Un socle commun pour certifier l’origine des produits

Le Vietnam vient de lancer son système national de traçabilité. Ce “passeport numérique” vise à garantir l’authenticité des produits, à renforcer la confiance des consommateurs et à boosterla compétitivité des exportations sur le marché mondial.

Application eCDT installée sur un smartphone pour la déclaration de l’origine des produits halieutiques.
Application eCDT installée sur un smartphone pour la déclaration de l’origine des produits halieutiques.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC) a mis officiellement en service le 23 décembre 2025 le système national de traçabilité des produits, accessible à l’adresse www.verigoods.vn. Ce dispositif vise à renforcer la transparence du marché, à protéger les consommateurs et à accompagner les entreprises vers un développement durable.

Le déploiement de ce système s’inscrit dans l’une des six missions prioritaires confiées par le Premier ministre Pham Minh Chinh au secteur de l’industrie et du commerce, lors de la conférence de bilan 2025 et de définition des orientations pour 2026. Conçu selon une approche centrée sur les citoyens et les entreprises, le système de traçabilité agit comme un pont entre producteurs, distributeurs et consommateurs.

Une transition numérique plus homogène

Grâce à des outils d’authentifi-cation tels que les codes QR, les utilisateurs peuvent accéder à des informations fiables sur l’origine, les processus de production, de circulation et de distribution des produits. Cette transparence permet aux consommateurs de faire des choix éclairés et aux entreprises de renforcer la crédibilité de leurs marques tout en luttant contre la contrefaçon et les fraudes commerciales.

Conformément à la réglemen-tation, la traçabilité est obligatoire pour les produits identifiés par les ministères et organismes compétents sur la base d’éva-luations des risques liés à la santé humaine, à l’environnement et à l’ordre public. La mise en œuvre se fera selon un calendrier progressif afin d’en garantir la faisabilité et de limiter les charges pour les entreprises.

Selon Trân Huu Linh, directeur du Département de la gestion et du développement du marché intérieur, le ministère encourage les entreprises à enregistrer et déclarer de manière proactive les informations relatives à leurs produits dès l’entrée en service du système. À compter du 1er janvier 2026, date d’entrée en vigueur de la circulaire sur la traçabilité, cette obligation s’applique en priorité aux groupes de produits à haut risque, notamment les produits chimiques et ceux en contenant, les précurseurs industriels, les explosifs et les matières premières du tabac. Son extension à d’autres catégories sera ensuite encouragée.

Dans un contexte de transfor-mation numérique accélérée, de nombreuses entreprises - en particulier les PME - rencontrent encore des difficultés liées à l’investissement technologique et à la gestion des données. Le système national de traçabilité vise ainsi à fournir un socle technique commun, favorisant une transition numérique plus homogène de l’ensemble du tissu économique. Par ailleurs, face à une demande croissante des consommateurs en matière de qualité, d’origine et de durabilité, il contribue à instaurer une culture de consommation responsable et un marché plus transparent.

Du point de vue de la gouvernance publique, le système facilite le contrôle a posteriori, l’analyse des risques et la supervision fondée sur des données unifiées. Il marque une évolution importante vers un modèle de gestion moderne, conforme aux orientations de la réforme administrative et de la transformation numérique définies par la Résolution N°214 du gouvernement.

À l’avenir, le ministère de l’Industrie et du Commerce poursuivra sa coordination avec les autres ministères, les autorités locales, les associations professionnelles et la communauté des entreprises afin de perfectionner le dispositif, de renforcer la formation et de compléter le cadre juridique, normatif et technique. Cette initiative répond non seulement aux exigences de la Loi sur la qualité des produits et des marchandises, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, et pose également les bases d’un environnement commercial plus transparent et d’un développement socio-économique durable.

D’après Trân Thanh Bình, de l’Agence du commerce extérieur relevant du ministère de l’Industrie et du Commerce, le Vietnam est partie de 19 accords de libre-échange. Pour bénéficier pleinement des préférences tarifaires, les entreprises doivent respecter strictement les règles d’origine et les exigences de traçabilité, considérées comme le véritable “passeport” des produits vietnamiens à l’international.

Promouvoir l’e-commerce

De son côté, Nguyên Van Thanh, de l’Agence du commerce électronique et de l’économie numérique, souligne que le Vietnam est aujourd’hui le troisième marché du commerce électronique à la croissance la plus rapide en Asie du Sud-Est, derrière l’Indonésie et la Thaïlande. Le commerce électronique de détail a atteint environ 20,5 milliards de dollars en 2023, 25 milliards en 2024 et 31,5 milliards sont attendus en 2025, soit une croissance annuelle moyenne de 25,5%. Toutefois, l’absence d’un système fiable garantissant l’authenticité des informations demeure un frein majeur. Les consommateurs voient souvent des QR codes sans pouvoir vérifier la véracité des données, tandis que les entreprises respectueuses des normes subissent une concur-rence déloyale de produits de qualité inférieure.

“La traçabilité constitue la pierre angulaire de la confiance dans l’environnement numérique“, affirme Nguyên Van Thanh. Dans la stratégie nationale de développement de l’économie numérique, la mise en place d’un système de traçabilité unifié devient ainsi un levier essentiel pour bâtir un commerce électronique transparent, responsable et durable, tout en renforçant la compétitivité internationale des produits vietnamiens.

Dans un contexte d’accélération de la transformation numérique, ce système national unifié de traçabilité marque une étape décisive, mettant fin à la fragmentation des données entre ministères, secteurs et territoires. Une fois les données harmonisées, le commerce électronique pourra non seulement croître plus rapidement, mais aussi évoluer vers un modèle plus équitable, plus fiable et plus durable.

CVN/NDEL
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