Grâce à ses atouts institutionnels, à ses infrastructures, à son vivier de talents et à son écosystème d'innovation, Hanoï dispose des atouts nécessaires pour devenir un pôle national de recherche, de développement et de formation dans l'industrie des semi-conducteurs, tout en s'intégrant davantage à la chaîne de valeur mondiale.
Mise en place progressive d'un écosystème des semi-conducteurs
À la fin du mois de juin, lors de la Conférence consacrée à la présentation de la planification globale de la capitale à l'horizon de 100 ans et à la promotion des investissements en 2026, le Comité populaire de Hanoï, le groupe technologique G-Group, l'Institut russe de recherche en électronique moléculaire (MERI), l'Université des sciences et des technologies de Hanoï et la compagnie par actions des Technologies de la sécurité nationale ont signé un accord de coopération.
Selon Ha Trung Kien, vice-président du Conseil d’administration de G-Group, la valeur de ce programme réside dans la connexion des maillons importants de l'écosystème. L'association des forces des autorités, des entreprises, des universités et des partenaires internationaux créera une base technologique durable.
Par ailleurs, le Comité populaire et le Département des sciences et des technologies de Hanoï ont conclu 18 protocoles d'accord avec des entreprises et des organismes de recherche vietnamiens et étrangers. Ces accords concernent le développement des infrastructures numériques, l'intelligence artificielle, la conception de circuits intégrés, le transfert de technologies et la formation de ressources humaines, avec pour objectif de faire de Hanoï un centre majeur de recherche et de conception dans le domaine des semi-conducteurs.
En janvier, le groupe Viettel a lancé la construction de la première usine vietnamienne de fabrication de puces électroniques de haute technologie dans la zone de haute technologie de Hoa Lac. S'étendant sur 27 hectares, cette installation est appelée à devenir une infrastructure nationale dédiée à la recherche, à la conception, aux essais et à la production de puces. Ce projet doit combler un maillon manquant de la chaîne de production nationale et jeter les bases d'un écosystème industriel local.
Pour appliquer la stratégie nationale de développement de cette industrie, Hanoï a promulgué son plan à l'horizon 2030. La ville vise à former au moins 22 000 personnes diplômées de l'enseignement supérieur, à construire une université technologique internationale à Hoa Lac, à créer un centre de recherche sur les données ainsi qu'un centre de formation de techniciens à l'École supérieure de haute technologie de Hanoï. La capitale souhaite également attirer au moins 20 entreprises de conception et développer des projets d'assemblage et de test de technologies avancées.
La présence de projets de grande envergure confirme le rôle croissant de Hanoï dans l’industrie des semi-conducteurs. La capitale cherche non seulement à attirer les investissements, mais aussi à renforcer les liens entre l’État, les entreprises, les instituts de recherche et les établissements d'enseignement supérieur afin de soutenir le développement de ce secteur.
Une stratégie axée sur la recherche, la formation et le partenariat
Dans le cadre de la stratégie nationale de développement de l'industrie des semi-conducteurs à l'horizon 2030, avec une vision jusqu'en 2050, Hanoï a adopté un plan d'action spécifique. Celui-ci vise à faire de la capitale un pôle national de recherche, de développement et de formation de talents dans le secteur des semi-conducteurs, tout en renforçant son intégration régionale et les partenariats entre les secteurs public et privé.
D'ici à 2030, Hanoï ambitionne de former au moins 22.000 diplômés de l'enseignement supérieur destinés à travailler dans l'industrie des semi-conducteurs. La ville prévoit également de créer une université internationale de technologie dans la zone de haute technologie de Hoa Lac, un centre de recherche consacré aux données et aux semi-conducteurs, ainsi qu'un centre de formation de techniciens au Collège de haute technologie de Hanoï. Les autorités souhaitent en outre attirer au moins vingt entreprises spécialisées dans la conception de puces et développer des projets d'assemblage, de conditionnement et de test, qui constituent les dernières étapes de leur fabrication.
Pour atteindre ces objectifs, Hanoï dispose de nombreux atouts. La ville a notamment été retenue pour accueillir le Centre national de soutien à la fabrication expérimentale de puces. Elle participe également à plusieurs programmes consacrés à l'intelligence artificielle, aux semi-conducteurs ainsi qu'à la recherche et au développement.
La Loi sur la capitale de 2026 et les nouveaux mécanismes de gestion confèrent à Hanoï une plus grande autonomie en matière de développement scientifique et technologique. Par ailleurs, la zone de haute technologie de Hoa Lac continue de bénéficier d'importants investissements afin de devenir un pôle de recherche et d'innovation capable d'attirer des entreprises de haute technologie.
Selon le professeur associé et Dr Nguyen Tran Thuat, de l'Université nationale du Vietnam à Hanoï, la capitale concentre un grand nombre d'universités, d'instituts de recherche et de spécialistes hautement qualifiés, ce qui lui confère des conditions favorables pour s'imposer comme un centre national de formation dans le domaine des semi-conducteurs.
Pour sa part, le docteur Pham Xuan Khanh, directeur du Collège de haute technologie de Hanoï, a indiqué que son établissement développe des coopérations internationales afin d'accéder à des technologies et à des programmes de formation modernes. L'école travaille également avec Amkor, Samsung et d'autres entreprises technologiques pour élaborer des formations adaptées aux besoins des entreprises. La participation d'experts internationaux doit permettre de renforcer les compétences des enseignants, de partager les connaissances et de rapprocher progressivement les formations des références internationales.