Directrice du Département du patrimoine culturel : mettre en place un mécanisme de « réaction rapide » pour rapatrier les antiquités précieuses

Le secteur culturel développe un écosystème moderne de conservation et de valorisation du patrimoine, tout en mobilisant les ressources nécessaires au rapatriement des antiquités d’origine vietnamienne conservées à l’étranger, afin de faire du patrimoine une ressource au service du développement.

Directrice du Département du patrimoine culturel : mettre en place un mécanisme de « réaction rapide » pour rapatrier les antiquités précieuses

Parallèlement au perfectionnement du cadre institutionnel et à la mise en place de mécanismes permettant de mobiliser les ressources sociales et le budget de l’État pour rapatrier les antiquités d’origine vietnamienne conservées à l’étranger, le secteur culturel construit progressivement un écosystème de conservation et de valorisation du patrimoine selon une approche cohérente et moderne. De l’expertise et de la conservation à l’aménagement des villes patrimoniales, en passant par la numérisation et la promotion du patrimoine vietnamien à l’étranger, l’objectif est de faire du patrimoine une ressource au service du développement, tout en préservant son authenticité, son intégrité et ses valeurs fondamentales.

À cette occasion, un journaliste du journal Nhân Dân s’est entretenu avec Mme Lê Thi Thu Hiên, directrice du Département du patrimoine culturel, au sujet des politiques et des solutions visant à protéger et à valoriser le patrimoine culturel vietnamien dans la nouvelle période.

Mettre en place un mécanisme de réaction rapide pour rapatrier les antiquités

Journaliste : Madame la Directrice, afin de concrétiser la politique d’exonération à 100 % des taxes pour le rapatriement à but non lucratif d’antiquités, ainsi que le mécanisme permettant d’allouer « en temps utile » des crédits pour acquérir aux enchères des antiquités à l’étranger, conformément à la Résolution n° 28/2026/QH16 de l’Assemblée nationale, en date du 24 avril 2026, comment le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme coordonnera-t-il son action avec les autres ministères afin de mettre en place une « procédure de réaction rapide » permettant au Vietnam de ne pas manquer les occasions de rapatrier ses trésors nationaux ?

Mme Le Thi Thu Hien, directrice du Département du patrimoine culturel : Afin d’institutionnaliser la Résolution n° 80-NQ/TW du Bureau politique, en date du 7 janvier 2026, sur le développement de la culture vietnamienne, l’Assemblée nationale a adopté la Résolution n° 28/2026/QH16, en date du 24 avril 2026, sur le développement de la culture vietnamienne. Le gouvernement a ensuite promulgué le décret n° 282/2026/NĐ-CP, en date du 14 juillet 2026, précisant certaines dispositions et modalités d’application de la Résolution n° 28/2026/QH16 du 24 avril 2026.

Ces textes ont permis de lever deux obstacles majeurs au rapatriement des antiquités : la création de mécanismes préférentiels pour mobiliser les ressources sociales et l’allocation en temps utile du budget de l’État. Ainsi, les organisations et les particuliers qui achètent, acquièrent aux enchères et rapatrient au Vietnam, à des fins non lucratives, des objets répondant aux conditions prévues par la réglementation bénéficient d’une exonération de 100 % des droits d’importation et des frais de douane et sont exonérés de taxe sur la valeur ajoutée.

Plus particulièrement, l’article 23 du décret n° 282/2026/NĐ-CP du gouvernement, en date du 14 juillet 2026, prévoit précisément les modalités d’allocation en temps utile des crédits nécessaires au rapatriement des trésors nationaux et des antiquités rares de grande valeur, d’origine vietnamienne, conservés à l’étranger.

Ainsi, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme identifie les objets conformément à la législation sur le patrimoine culturel et soumet au Premier ministre une proposition concernant le principe du recours au budget de l’État. Il constitue ensuite un dossier qu’il transmet au ministère des Finances afin que celui-ci le soumette à l’autorité compétente pour l’allocation des crédits. Ces crédits couvrent les dépenses nécessaires à l’achat ou à l’acquisition aux enchères, au transfert de propriété, aux services juridiques, à l’assurance, à l’emballage, au transport, à la conservation temporaire ainsi qu’à la sécurité et à la sûreté des objets.

