Faire découvrir la culture vietnamienne aux amis internationaux
Une vidéo montrant Duong Nhat Truong (23 ans, étudiant en master de psychologie de l’éducation à Wichita State University, États-Unis) en train d’enseigner à des étudiants étrangers un chant choral en vietnamien s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux, suscitant un vif intérêt de la communauté.
« Je voulais leur offrir l’opportunité de découvrir la culture vietnamienne », confie Truong.
Pour parvenir à cette performance, le jeune étudiant a consacré tout l’été à la préparation : recherche de partitions, élaboration de supports pédagogiques, enregistrements de démonstration et étude du folklore musical vietnamien.
L’idée d’introduire la musique vietnamienne dans une chorale est née dès sa troisième année universitaire, lorsqu’il a pris conscience de la richesse et de la diversité des influences musicales accessibles aux étudiants internationaux.
Il a choisi la chanson folklorique « Trong com » (tambour traditionnel vietnamien dont les deux extrémités sont enduites de pâte de riz pour accorder le son) après avoir envisagé plusieurs options telles que « Beo dat may troi » (littéralement « lentilles d’eau dérivant, nuages flottants », une métaphore poétique évoquant l’errance et la séparation dans la vie) ou « Inh la oi » (chant folklorique de l’ethnie Thái, caractérisé par des mélodies douces et profondes exprimant les sentiments amoureux et la vie quotidienne). Pour trouver un arrangement adapté, sa famille a même dû contacter plusieurs conservatoires à Hanoï avant de recevoir le soutien d’enseignants au Vietnam.
Ce qui a le plus ému Truong n’est pas tant la représentation finale que le processus d’enseignement, notamment lorsqu’il a fallu guider les étudiants étrangers dans la prononciation de chaque syllabe vietnamienne.
« Il m’arrivait de passer énormément de temps à corriger un seul son, mais c’est justement ce processus qui a le plus de sens », confie-t-il.
Équilibre entre l’identité culturelle et l’intégration culturelle
Dans un entretien accordé au journal Dan tri, Truong indique que le plus grand défi de la vie à l’étranger n’est ni la langue ni les études, mais l’équilibre entre identité personnelle et intégration culturelle.
« Je dois être suffisamment ouvert pour comprendre leur culture, tout en restant fidèle à moi-même. Il faut savoir qui l’on est pour ne pas se perdre », explique-t-il.
Son parcours à l’étranger n’a d’ailleurs rien eu de facile. Dès la première année, il a dû déménager à six reprises pour réduire ses dépenses en vivant hors campus, tout en faisant face à des difficultés de transport faute de véhicule personnel.
Au-delà des contraintes matérielles, le défi majeur a été l’adaptation au système éducatif. « Au Vietnam, le parcours est bien structuré, tandis qu’ici, je dois tout construire moi-même. J’étais perdu au début, ne sachant pas quoi étudier ni dans quel ordre. »
Dès sa première année, Truong a travaillé à temps partiel dans une résidence universitaire. Après un semestre seulement, il a été sélectionné parmi plus de 120 candidats pour occuper l’un des cinq postes de responsable étudiant.
Dans ce rôle, il encadre entre 50 et 60 étudiants, les soutenant tant dans leurs études que dans leur vie quotidienne, en organisant des activités et en accompagnant ceux rencontrant des difficultés psychologiques. Selon lui, cette expérience lui a permis de développer de nombreuses compétences essentielles tout en élargissant son réseau.
Pour Truong, la leçon la plus précieuse est de ne pas hésiter à poser des questions et à prendre l’initiative de créer des liens. Il cherche constamment à échanger avec enseignants, aînés et camarades afin d’élargir son cercle relationnel.
À ses yeux, étudier à l’étranger ne consiste pas seulement à poursuivre des études dans un autre pays, mais représente un véritable cheminement personnel. C’est ainsi que ce jeune étudiant emporte avec lui une part du Vietnam à travers le monde, grâce à la musique et à son propre parcours.