Thanh Hoa valorise le patrimoine des Déesses-Mères pour développer le tourisme culturel et spirituel

À Thanh Hoa (au Centre du Vietnam), la préservation des pratiques liées aux Déesses-Mères s’accompagne d’une valorisation touristique, conciliant sauvegarde du patrimoine et développement local durable.

Thanh Hoa valorise le patrimoine des Déesses-Mères pour développer le tourisme culturel et spirituel

Dotée d’un riche réseau de temples, palais et lieux de culte associés aux Pratiques liées à la croyance aux Déesses-Mères des Trois Mondes des Vietnamiens, inscrites par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, la province de Thanh Hoa mise sur la valorisation de ce patrimoine pour renforcer son attractivité touristique et créer de nouveaux moteurs de développement économique local.

Ces dernières années, les sites liés au culte des Déesses-Mères attirent un nombre croissant de visiteurs vietnamiens et étrangers, particulièrement lors des fêtes traditionnelles.

Selon l’Artisan émérite Tran Van Thuan, président de l’Association pour la protection du patrimoine du chant Chau van et des pratiques liées aux Déesses-Mères de la province de Thanh Hoa, de nombreux touristes provenant de pays où existent également des croyances liées aux déesses manifestent un vif intérêt pour ce patrimoine spirituel vietnamien.

Les grands sites tels que le temple Song, Phu Na, le temple Pho Cat ou encore le temple Cua Dat figurent parmi les destinations les plus recherchées par les visiteurs souhaitant découvrir les spécificités culturelles de la région.

Afin de promouvoir davantage ces valeurs patrimoniales, l’Association a également multiplié les échanges culturels avec des lieux de culte en Thaïlande, en République de Corée, à Hong Kong (Chine) et à Taïwan (Chine), contribuant ainsi au renforcement des échanges entre les peuples.

Toutefois, l’essor du tourisme spirituel pose également de nouveaux défis en matière de préservation patrimoniale. Mme Bui Thi Tuyet, responsable du bureau de gestion du patrimoine culturel du Service provincial de la Culture, des Sports et du Tourisme, indique que Thanh Hoa compte actuellement plus de 1 500 sites historiques, culturels et paysagers classés et protégés, auxquels s’ajoutent plus de 4 000 temples et sanctuaires privés en cours d’inventaire.

Selon plusieurs spécialistes, le développement rapide de certains lieux de culte privés a parfois entraîné des dérives susceptibles d’altérer les valeurs authentiques du patrimoine.

M. Ha Huy Tam, directeur adjoint de l’Institut de recherche appliquée sur la culture traditionnelle et l’architecture de construction du Vietnam, souligne que les recherches menées dans le cadre du projet scientifique consacré à la croyance aux Déesses-Mères à Thanh Hoa ont mis en évidence l’apparition de certaines pratiques éloignées des traditions originelles.

Face à cette situation, les autorités et les chercheurs insistent sur la nécessité de préserver l’intégrité des rituels, du chant Chau van, des costumes traditionnels et des espaces de pratique.

Grâce au renforcement de la gestion, plusieurs sites de la province appliquent désormais rigoureusement les règles traditionnelles lors des cérémonies, notamment dans les rituels Hau dong organisés au temple Phu Coc ainsi que dans les sanctuaires de Phu Tay Mo, Song, Pho Cat ou Lach Bang.

Pour le Professeur associé et Docteur Bui Hoai Son, membre permanent de la Commission de la culture et des affaires sociales de l’Assemblée nationale, l’inscription du patrimoine des Déesses-Mères par l’UNESCO constitue une reconnaissance internationale de la vitalité de la culture vietnamienne.

Selon lui, Thanh Hoa occupe une place importante dans la conservation et la transmission de ce patrimoine grâce à la richesse de ses espaces rituels et à la profondeur de ses traditions locales.

Les experts recommandent de poursuivre la mise en place de mesures synchronisées, notamment le renforcement du cadre de gestion des sites, la lutte contre les pratiques superstitieuses et la commercialisation excessive de la spiritualité, ainsi que la collecte et la publication des répertoires complets du chant Chau van.

Ils préconisent également la formation de guides spécialisés capables de présenter aux visiteurs les dimensions historiques, culturelles et symboliques de ce patrimoine.

Selon les chercheurs, l’articulation harmonieuse entre gestion publique, recherche scientifique et participation active de la communauté constitue une condition essentielle pour préserver les valeurs authentiques de la croyance aux Déesses-Mères tout en favorisant un développement durable du tourisme culturel et spirituel à Thanh Hoa.

NDEL
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