Vietnam : la voix des communautés au cœur de la préservation du patrimoine

Le Réseau des Pionniers du Vietnam offre aux minorités ethniques un espace pour faire entendre leur voix et participer directement à la préservation et à la transmission de leur patrimoine.

La danse Xòe traditionnelle des Thái lors du Festival de rue « Quintessence du Nord-Ouest ». Photo : VNA.
La danse Xòe traditionnelle des Thái lors du Festival de rue « Quintessence du Nord-Ouest ». Photo : VNA.

La Résolution n°80-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne souligne que la valorisation du patrimoine culturel doit aller de pair avec le rôle central des communautés. Le patrimoine ne reste véritablement vivant que lorsqu’il est respecté, pratiqué et transmis de génération en génération par ceux qui en sont les détenteurs.Fondées sur une approche centrée sur les communautés, de nombreuses initiatives de préservation permettent aujourd’hui aux habitants de participer à la sauvegarde et à la transmission de leurs propres valeurs culturelles, contribuant ainsi à préserver la diversité culturelle des groupes ethniques. Créé en 2025, le Réseau des Pionniers du Vietnam vise à offrir aux minorités ethniques un espace où elles peuvent elles-mêmes raconter leur patrimoine, afin de réduire les préjugés ethniques et de favoriser une meilleure compréhension de la diversité culturelle.

À ce jour, le réseau réunit des membres de plus de 20 minorités ethniques dans plusieurs provinces et villes, dont Can Tho, Lam Dong, Quang Tri, Nghe An, Thai Nguyen, Lao Cai et Dien Bien. Les groupes locaux peuvent proposer leurs propres initiatives et choisir les aspects de leur culture qu’ils souhaitent faire connaître.

Sohaniim, membre du comité de coordination et de communication du Réseau des Pionniers du Vietnam, explique que, dans l’organisation et la mise en œuvre de ses activités, la priorité est de faire en sorte que la voix des communautés soit davantage prise en compte dans la préservation et la valorisation de leur culture.

Le Réseau des Pionniers du Vietnam a mis en œuvre plusieurs projets consacrés à la préservation de la culture et des savoirs locaux. Parmi eux figurent « Tisser notre histoire », qui explore la signification des motifs des costumes traditionnels des Chăm, Pà Thẻn, Mường et Thái, ainsi que le livre « Le courant des couleurs », consacré à des récits sur la culture et le patrimoine des minorités ethniques. D’autres initiatives, telles que « À la recherche des berceuses », « Transmettre les contes anciens » et « Un patrimoine à ne pas oublier », visent à préserver les chants populaires, les langues, les métiers traditionnels, la mémoire culturelle et les savoirs accumulés au sein des communautés.

Selon les experts qui accompagnent cette initiative, le Réseau des Pionniers du Vietnam constitue un espace de dialogue entre les communautés ethniques minoritaires. Fondé sur une approche centrée sur les communautés, ce modèle vise un développement qui part des communautés, est porté par elles et répond à leurs besoins.

Au village de Hoa Tien, commune de Chau Tien, province de Nghe An, le Réseau des Pionniers du Vietnam organise avec les autorités locales le programme annuel « Symphonie multicolore », qui permet aux communautés ethniques minoritaires de partager leurs histoires, leurs savoirs locaux et leurs pratiques traditionnelles.

Placée cette année sous le thème « Les graines que l’on n’oublie pas », l’initiative vise à rappeler aux jeunes générations les liens entre l’homme et la nature et à les encourager à préserver les valeurs qui nourrissent la vie des communautés depuis des générations.

Nguyen Bao Ngoc, directrice de l’Institut d’études sur la société, l’économie et l’environnement, qui accompagne depuis plusieurs années le Réseau des Pionniers du Vietnam, salue les activités permettant aux différentes voix et aux divers besoins des communautés de s’exprimer.

Elle estime également que, pour assurer la pérennité des initiatives communautaires de préservation de la culture et du patrimoine, un soutien accru des autorités, des organisations sociales et des acteurs locaux est nécessaire.

VNA/NDEL
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