution no 19 prévoit une forte décentralisation en faveur des grandes villes en matière de protection de l’environnement, notamment à travers des instruments financiers. Elle leur permet de prendre l’initiative de mettre en place des redevances environnementales, d’émettre des obligations vertes et de créer des zones à faibles émissions afin de s’attaquer aux problèmes de pollution accumulés depuis de nombreuses années.
La résolution no 19 a pour vocation d’ouvrir la voie et de transformer en profondeur la conception et les modes d’aménagement de l’espace national. Elle ne constitue pas seulement une feuille de route : elle fournit également une base politique solide pour lever les principaux obstacles et favoriser la construction et le développement de villes vertes, intelligentes et durables.
L’un des principes directeurs de la résolution no 19 est d’organiser le développement urbain dans un espace intégré, à plusieurs niveaux et interconnecté, afin de renforcer les liens entre les territoires et de créer de puissants effets d’entraînement. Cette démarche doit être étroitement articulée avec le renforcement de la défense et de la sécurité nationales, dès la définition des stratégies jusqu’à l’aménagement et à l’allocation des ressources.
La mise en œuvre de la résolution no 19 exige de l’ensemble du système politique, et notamment des cadres chargés de l’aménagement, de la construction et de la gestion du développement urbain, qu’ils jouent un rôle moteur et agissent avec détermination.
Il leur faut faire évoluer en profondeur leur manière de penser, en passant d’une logique de « gestion et de contrôle administratifs » à une logique de « construction et de pilotage du développement », afin que les villes ne soient pas seulement des moteurs essentiels de la croissance économique, mais aussi des espaces de vie sûrs, humains, durables et inclusifs pour les familles vietnamiennes.
Les priorités de mise en œuvre
L’expérience de ces dernières années en matière de développement urbain montre la nécessité de concentrer les ressources sur cinq groupes de missions prioritaires :
Premièrement, il faut réexaminer l’ensemble du système de planification selon une approche fondée sur un aménagement urbain à plusieurs niveaux, tout en développant des pôles de croissance et des centres d’innovation autour des grands corridors économiques. Il s’agit également de mettre en place un réseau urbain capable de créer des synergies, de renforcer la compétitivité et de transformer les villes en véritables pôles de croissance, capables d’entraîner et de diffuser la prospérité à l’échelle régionale et nationale.
Deuxièmement, il convient d’accélérer l’élaboration des plans et l’achèvement du cadre juridique régissant l’aménagement et l’utilisation des espaces souterrains, en donnant la priorité aux grandes villes, aux centres financiers et commerciaux ainsi qu’aux principaux pôles de transport public, selon l’approche TOD (Transit-Oriented Development), c’est-à-dire un développement urbain articulé autour des transports publics.
Le développement de l’espace souterrain constitue un réservoir stratégique de croissance. Il doit être planifié à l’aide d’outils d’analyse spatiale permettant d’optimiser l’implantation des activités commerciales et de services souterrains, en articulation avec les infrastructures de surface. Cette approche permettra de limiter l’extension excessive des périmètres urbains, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des sols et des infrastructures, de favoriser progressivement le passage des transports individuels aux transports publics et de réduire les émissions.
Troisièmement, il est essentiel de mettre en place des mécanismes financiers spécifiques et renforcer la décentralisation en faveur des grandes villes, afin de leur donner davantage d’autonomie pour organiser la protection de l’environnement, émettre des obligations vertes et, surtout, expérimenter le modèle de « zones à faibles émissions » dans les villes à statut spécial.
Quatrièmement, il importe d’investir dans des infrastructures urbaines intelligentes et résilientes face au changement climatique.
Alors que les catastrophes naturelles et les effets du changement climatique deviennent de plus en plus extrêmes, la gouvernance urbaine moderne doit s’appuyer sur l’anticipation et la prévision fondées sur les données. Elle doit également intégrer étroitement les infrastructures physiques et numériques, notamment les données numériques, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle (IA), afin de permettre une gestion urbaine en temps réel.
Il convient également de renforcer la résilience des systèmes urbains face aux catastrophes naturelles et aux inondations.
Cinquièmement, il est nécessaire d’améliorer globalement la qualité du tissu urbain en parallèle du développement des centres financiers, des plateformes logistiques et des réseaux de services à forte valeur ajoutée.
Dans le même temps, le développement coordonné des infrastructures sociales, et notamment des logements sociaux et des logements destinés aux personnes à faibles revenus, doit être considéré comme une priorité majeure.
Il contribuera à réduire les écarts de développement entre les zones urbaines et rurales et permettra à l’ensemble de la population de bénéficier des fruits de l’urbanisation et du développement urbain, avec un accès équitable aux services d’éducation, de santé et de logement.
Cette démarche affirme la dimension profondément humaine du nouveau modèle de développement.
TRAN TIEN DUNG
(Agence de développement urbain, ministère vietnamien de la Construction)