Le 4e Plénum du Comité central du PCV du XIVe mandat, tenu du 5 au 8 octobre 2026, a examiné un projet de stratégie nationale visant à attirer et à valoriser les talents dans les secteurs prioritaires, afin de soutenir un développement rapide et durable du pays.
Lors d'une réunion consacrée à cette stratégie, le 24 août, avec le Comité du Parti du gouvernement, le secrétaire général du PCV et président de la République, To Lam, avait souligné que la formation, l'attraction et la valorisation des talents devaient s'inscrire dans la stratégie globale de développement national, en donnant la priorité aux intérêts du pays et à la réalisation de ses objectifs stratégiques.
Le projet repose sur un principe clair : les talents constituent une ressource stratégique spéciale, dont la valorisation doit aller de pair avec une réforme de la gestion des cadres.
L'objectif général est de placer le Vietnam parmi les trois pays de l'ASEAN les mieux classés en matière de compétitivité mondiale des talents d'ici 2030.
Plus précisément, les personnes talentueuses devront représenter au moins 20 % des nouvelles recrues dans le secteur public, avec pour objectif de les fidéliser à 100 % au-delà de cinq ans.
La proportion de talents formés dans les domaines scientifiques et technologiques devra atteindre 60 % en 2030 et 100 % en 2050.
Parmi les principales mesures envisagées figurent la modernisation des procédures de recrutement, une évaluation fondée sur les résultats concrets plutôt que sur les seuls diplômes, une plus grande autonomie accordée aux personnes qui prennent des initiatives, accompagnée de garanties de protection, ainsi qu'une politique de rémunération et d'avantages adaptée.
Mais comment définir un talent ?
Selon la décision n° 899/QD-TTg du 31 juillet 2023 du Premier ministre, portant approbation de la Stratégie nationale d'attraction et de valorisation des talents à l'horizon 2030, avec une vision jusqu'en 2050, plusieurs critères sont retenus : une conduite éthique exemplaire, la volonté de contribuer au développement du pays et de servir la population, des compétences professionnelles et des capacités de réflexion et de création exceptionnelles, ainsi que des réalisations concrètes ayant contribué au progrès d'un secteur, d'une localité ou du pays.
La stratégie cible quatre grandes catégories : les élèves et étudiants aux résultats remarquables ; les jeunes chercheurs capables de mener des travaux scientifiques de qualité de manière autonome et créative ; les personnes talentueuses dans les domaines de la culture, des arts, du sport et d'autres professions ; ainsi que les entrepreneurs, gestionnaires et dirigeants compétents.
Bien que l'attraction et la valorisation des talents fassent l'objet d'une stratégie nationale spécifique, celle-ci doit s'inscrire dans une vision plus large.
Les talents constituent une ressource précieuse pour le pays, et les politiques qui leur sont consacrées doivent être étroitement liées à la stratégie générale de développement socio-économique.
Autrement dit, la politique des talents fait partie intégrante de la stratégie de développement national. Il s'agit, à chaque étape du développement, d'identifier les compétences nécessaires, de confier aux personnes concernées les missions appropriées et de leur donner les moyens d'agir.
Le Parti et l'État ont toujours accordé de l'importance au recrutement et à la valorisation de personnes alliant intégrité morale et compétences professionnelles.
Aujourd'hui, à l'heure de la transformation numérique et face aux nouvelles exigences du développement, l'adoption d'une stratégie nationale cohérente et globale en matière de talents devient une nécessité urgente.
Les modes de gouvernance publique et de gestion des entreprises évoluent profondément.
Pour réaliser des avancées majeures, ils doivent désormais s'appuyer sur l'innovation, les technologies numériques et une main-d'œuvre hautement qualifiée.
Le cadre juridique et les mécanismes destinés à attirer les talents ont été progressivement élargis.
Cette nouvelle approche conduit l'État, les organisations et les entreprises à ne plus attendre que les personnes qualifiées se présentent spontanément, mais à rechercher activement les compétences dont ils ont besoin.
Les politiques d'attraction des talents ne se limitent plus à des avantages immédiats. Elles reposent désormais sur trois principes : recruter la bonne personne, lui confier la bonne mission et lui offrir un environnement de travail adapté.
Attirer les talents et les convaincre de s'engager durablement reste toutefois un défi.
Face à une concurrence intense, les employeurs doivent proposer des rémunérations et des avantages attractifs, mais aussi des critères d'évaluation transparents et un cadre professionnel répondant aux attentes croissantes des candidats.
Les experts préconisent la mise en place de mécanismes novateurs pour identifier, attirer et valoriser les talents.
Il s'agit notamment de traduire les orientations du Parti en dispositions juridiques concrètes, de répondre aux besoins en personnel hautement qualifié des organismes et organisations du système politique, tout en définissant des priorités et une vision à long terme en matière de formation, de recrutement et de valorisation des talents.
Ces mécanismes doivent reposer sur des critères d'évaluation objectifs et pertinents, qui ne privilégient pas uniquement les diplômes, mais tiennent également compte des capacités intellectuelles, des compétences pratiques, des résultats professionnels et des qualités morales.
Une coopération plus étroite entre les organes du Parti, les administrations publiques et les établissements d'enseignement est également nécessaire.
Des dispositifs devraient aussi permettre aux citoyens de participer davantage à l'identification et à la recommandation de personnes talentueuses.
La valorisation des talents exige, quant à elle, une organisation rationnelle du travail, afin de confier à chacun des responsabilités correspondant à ses compétences.
Cette approche doit à la fois améliorer l'efficacité des institutions et encourager les personnes recrutées à s'investir pleinement dans leurs missions. Elle doit s'accompagner d'une définition claire des tâches, des pouvoirs, des ressources, des responsabilités et des résultats attendus.
Les textes réglementaires devront prévoir des dispositions précises, tenant compte des capacités en matière d'effectifs, de financement et de ressources de chaque ministère, secteur et localité. Ils devront également garantir une concurrence saine et une répartition équilibrée des ressources entre les différents secteurs et territoires.
Enfin, le projet de stratégie nationale devra répondre aux insuffisances déjà relevées par le secrétaire général du PCV et président de la République, To Lam.
Celui-ci avait rappelé que, malgré les nombreuses orientations, politiques et dispositions législatives adoptées par le Parti et l'État en matière de formation, d'attraction, de valorisation et de protection des talents, les résultats obtenus restaient limités et ne répondaient pas encore aux exigences du développement national dans la nouvelle période.