Le 21 août à Khanh Hoa, le ministère vietnamien des Sciences et des Technologies, l’Académie des sciences et technologies du Vietnam et le Comité populaire provincial ont organisé un séminaire consacré aux sciences, aux technologies, à l’innovation et à la transformation numérique dans la mise en œuvre de la Résolution n° 20 du Comité central sur la construction et le développement du Vietnam en tant que puissance maritime.
Lors de la rencontre, le ministre des Sciences et des Technologies Vu Hai Quan a souligné la portée stratégique de cette résolution pour son secteur. Alors que les sciences et technologies étaient auparavant considérées principalement comme des outils venant soutenir différents secteurs de l’économie maritime, la nouvelle étape doit, selon lui, conduire à un changement d’approche. Il ne s’agit plus seulement d’étudier et d’exploiter la mer, mais de renforcer progressivement la capacité à en maîtriser les connaissances, les données, les technologies et les innovations.
« L’espace maritime doit devenir un espace de développement fondé sur les connaissances et les technologies », a-t-il déclaré.
Le 7 août, le gouvernement avait adopté la Résolution n° 218 portant programme d’action pour mettre en œuvre la Résolution n° 20. Pour le ministère des Sciences et des Technologies, les missions prévues forment un ensemble articulant recherche scientifique, études fondamentales, données, technologies, innovation, ressources humaines, infrastructures de recherche et coopération internationale.
Le ministre a proposé de concentrer les travaux du séminaire sur plusieurs priorités pour la période 2026-2030 : sélectionner des projets maritimes majeurs dans les domaines scientifique, technologique et numérique ; définir les modèles et critères permettant de créer deux à trois organismes de recherche maritime de premier plan ; élaborer un modèle national de gouvernance des données maritimes ; identifier les technologies maritimes, océaniques et à double usage à développer en priorité ; et mettre au point des mécanismes permettant de mobiliser les ressources de l’État, des instituts de recherche, des universités, des entreprises, des collectivités locales et des partenaires internationaux.
Le ministère relève toutefois plusieurs lacunes : données encore limitées issues des études fondamentales sur la mer, infrastructures de données insuffisamment interconnectées, manque de navires de recherche hauturière et de robots autonomes, capacités encore limitées en matière de technologies des grands fonds et de surveillance maritime. Le réseau des instituts et établissements universitaires reste par ailleurs dispersé, tandis que la participation des entreprises à l’innovation demeure limitée.
Dans ce contexte, l’une des orientations proposées consiste à concentrer les ressources sur cinq à sept grands projets interdisciplinaires et interrégionaux, assortis de résultats clairement définis pour 2026-2030. Les domaines évoqués comprennent les données et la cartographie numériques maritimes, l’intelligence artificielle appliquée à la gestion maritime, l’observation et la prévision, les technologies des grands fonds, les technologies à double usage, l’aquaculture industrielle, les biotechnologies marines, l’environnement marin et les énergies offshore.
Tran Tuan Anh, vice-président de l’Académie des sciences et technologies du Vietnam, estime qu’une puissance maritime ne se mesure pas uniquement au nombre de ports ou de navires, ni à la taille de son économie maritime.
Elle doit aussi être capable de comprendre, de prévoir et de gérer son espace maritime, d’exploiter durablement ses ressources et de développer progressivement des technologies maritimes modernes.
Dans le secteur de l’aquaculture marine, Như Van Can, vice-directeur du Département des pêches et du contrôle des pêches, a indiqué que l’objectif fixé à l’horizon 2030 était notamment de réduire l’exploitation côtière et d’accroître l’aquaculture en mer, avec une croissance annuelle visée de 8 % en valeur et une part de 15 % pour l’aquaculture marine.
Le secteur reste cependant largement fragmenté : le Vietnam compte environ 9 000 exploitations, dont plus de 80 % utilisent encore des cages en bois traditionnelles à l’échelle familiale. Les dégâts causés par les tempêtes renforcent également la nécessité d’une modernisation technologique et d’une transformation numérique couvrant l’ensemble de la chaîne de production.
Pour Dao Viet Ha, présidente du Comité intergouvernemental d’océanographie du Vietnam et membre de la Commission juridique et technique de l’Autorité internationale des fonds marins, la coopération internationale constitue un levier important pour accéder aux technologies modernes, renforcer les compétences et développer progressivement la maîtrise de l’espace maritime.
À l’horizon 2030, les experts préconisent notamment de renforcer la recherche fondamentale, les bases de données maritimes, les systèmes d’observation en temps réel et les recherches en océanographie profonde, tout en développant un vivier de spécialistes et des politiques destinées à attirer les jeunes talents.