Résolution 57 : accélérer la maîtrise des technologies stratégiques

L’adoption de la Loi sur les hautes technologies (révisée) est considérée comme un tournant majeur pour le développement économique du Vietnam. 

Utilisation de la haute technologie dans une ferme agricole durable. Photo : VNA.
Utilisation de la haute technologie dans une ferme agricole durable. Photo : VNA.

Promulguée pour la première fois en 2008, la Loi sur les hautes technologies a joué un rôle fondamental dans la création de zones de haute technologie, l’attraction des investissements dans les secteurs technologiques clés et la promotion de la recherche-développement (R&D).

Toutefois, après plus d’une décennie de mise en œuvre, le contexte national et international a profondément évolué, sous l’effet notamment de l’essor rapide de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des mégadonnées, des biotechnologies, des nouvelles énergies et de la transformation numérique globale.

C’est dans ce contexte que la Loi sur les hautes technologies (révisée) a été élaborée afin de répondre à trois exigences majeures. La première consiste à établir un cadre juridique pour les nouvelles technologies stratégiques, en particulier celles ayant un fort effet d’entraînement sur la productivité, la compétitivité et la sécurité économique nationale. La deuxième vise à renforcer l’autonomie technologique du pays, à réduire la dépendance à l’égard des importations de technologies de base et à permettre au Vietnam de s’insérer plus profondément dans les chaînes de valeur mondiales. La troisième traduit un changement de paradigme dans la gestion publique, en passant d’une logique de « gestion et autorisation » à une approche de « création et accompagnement », acceptant une part de risque dans l’innovation et ouvrant des espaces d’expérimentation pour les entreprises.

L’une des principales nouveautés de la loi réside dans l’introduction, pour la première fois, de la notion de « technologies stratégiques ». Celle-ci s’accompagne d’un ensemble de politiques incitatives exceptionnelles en matière d’investissement, de fiscalité, de foncier, de commande publique, de ressources humaines et de mécanismes d’expérimentation encadrée (sandbox). Cette orientation est perçue comme une démarche stratégique visant à faire passer le Vietnam du statut de « suiveur » à celui d’acteur capable de jouer un rôle moteur dans certains domaines technologiques clés.

Ly Hoang Tung, chef adjoint du Département des sciences, de l’ingénierie et des technologies au ministère des Sciences et des Technologies, a souligné que la Loi sur les hautes technologies (révisée) de 2025 ne constitue pas seulement un texte juridique, mais un véritable « laissez-passer stratégique » pour rehausser la position du Vietnam dans l’écosystème technologique mondial.

Selon lui, cette loi affirme d’abord le rôle pionnier du Vietnam. La codification précoce des concepts de « technologies stratégiques » et de « mécanisme d’expérimentation contrôlée » démontre que le pays ne se contente plus de suivre les tendances, mais se dote proactivement d’un cadre juridique moderne. Cette approche renforce la confiance des multinationales et investisseurs tech dans un environnement d’affaires transparent, stable et porteur d’ambitions à long terme.

La loi contribue également à affirmer la souveraineté et l’autonomie technologiques nationales. En mettant l’accent sur les technologies stratégiques et les technologies de base, le Vietnam mute du montage low-cost vers des solutions premium, remplaçant graduellement imports et composants étrangers.

Par ailleurs, la nouvelle législation redéfinit la politique d’attraction des investissements directs étrangers, en passant d’une logique d’incitations généralisées à une coopération plus sélective. Les autorités privilégient désormais les projets assortis d’engagements en matière de transfert de technologies, de création de centres de R&D et de liens étroits avec l’écosystème de fournisseurs nationaux.

Sur le plan des incitations, la loi instaure plusieurs mécanismes qualifiés de « disruptifs ». Les entreprises relevant des technologies stratégiques bénéficient du niveau le plus élevé d’avantages en matière d’investissement, de fiscalité et de foncier. La reconnaissance officielle du principe d’acceptation du risque dans les activités de R&D constitue également une avancée notable, permettant aux entreprises d’innover dans des domaines complexes sans être pénalisées en cas d’échec scientifique.

La commande publique s’impose comme vecteur d’ouverture, favorisant achats et usages de produits tech nationaux. Des outils dédiés boostent la maîtrise des techs basiques, via décodage financé et substitution d’imports.

Enfin, des politiques particulièrement attractives sont prévues pour les ressources humaines de haut niveau, incluant des avantages fiscaux, des facilités de résidence et des conditions de travail favorables pour les experts en R&D, qu’ils soient nationaux ou internationaux.

Selon Ly Hoang Tung, l’ensemble de ces mesures constitue non seulement un soutien économique, mais surtout un engagement clair de l’État à accompagner les entreprises dans l’ambition de faire des hautes technologies le principal moteur de développement du Vietnam à l’ère numérique.

VNA/NDEL
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