Vietnam : le bien-être des habitants au cœur du développement urbain

Des experts estiment que le développement urbain ne devrait pas être évalué uniquement à l'aune de la croissance économique, mais aussi de la qualité de vie et du bien-être des habitants.

Les habitants de Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, profitent du nouvel espace vert aménagé sur le terrain situé au 8, rue Vo Van Tan, récemment remis à l'administration du quartier de Xuan Hoa. Photo : VNA.
Les habitants de Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, profitent du nouvel espace vert aménagé sur le terrain situé au 8, rue Vo Van Tan, récemment remis à l'administration du quartier de Xuan Hoa. Photo : VNA.


Le projet de Loi sur le développement urbain s'oriente vers un renforcement de la décentralisation et de l'autonomie des collectivités urbaines, notamment des villes à statut spécial telles que Hô Chi Minh-Ville.

Au-delà de l'amélioration du cadre institutionnel, de nombreux experts estiment qu'une métropole moderne doit être conçue selon une vision plaçant l'être humain au cœur du développement, la qualité de vie et le bien-être des habitants constituant les principaux indicateurs de sa réussite.

Selon eux, le développement des villes spéciales ne saurait se limiter à stimuler la croissance économique ou à moderniser les infrastructures.

Il doit également concilier les dimensions économique, culturelle, sociale et environnementale afin d'assurer un développement durable.

Bâtir une ville où l'humain est au cœur du développement

Les spécialistes proposent que la philosophie de développement des villes spéciales repose sur trois principes fondamentaux : placer l'être humain au centre des politiques publiques, considérer la culture comme le socle spirituel du développement et faire du bien-être des habitants l'objectif ultime de l'action publique.

Cette approche s'inscrit dans la ligne des orientations du Parti communiste du Vietnam en matière de développement culturel, qui considèrent la culture et l'être humain comme des ressources endogènes essentielles et des moteurs d'un développement rapide et durable.

Dans cette perspective, les stratégies d'aménagement urbain devraient intégrer davantage la préservation des patrimoines historiques, culturels et des identités locales, parallèlement à la création d'un cadre de vie moderne, harmonieux et respectueux des spécificités de chaque territoire.

Les experts recommandent également de promouvoir une culture civique dans les espaces publics, de développer des communautés numériques responsables, de renforcer l'éducation à la citoyenneté urbaine et d'encourager la création artistique.

L'investissement dans les arts publics, les espaces créatifs et les industries culturelles contribuerait non seulement à améliorer la qualité de vie, mais aussi à renforcer l'attractivité des villes pour les visiteurs et les investisseurs.

Concernant le patrimoine urbain, plusieurs spécialistes estiment qu'il devrait être considéré comme une ressource stratégique pour le développement. Ils proposent notamment d'établir un inventaire des patrimoines urbains, d'intégrer des évaluations d'impact culturel dans les grands projets de rénovation et de préserver les paysages architecturaux ainsi que la mémoire collective.

Pour Hô Chi Minh-Ville, ils soulignent également l'importance de protéger le système fluvial Saïgon-Dông Nai, la mangrove de Cân Gio ainsi que les paysages caractéristiques de la culture fluviale du Sud, afin d'éviter une urbanisation excessive susceptible d'altérer l'identité propre de la métropole.

Le bien-être des habitants, un indicateur du développement urbain

Les experts saluent par ailleurs l'esprit de décentralisation inscrit dans le projet de loi. Ils estiment toutefois qu'une autonomie accrue des villes spéciales devrait s'accompagner d'un renforcement des compétences des autorités des quartiers et des communes, en particulier dans les zones stratégiques.

L'expérience de grandes métropoles comme Tokyo, Singapour ou encore plusieurs villes européennes montre qu'une gouvernance de proximité permet de répondre plus efficacement aux besoins des citoyens.

Ils préconisent également d'élargir la participation des habitants à la gouvernance urbaine grâce à des consultations publiques pour les grands projets, à la mise à disposition des données d'aménagement sur des plateformes numériques et au recueil des avis des citoyens avant toute décision majeure concernant l'urbanisme, les opérations de relogement ou l'aménagement des espaces publics.

Un autre axe proposé consiste à élaborer un système d'évaluation du développement urbain centré sur la qualité de vie.

S'inspirant d'indicateurs internationaux tels que le Happy City Index, le Better Life Index de l'OCDE ou encore le City Prosperity Index d'ONU-Habitat, Hô Chi Minh-Ville pourrait mettre en place un tableau de bord annuel intégrant des critères relatifs à la qualité de l'environnement, aux transports publics, aux espaces verts, aux services de santé et d'éducation, à la sécurité, à la satisfaction des habitants, à la cohésion sociale et au sentiment de bien-être.

Selon les experts, un tel dispositif permettrait de mesurer de manière plus transparente l'efficacité des politiques publiques, de suivre les objectifs de développement durable et d'adapter les politiques urbaines aux attentes de la population.

Ils soulignent enfin que la valeur d'une ville spéciale ne se mesure pas uniquement à l'ampleur de ses infrastructures ou à ses performances économiques, mais surtout à sa capacité à offrir un cadre de vie sûr, inclusif, durable et propice au bien-être de ses habitants.

Faire du bonheur des citoyens le principal indicateur du développement urbain constitue ainsi l'une des orientations majeures proposées pour les villes spéciales du Vietnam.

VNA/NDEL
Back to top