Le village de Hoai Khao se trouve dans la commune de Thanh Cong, province de Cao Bang (au nord du Vietnam), à environ 60 km de l’ancien centre-ville de Cao Bang.
Niché dans une vallée à près de 1 000 mètres d’altitude, il est entouré de montagnes, de forêts, de rizières et de collines verdoyantes.
Hoai Khao compte 34 foyers Dao Tien. Le village se distingue par son architecture et ses modes de vie traditionnels, préservés au fil des générations.
Depuis 2022, la localité développe un modèle de tourisme communautaire qui accueille des visiteurs désireux de découvrir la culture locale, selon le Service de la culture, des sports et du tourisme de la province de Cao Bang.
La particularité de Hoai Khao réside dans ses maisons traditionnelles en bois couvertes de tuiles yin-yang, regroupées dans la vallée.
Certains habitants ont transformé ces maisons en homestays pour proposer aux visiteurs un hébergement et des repas.
Selon l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, début 2026, sept foyers de Hoai Khao exploitaient des homestays, créant ainsi des revenus complémentaires à ceux issus de l’agriculture.
Au-delà de l’architecture des maisons en bois, la culture de Hoai Khao se manifeste également dans les vêtements et les activités quotidiennes. Les femmes Dao Tien portent des vestes indigo et des jupes ornées de motifs blancs, assorties de foulards et de bijoux en argent.
Le nom de l’ethnie Dao Tien est lié aux pièces d’argent utilisées dans les costumes traditionnels. Outre leur fonction décorative, les motifs des vêtements témoignent de savoir-faire artisanaux et de conceptions esthétiques transmis de génération en génération.
Les visiteurs peuvent découvrir les techniques de confection des costumes, déguster des spécialités locales, écouter le chant traditionnel Pao Dung des Dao et s’initier à certains métiers artisanaux présentés par les habitants, comme l’impression à la cire d’abeille.
L’impression de motifs à la cire d’abeille constitue une étape essentielle dans la confection des costumes des Dao Tien.
L’artisan fait chauffer la cire, puis utilise des outils fabriqués en bambou pour l’appliquer sur une étoffe blanche. Des cercles, des lignes droites et des angles permettent de créer des motifs géométriques disposés selon une composition précise.
Trang Vuong, venue de Hanoï, s’essaie à l’application de motifs à la cire d’abeille sur du tissu, sous la direction d’une femme Dao Tien.
Cette étape exige une grande minutie : la cire doit être à la bonne température, les traits réguliers et les motifs bien proportionnés. La moindre irrégularité peut affecter l’ensemble du dessin.
Les femmes Dao Tien apprennent généralement cette technique auprès de leur mère ou de leur grand-mère.
Une fois les motifs en cire d’abeille appliqués, le tissu est soumis à un processus de teinture à l’indigo.
Cette teinture traditionnelle est extraite de l’indigotier (voir illustration), ce qui confère au tissu la teinte bleu foncé caractéristique des vêtements portés par le peuple Dao Tien.
Ban Thi Lien, une femme Dao Tien vivant à Hoai Khao, vérifie les ingrédients utilisés pour teindre le tissu à partir de feuilles d’indigo.
Dans le processus de confection des costumes traditionnels, les feuilles sont préparées pour obtenir un bain de teinture dans lequel le tissu est plongé à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il prenne une couleur bleu foncé.
Les étoffes teintes sont ensuite mises à sécher. Les parties imprimées à la cire résistent à la teinture. Lorsque la cire est retirée à l’eau chaude, les motifs blancs apparaissent sur le fond indigo.
La ciselure de l’argent est également un artisanat emblématique de la communauté Dao Tien de Hoai Khao. Les artisans fabriquent des bracelets, des colliers, des boucles d’oreilles et des éléments décoratifs destinés aux costumes traditionnels.
Dans la vie des Dao Tien, l’argent est un ornement lié aux coutumes et aux croyances associées à la chance et à la paix.
Selon le Service de la culture, des sports et du tourisme de la province de Cao Bang, le tourisme communautaire a permis aux habitants de Hoai Khao de diversifier leurs revenus au-delà des cultures agricoles et de l’élevage.
Les foyers qui ne proposent pas d’hébergement peuvent également participer à la préparation des repas, à la présentation des métiers traditionnels, à la fabrication de produits artisanaux ou aux services destinés aux visiteurs.