Pour concrétiser cette ambition, le Service du tourisme de Hanoï a réuni, le 30 juin, experts, guides et professionnels du secteur afin d'expérimenter un nouveau circuit reliant les Quatre Temples protecteurs de Thang Long au temple Ngoc Son.
Longtemps, les temples de Thang Long ont été considérés comme des étapes incontournables pour découvrir l'histoire de la capitale vietnamienne. Mais, face à l'évolution des attentes des voyageurs internationaux, davantage en quête d'expériences authentiques que de simples visites de monuments, Hanoï entend désormais proposer une nouvelle lecture de son patrimoine.
Le projet présenté lors de cette visite d'étude prévoit un itinéraire reliant les quatre temples protecteurs de l'ancienne cité impériale — Bach Ma à l'est, Voi Phuc à l'ouest, Kim Lien au sud et Quan Thanh au nord — au temple Ngoc Son, situé sur le lac Hoan Kiem, véritable cœur historique de la ville.
L'objectif n'est plus seulement de conduire les visiteurs d'un monument à l'autre, mais de raconter une histoire cohérente, où chaque étape révèle une facette de l'identité culturelle de Hanoï.
Chaque visiteur recevra ainsi un carnet de parcours lui permettant de découvrir les légendes associées à chaque sanctuaire, de résoudre des énigmes et de collecter différents indices tout au long de l'itinéraire. Cette approche ludique entend faire du patrimoine un récit vivant plutôt qu'une simple succession d'explications historiques.
Au-delà des monuments, le circuit met également en valeur le patrimoine immatériel de la capitale.
Dans le Vieux Quartier, les visiteurs pourront façonner un tò he, ces figurines traditionnelles réalisées en pâte de riz colorée, découvrir la maison patrimoniale du 87 Ma May, témoin de l'architecture hanoïenne du début du XXᵉ siècle, ou encore déguster le célèbre café aux œufs au Café Giang, établissement fondé en 1946 et considéré comme le berceau de cette spécialité aujourd'hui emblématique du Vietnam.
Certaines expériences seront inédites
Le temple Quan Thanh envisage notamment d'ouvrir exceptionnellement au public son clocher, habituellement inaccessible. Depuis cette galerie surélevée, les visiteurs pourront admirer le sanctuaire sous un angle rarement offert au grand public.
D'autres objets emblématiques inspirés des quatre temples — statuettes en céramique, reproductions d'éléphants protecteurs ou objets artisanaux — devraient également être développés afin de créer une véritable identité visuelle autour de cet itinéraire patrimonial.
Pour Tran Trung Hieu, directeur adjoint du Service du tourisme de Hanoï, l'enjeu dépasse largement la création d'un nouveau produit touristique.
« La valeur d'un produit touristique ne réside pas dans le nombre de sites visités, mais dans l'émotion qu'il suscite et dans les souvenirs qu'il laisse aux visiteurs. Aujourd'hui, les voyageurs souhaitent comprendre les histoires qui se cachent derrière les monuments et vivre des expériences culturelles authentiques. »
Cette évolution répond à une tendance observée dans de nombreuses destinations patrimoniales à travers le monde : le tourisme culturel ne consiste plus seulement à contempler des monuments, mais à créer une relation entre le visiteur et le territoire.
Le projet s'inscrit également dans la stratégie de Hanoï visant à faire des industries culturelles l'un des moteurs de son développement économique. Les autorités souhaitent renforcer les liens entre patrimoine, artisanat, gastronomie, création contemporaine et tourisme afin d'accroître l'attractivité internationale de la capitale.
À terme, les Quatre Temples protecteurs de Thang Long et le temple Ngoc Son pourraient ainsi devenir l'un des grands itinéraires culturels de Hanoï.
Plus qu'un nouveau circuit touristique, cette initiative traduit une évolution de la manière de valoriser le patrimoine vietnamien : moins centrée sur l'accumulation de monuments à visiter que sur la richesse des expériences vécues, des rencontres et des récits qui donnent vie à l'histoire.