Vietnam : application des sciences et des technologies à la production agricole

L’application des sciences et des technologies est considérée comme la « clé » du développement d’une agriculture moderne et durable. 

Les habitants de la commune de Ly Nhan (Ninh Binh) cultivent la pomme jujube "Dai mat 06" selon les normes VietGAP, avec une grande efficacité.
Les habitants de la commune de Ly Nhan (Ninh Binh) cultivent la pomme jujube "Dai mat 06" selon les normes VietGAP, avec une grande efficacité.

Elle constitue une solution optimale pour créer des avancées significatives en matière de productivité et de qualité des produits, répondre à une demande des consommateurs de plus en plus exigeante et renforcer la compétitivité à l’exportation.

Il y a plusieurs années, le verger de pommiers de deux hectares de la famille de Tran Dinh Hanh, dans la commune de Ly Nhan (province de Ninh Binh, au Nord du Vietnam), était cultivé selon des méthodes traditionnelles, avec une efficacité limitée. Certaines années, les pertes pouvaient atteindre jusqu’à 80 % en raison des ravageurs.

Depuis 2025, la famille bénéficie de l’appui du Centre national de vulgarisation agricole (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement) pour le transfert de techniques de culture de la variété de pomme « Dai mat 06 » selon les normes VietGAP, combinées à un système de treillis et de filets anti-insectes sur une superficie de 4 000 m². Après une période de production, le verger affiche une productivité élevée, une bonne qualité et une présentation attractive, générant des revenus nettement supérieurs à ceux d’auparavant.

Selon Tran Dinh Hanh : « Depuis l’introduction de la culture sous filet, le taux de pertes a fortement diminué, la qualité s’est améliorée et la sécurité sanitaire est garantie. En pratique, cette méthode, associée aux normes VietGAP, permet de réduire le nombre de traitements phytosanitaires de 18-20 à quelques applications par saison, d’économiser entre cinq et sept millions de dôngs par campagne, de ramener le taux de fruits endommagés à 5 % et d’augmenter la production de 30 à 40 %. De plus, le système de filets limite plus de 95 % des ravageurs, créant un environnement favorable au développement des arbres et des fruits. En 2025, la production a atteint 13 tonnes, avec un bénéfice net d’environ 300 millions de dôngs ».

Dans la province de Phu Tho, l’application des sciences et des technologies à la production agricole stimule depuis plusieurs années le développement du secteur, permettant d’obtenir des produits de meilleure qualité et d’augmenter les revenus des populations. À ce jour, la province compte 648 zones de production de cultures principales couvrant 79 000 hectares, dont plus de 7 600 hectares dotés de codes de zones de culture. Par ailleurs, 3 900 hectares sont certifiés VietGAP, 153 hectares selon les normes GlobalGAP et 108 hectares en production biologique.

Vu Van Luyen, de la commune de Chan Mong, indique : « Ma famille exploite actuellement plus de deux hectares avec 473 pieds de pamplemoussiers Doan Hung. Nous appliquons des techniques de taille, utilisons des engrais organiques et des produits biologiques pour lutter contre les ravageurs, conformément aux recommandations des services de vulgarisation. Bien que les coûts soient plus élevés, l’efficacité est supérieure, avec un revenu d’environ 400 millions de dôngs par campagne et des produits sûrs et de qualité pour les consommateurs ».

Ces dernières années, les ministères, les secteurs, les collectivités locales et la population ont accordé une attention croissante à l’application des sciences et des technologies dans la production agricole. De nombreuses entreprises ont investi dans la création de zones de matières premières concentrées et de grande échelle, introduit de nouvelles variétés, appliqué des techniques innovantes et des technologies modernes associées à la transformation et à la conservation, contribuant ainsi à accroître la valeur des exportations.

De nouvelles variétés végétales et animales, à large capacité d’adaptation, ont été mises en production, améliorant la productivité et la qualité. À titre d’exemple, plus de 80 % des superficies rizicoles utilisent aujourd’hui des variétés de haute qualité, renforçant la valeur à l’exportation. Globalement, l’application des sciences et des technologies a permis d’augmenter la valeur de production d’environ 30 à 35 % par rapport aux méthodes traditionnelles.

Le vice-directeur du Département des sciences, des technologies et de l’environnement (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement)

Nguyen Quang Tin

Selon Nguyen Quang Tin, vice-directeur du Département des sciences, des technologies et de l’environnement (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement) : « L’application des sciences et des technologies a été encouragée à tous les niveaux. Les investissements dans les zones de production à grande échelle, l’introduction de nouvelles variétés et l’adoption de technologies modernes liées à la transformation et à la conservation contribuent à accroître la valeur des exportations. L’exemple du riz, dont plus de 80 % sont des variétés de qualité, illustre clairement ces progrès ».

Aujourd’hui, les sciences et les technologies sont appliquées à toutes les étapes de la production agricole, de la sélection variétale aux techniques culturales, en passant par la fertilisation, la récolte, la transformation et la conservation, contribuant à accroître la valeur des produits.

Toutefois, leur adoption se heurte encore à plusieurs obstacles : des marchés de consommation limités et instables, un accès encore restreint des agriculteurs aux technologies dans certaines régions, et un transfert des innovations techniques encore inégal. Par ailleurs, les investissements nécessaires à l’agriculture de haute technologie restent élevés, notamment pour les infrastructures et les équipements, dépassant souvent les capacités financières des producteurs. À ce jour, l’agriculture biologique ne couvre qu’environ 174 000 hectares, soit 1,4 % des terres agricoles.

Afin de surmonter ces difficultés, de nombreux gestionnaires et experts estiment qu’il est nécessaire de poursuivre la mise en œuvre de programmes et de projets en faveur du développement d’une agriculture fondée sur les sciences et les technologies ; de renforcer la sensibilisation à leur rôle ; d’intensifier la recherche et la sélection de nouvelles variétés à haut rendement et de qualité ; de développer des zones de production concentrées et de grande échelle ; d’attirer davantage d’investissements privés dans l’agriculture de haute technologie ; et de moderniser les infrastructures afin de favoriser l’émergence de pôles agricoles technologiques, créateurs de valeur et de revenus pour les agriculteurs.

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