Récemment, au village culturel et touristique des ethnies du Vietnam, des Ba Na venus de la commune de Kông Chro, dans la province de Gia Lai, ont reconstitué le rituel de Sơmă Kơcham, l’une des cérémonies communautaires les plus sacrées et emblématiques de leur culture. L’espace festif s’est animé au son des gongs, des danses xoang gracieuses et de rites traditionnels profondément ancrés dans la culture des Hauts Plateaux.
Selon les coutumes Ba Na, lorsque les cultures sur brûlis commencent à verdir et que les chants des oiseaux résonnent dans les montagnes et les forêts, la communauté se réunit pour célébrer Sơmă Kơcham afin de demander aux divinités de protéger le village, d’assurer le bonheur des familles et de garantir de bonnes récoltes.
Pour les Ba Na, cette cérémonie n’est pas seulement un rite spirituel, mais aussi une occasion pour les habitants du village de se retrouver, de renforcer leur solidarité et d’exprimer leur gratitude envers leurs ancêtres.
Le plateau d’offrandes, composé de porc, de poulet, de vin de jarre, de paddy et de riz, est disposé autour de l’arbre rituel.
Les anciens du village versent le vin de jarre sur le plateau d’offrandes.
Les Ba Na considèrent que les êtres humains vivent en permanence en lien avec le monde des esprits. Ainsi, la cérémonie de bénédiction de la cour est perçue comme une prière adressée à Yàng, le protecteur du village, afin d’éloigner les malheurs et d’apporter santé, paix et prospérité.
Les offrandes, imprégnées de l’esprit des montagnes et des forêts, comprennent du porc, du poulet, du vin de jarre (rượu cần), du paddy, du riz ainsi que de nombreux produits locaux. Toutes les préparations sont soigneusement organisées sous la direction du chef du village et du maître des cérémonies.
Au son des tambours, le maître des cérémonies commence à invoquer les ancêtres et les divinités afin qu’ils témoignent et protègent le village pour une nouvelle année placée sous le signe de la paix et de l’abondance.
Sous le toit de la maison communautaire Rông, les habitants dressent ensemble l’arbre rituel (cây nêu), pilent le riz, préparent le vin de jarre et confectionnent les offrandes. Une fois les mets cuits, ils les disposent avec solennité autour de l’espace cérémoniel, alignent les jarres de vin au pied de l’arbre rituel, tandis que le maître des cérémonies commence les prières pour la paix et les récoltes du village.
Les sons des tambours et des gongs qui résonnent alors constituent à la fois des remerciements adressés aux divinités et l’expression de la joie collective face aux bénédictions espérées.
Le maître des cérémonies accomplit les rites de Sơmă Kơcham.
Le moment le plus sacré survient lorsque les prières des anciens du village s’élèvent pour inviter les ancêtres et les esprits à venir témoigner et accorder leur protection afin que la nouvelle année soit placée sous le signe de la paix et de l’abondance. Simultanément, les gongs et les danses xoang créent un lien symbolique entre les hommes, la terre et le ciel.
Dans sa prière sacrée, il adresse ses invocations aux Yàng qui veillent sur les montagnes, les forêts, les rivières et les terres, demandant la santé pour les anciens, la protection des enfants, des épis de riz abondants, des champs de maïs fertiles, l’harmonie au sein des familles ainsi qu’une prospérité durable pour tout le village.
À l’issue de la partie rituelle, le chef du village boit les premières gorgées de vin de la jarre cérémonielle, avant que les habitants ne participent à leur tour aux rites de bénédiction et de bonne fortune. Chaque famille reçoit ensuite sa part des offrandes, avec l’espoir d’une récolte prospère.
À l’issue de la cérémonie, les habitants partagent ensemble le vin de jarre.
Les sons prolongés des gongs, les danses xoang qui unissent les mains dans une ronde de solidarité et les chants populaires résonnent alors à travers les montagnes et les forêts.
Les sons des gongs résonnent longuement...
Les sons prolongés des gongs, les danses xoang qui unissent les mains dans une ronde de solidarité et les chants populaires résonnent à travers les montagnes et les forêts comme un message d’espoir pour une vie prospère et heureuse.
... tandis que les danses xoang unissent les participants dans une ronde fraternelle et que les chants populaires s’élèvent au cœur des montagnes et des forêts.
Ainsi, Sơmă Kơcham n’est pas seulement un rituel spirituel ; il constitue également un lieu de mémoire collective, un lien entre l’homme et la nature, et contribue à préserver l’identité culturelle unique du peuple Ba Na.