Campagne des 500 jours et nuits :

Vietnam : renforcer les capacités d’analyse ADN pour accélérer l’identification des martyrs

La Campagne des 500 jours et nuits a permis de prélever des échantillons sur près de 200 000 tombes de martyrs et d’identifier, grâce à l’ADN, plus de 30 martyrs. Toutefois, le manque de personnel et d’équipements constitue encore un obstacle majeur. 

Selon les estimations, le fonctionnement d’un système d’analyse ADN capable de traiter 10 000 échantillons par an nécessite entre 50 et 60 spécialistes qualifiés. Photo : VOV.
Selon les estimations, le fonctionnement d’un système d’analyse ADN capable de traiter 10 000 échantillons par an nécessite entre 50 et 60 spécialistes qualifiés. Photo : VOV.

Il est urgent d’y remédier pour atteindre l’objectif de réaliser des analyses sur 18 000 échantillons.

À l’Institut national de médecine légale, parmi les échantillons de restes de martyrs récemment reçus, beaucoup sont dans un état de dégradation très avancé en raison des conditions environnementales particulièrement difficiles. Le traitement d’un seul de ces échantillons peut nécessiter de 15 à 30 jours.

En cas de résultat non concluant, l’ensemble de la procédure doit être repris depuis le début, ce qui allonge considérablement les délais.

Avec plus de 16 600 échantillons actuellement en attente d’analyse, les capacités humaines et matérielles de l’institut sont soumises à une forte pression.

Au Département de biologie médico-légale de l’Institut national de médecine légale, les analyses ADN des restes de martyrs sont actuellement réalisées par seulement quatre à cinq experts en moyenne. Avec ces effectifs, même en travaillant jour et nuit, la capacité maximale n’est que d’environ 50 échantillons par mois.

Le problème ne se limite pas au manque de personnel : une grande partie des équipements acquis au cours des périodes précédentes n’est plus réellement adaptée aux méthodes d’analyse actuellement utilisées.

Pendant la période de transfert technologique, les méthodes traditionnelles continueront d’être utilisées comme première étape de filtrage, avant le recours aux technologies génomiques de nouvelle génération pour les cas complexes. Photo : VOV
Pendant la période de transfert technologique, les méthodes traditionnelles continueront d’être utilisées comme première étape de filtrage, avant le recours aux technologies génomiques de nouvelle génération pour les cas complexes. Photo : VOV

Renforcer les moyens humains et technologiques

Chu Thi Thuy, experte en médecine légale à l’Institut national de médecine légale, explique : « Les dirigeants du ministère de la Santé accordent également une grande attention à cette question et souhaitent mettre à la disposition de l’institut des personnels spécialisés en biotechnologie provenant d’autres unités. Mais pour qu’un spécialiste puisse acquérir une expertise approfondie en analyse ADN, nous devons assurer une formation individuelle pendant trois mois. Par ailleurs, pour appliquer de nouvelles techniques, nous devons également suivre des formations spécialisées. Il nous faut donc préparer dès maintenant les personnels qui participeront aux analyses ADN dans le cadre de la campagne ».

Selon les estimations, le fonctionnement d’un système d’analyse ADN capable de traiter 10 000 échantillons par an nécessite entre 50 et 60 spécialistes qualifiés.

Pour répondre au caractère urgent de la Campagne des 500 jours et nuits, le gouvernement a demandé aux organismes concernés d’examiner les besoins et de proposer un renforcement des effectifs, tant pour le système actuel que pour les nouvelles technologies.

Il a également demandé d’accélérer l’achèvement des laboratoires propres répondant aux normes requises, afin de permettre la mise en service du nouveau système d’analyse ADN.

Le professeur associé et docteur Phi Quyet Tien, directeur de l’Institut de biologie de l’Académie des sciences et technologies du Vietnam, indique : « Nous assurerons la formation des unités chargées des analyses, avec des formations théoriques approfondies et des exercices pratiques. Par la suite, les personnels mettront immédiatement en pratique ces acquis sur les équipements dont chaque unité d’analyse sera dotée ».

Accélérer l’identification grâce aux nouvelles technologies génomiques

Parallèlement à la formation du personnel, la normalisation des données concernant les proches des martyrs constitue également une étape essentielle pour améliorer l’efficacité des analyses.

Selon le calendrier établi, le ministère de la Sécurité publique achèvera avant le 30 novembre de cette année le prélèvement d’échantillons biologiques auprès des proches des martyrs afin de normaliser les données.

Pendant la période de transfert technologique, les méthodes traditionnelles continueront d’être utilisées comme première étape de filtrage, avant le recours aux technologies génomiques de nouvelle génération pour les cas complexes.

Cette approche permet à la fois d’optimiser les ressources et de garantir la plus grande précision possible des résultats.

Le professeur et docteur Chu Hoang Ha, vice-président de l’Académie des sciences et technologies du Vietnam, souligne : « Le laboratoire de la première phase sera mis en service au mois d’octobre. La deuxième phase consistera à accroître la capacité de traitement afin que chaque unité puisse analyser les restes d’environ 10 000 martyrs par an ».

La levée coordonnée des différents obstacles — formation de spécialistes hautement qualifiés, augmentation des capacités de traitement, achèvement des laboratoires propres, acquisition et mise en service des nouvelles technologies — devrait permettre de renforcer les capacités du système d’analyse ADN. Elle contribuera ainsi à accélérer l’identification des martyrs et à permettre à un plus grand nombre d’entre eux de retrouver leur famille.

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