Cérémonie de salut des âmes des défunts dans le plus grand temple taoïste des Hoa

Au temple Khanh Van Nam Vien, des centaines de personnes portent les tablettes funéraires de leurs proches et accomplissent le rituel du passage sur le pont, priant pour que leurs âmes trouvent rapidement le salut durant le « mois des âmes errantes ».

Dans l’après-midi du 19 août (7e jour du 7e mois lunaire), quelque 400 personnes de la communauté Hoa se sont réunies au Khanh Van Nam Vien, situé dans le quartier de Minh Phung, à Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, avec des tablettes funéraires, de l’encens et des offrandes pour participer à la cérémonie de salut des âmes des défunts.

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Selon les croyances taoïstes, le 7e mois lunaire est appelé le « mois des âmes errantes ». Durant cette période, le roi des Enfers ouvre les portes du monde souterrain, permettant aux âmes de revenir dans le monde des vivants pour veiller sur leurs descendants avant de renaître dans une autre existence. Les portes se referment à minuit le 14e jour du 7e mois lunaire. La cérémonie de salut des âmes des défunts est l’occasion pour les fidèles de dresser des autels et de faire des offrandes afin de prier pour les âmes qui errent encore dans le monde des vivants.
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Vers 15 heures, l’espace réservé aux tablettes funéraires dans le temple est bondé. Chacun tient un long bâton d’encens d’environ un demi-mètre et attend le début de la cérémonie.
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Les tablettes funéraires avaient été déposées dans le temple dès le début du 7e mois lunaire. Selon l’importance des offrandes, elles sont fabriquées spécialement en papier et en bambou, ou simplement ornées du nom et de la photo du défunt.
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Chaque bâton d’encens représente généralement une âme. Une enveloppe contenant des feuilles de pamplemoussier et de trac bach diep (Platycladus orientalis) y est attachée, afin que les esprits maléfiques ne suivent pas les âmes des ancêtres. « C’est l’occasion de prier pour le salut des âmes et pour exprimer notre respect envers nos ancêtres et nos proches disparus », explique Mme Tran Ai Quan.
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Vers 15h 20, des prêtres et prêtresses taoïstes récitent des prières et accomplissent les rites à l’intérieur du temple. La cérémonie, conforme aux pratiques taoïstes, est accompagnée de musique traditionnelle et de prières récitées en chinois pendant une quinzaine de minutes.
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À l’issue de la cérémonie, les fidèles s’approchent des tablettes de leurs proches pour brûler de l’encens, avant de se préparer au rituel du passage sur le pont, l’un des moments les plus importants de la cérémonie.
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Mme My Oanh brûle de l’encens devant les tablettes de ses parents. Selon elle, pour la communauté Hoa, les rites de cette cérémonie revêtent une profonde signification : ils expriment le souhait que les âmes des proches disparus trouvent rapidement le salut et puissent renaître dans une autre existence.
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Les fidèles portant les tablettes de leurs proches se dirigent ensuite à tour de rôle vers la cour pour accomplir le rituel du passage sur le pont. En raison du nombre important de participants, le temple organise la cérémonie par groupes afin d’éviter les bousculades et demande aux fidèles de ne pas traverser la zone située devant la salle principale.
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Dans la cour, un pont métallique d’un demi-mètre de haut et de deux mètres de long est installé pour permettre aux fidèles de le franchir. Selon la croyance, ce pont relie le monde des vivants à celui des morts et permet aux âmes de passer de l’autre côté pour trouver le salut. Pendant toute la durée du rituel, les proches doivent également veiller à ce que leur bâton d’encens reste allumé jusqu’à la fin de la cérémonie. Les âmes des ancêtres et des proches disparus sont ainsi censées suivre la fumée de l’encens pour retourner auprès de leurs descendants.
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Mac Si Phu, 35 ans, porte une tablette dédiée à un proche et jette de la petite monnaie en franchissant le pont. « En avançant, chacun jette de la petite monnaie en offrande aux esprits affamés qui gardent le pont sous la rivière, afin qu’ils ne fassent pas obstacle aux âmes », explique-t-il. C’est la troisième année consécutive qu’il participe à cette cérémonie au Khanh Van Nam Vien.
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Les tablettes funéraires sont ensuite toutes brûlées lors d’un rituel dans une tour située près de l’entrée du temple, marquant la fin d’une semaine de cérémonies.

D’une superficie de plus de 2 000 m², le Khanh Van Nam Vien est originaire du district de Nam Hai, dans la province chinoise du Guangdong. Introduit à Sai Gon - Cho Lon en 1936, il compte aujourd’hui plus de 2 000 fidèles. Il s’agit de l’un des rares temples taoïstes du Sud et du plus grand, réunissant des éléments des « trois enseignements en une même origine » : le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme.

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