Situé à proximité de la route nationale 1A, enjambant la rivière Binh Ba et reliant la commune de Tuy An Dông au quartier de Xuan Dai (province de Dak Lak), le pont Ong Cop est depuis longtemps devenu un symbole singulier de la région du « pays des fleurs jaunes sur l’herbe verte ».
Il s’agit non seulement du plus long pont en bois du Vietnam, mais aussi de celui dont la durée de vie est la plus courte.
Chaque année, pendant la saison des pluies, le pont en bois Ong Cop est emporté par les crues, ne laissant que quelques pilotis au milieu de l'eau.
Lorsque le temps s’éclaircit et que les eaux se retirent, les habitants le reconstruisent pour le remettre en service.
La durée de vie moyenne du pont Ong Cop n'est que de 9 à 10 mois.
Long d’environ 800 mètres et large d’environ 2 mètres, le pont est entièrement construit en bois et en bambou.
Depuis de nombreuses années, il constitue un axe de circulation essentiel permettant aux habitants des deux rives de se déplacer, d’échanger et de maintenir leurs activités quotidiennes.
Selon Pham Van Khoa, 44 ans, l’un des habitants chargés de la gestion du pont, ce pont en bois existe depuis près de 30 ans. Il est profondément ancré dans la mémoire collective et fait partie intégrante de la vie de plusieurs générations locales.
Le pont a été construit par les familles locales qui ont contribué financièrement et en main-d'œuvre afin de réduire la distance entre le quartier de Xuan Dai et la commune de Tuy An Dong à environ 1 km, évitant ainsi un détour de plus de 10 km.
Cet ouvrage, construit de manière artisanale et rudimentaire pour un coût proche d’un milliard de dôngs, est constitué de planches issues de troncs de filaos et d’eucalyptus.
La particularité du pont Ong Cop réside dans son système d’assemblage sans clous ni vis : les éléments en bois et en bambou sont fixés entre eux par des fils métalliques ou des attaches traditionnelles habilement nouées.
Au passage des véhicules, le pont oscille légèrement et émet un grincement caractéristique.
Le fait que le pont soit emporté chaque année par les crues est devenu, pour les habitants, une évidence, une fatalité devenue naturelle.
Cette « renaissance » annuelle confère au pont Ong Cop une identité culturelle unique dans cette région régulièrement touchée par les inondations.
Autour du pont se nichent de paisibles petits villages de pêcheurs, où de vieilles maisons de tuiles se blottissent à l'ombre de cocotiers.
Les premiers et derniers rayons du soleil du jour se reflètent sur la rivière Binh Ba, mettant en valeur la silhouette élancée de la structure.
À proximité du pont, on aperçoit des pêcheurs lançant leurs filets et leurs lignes.
Le spectacle de filets de pêche, de bassins à crevettes et de radeaux d'ostréiculture et de pisciculture, densément regroupés à la surface de l'eau, confère à cet estuaire un caractère unique.
L’ombre du pont de bois s’étire sur l’eau, composant une scène qui captive autant les visiteurs que les photographes.