Le projet, approuvé par le ministère vietnamien de la Défense, prévoit de moderniser l’Institut de médecine légale militaire, d’acquérir de nouveaux équipements et de former du personnel spécialisé. Les futures analyses devraient permettre d’étudier les lignées paternelle et maternelle, alors que les examens actuels reposent principalement sur l’ADN mitochondrial, transmis par la mère.
« L’objectif est de donner un nom à un nombre croissant de dépouilles », a souligné le colonel Tran Duy Hung, directeur adjoint du Département de la médecine militaire, lors d’une réunion avec l’Association vietnamienne de soutien aux familles des soldats morts au combat.
Fondée en 2010, l’association affirme avoir contribué à l’identification de plus de 500 soldats. Elle a aussi aidé à corriger les inscriptions de plus de 1 000 stèles funéraires et à ramener environ 1 600 dépouilles dans leur région d’origine. Selon son président, Hoang Khanh Hung, elle a conseillé 34 000 familles dans leurs recherches.
L’association a demandé que les analyses accordent une attention particulière aux dossiers dont les proches sont âgés ou fragiles, soit environ 10 à 15 cas par an. Le Département de la médecine militaire s’est dit prêt à examiner ces cas en priorité lorsque les éléments nécessaires lui seront transmis, ainsi qu’à apporter une aide technique pour les prélèvements autorisés dans les sépultures.
Les deux parties souhaitent également renforcer la collecte de témoignages et de documents. Ces informations restent indispensables pour étayer les résultats génétiques, notamment lorsque les comparaisons fondées sur la seule lignée maternelle ne permettent pas de conclure avec certitude.
Entre 2023 et 2024, l’association a reçu d’anciens combattants américains 21 dossiers relatifs à des fosses communes dans le sud du Vietnam, avant de les transmettre aux autorités chargées des recherches. Selon son bilan, 135 dépouilles ont été exhumées en 2025 près de l’aérodrome de Loc Ninh, où les fouilles se poursuivent.
À l’issue de la réunion, l’armée et l’association sont convenues de poursuivre leur coopération pour recueillir les informations, effectuer les prélèvements et identifier les soldats dont les familles attendent encore des réponses.