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Le Thi Thu Hien, directrice du Département du patrimoine culturel. (Photo : fournie par l’intéressée)

Sur cette base, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme jouera le rôle de coordination avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Finances, le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et les représentations vietnamiennes à l’étranger afin de mettre en place un mécanisme d’alerte précoce, d’expertise et de traitement des dossiers. Le ministère des Affaires étrangères contribuera à la détection des opportunités, à la mise en relation des parties et au règlement des procédures dans le pays concerné ; le ministère de la Sécurité publique coopérera à la vérification de l’origine, de la légalité et d’éventuels signes de transactions illicites ; le ministère de la Justice apportera son soutien au règlement des questions de droit international ; tandis que le ministère des Finances assurera l’allocation des crédits et orientera les services douaniers dans l’application des politiques relatives aux taxes, aux frais et aux procédures douanières.

L’objectif est d’agir rapidement tout en garantissant la rigueur et la transparence, de déterminer correctement la valeur et l’origine légale des objets, de ne pas laisser passer les occasions de rapatrier les précieux éléments du patrimoine national, tout en assurant une utilisation efficace du budget de l’État. C’est sur cette base que sera mis en place un mécanisme de « réaction rapide », permettant de raccourcir les délais d’examen et de prise de décision et de garantir une coordination étroite et transparente entre les ministères et organismes à chaque étape du processus de rapatriement du patrimoine.

Constituer une équipe d’experts « gardiens » du patrimoine

Journaliste : Madame la Directrice, une fois les antiquités récupérées, leur expertise et leur présentation au public deviennent des questions urgentes. Comment le ministère utilisera-t-il les aides budgétaires de l’État pour constituer rapidement une équipe spécialisée dans l’expertise et la sélection des objets patrimoniaux, chargée de jouer le rôle de « gardien » de la qualité et de la valeur du patrimoine national ?

Mme Le Thi Thu Hien, directrice du Département du patrimoine culturel : La Loi sur le patrimoine culturel de 2024 précise, à son article 41, les conditions applicables à l’expertise des vestiges et des antiquités ainsi que les critères applicables aux experts, et établit clairement leur responsabilité devant la loi quant aux résultats de l’expertise. Le décret n° 308/NĐ-CP du gouvernement, en date du 28 novembre 2025, précisant certaines dispositions et mesures d’organisation et d’application de la Loi sur le patrimoine culturel, prévoit, à la section 2 du chapitre IV (articles 27, 28 et 29), l’ordre, les procédures et les dossiers relatifs à la délivrance, au renouvellement et au retrait des certificats d’expert en vestiges et antiquités. Ces dispositions rigoureuses contribueront à améliorer la qualité des experts chargés de l’expertise des vestiges et antiquités et à prévenir les infractions dans l’exercice de cette activité.

À l’heure actuelle, les experts dans les domaines de l’archéologie, de l’histoire, des beaux-arts, de la muséologie et des sciences des matériaux mettent globalement bien à profit leurs compétences et contribuent à déterminer l’authenticité, l’origine et la valeur des objets. Cependant, l’expertise est un domaine hautement spécialisé, qui repose largement sur les connaissances et l’expérience accumulées par les experts. À long terme, il est donc nécessaire de transmettre et de transférer les connaissances, de former une nouvelle génération d’experts et de renforcer l’application des sciences et des technologies dans ce domaine.

L’article 28 du décret n° 282/2026/NĐ-CP du gouvernement, en date du 14 juillet 2026, précisant certaines dispositions et modalités d’application de la Résolution n° 28/2026/QH16 de l’Assemblée nationale, en date du 24 avril 2026, sur le développement de la culture vietnamienne, prévoit un mécanisme d’aide financière à la formation et au perfectionnement, au Vietnam comme à l’étranger, des ressources humaines hautement qualifiées dans le domaine culturel. Deux groupes jouent directement le rôle de « gardiens » : les professionnels chargés de la sélection des œuvres et les experts chargés de l’expertise des œuvres culturelles et artistiques et du patrimoine culturel.

Développer les villes patrimoniales tout en préservant les valeurs fondamentales

Journaliste : À partir d’un patrimoine ayant fait l’objet d’une expertise rigoureuse, quels critères le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme proposera-t-il aux collectivités locales pour expérimenter le modèle de « ville patrimoniale », afin de tirer pleinement parti des avantages en matière foncière et de frais pour développer les industries culturelles, tout en préservant l’authenticité des valeurs fondamentales face aux pressions de la commercialisation, Madame la Directrice ?

Mme Lê Thi Thu Hiên, directrice du Département du patrimoine culturel : Afin d’institutionnaliser les dispositions relatives aux « villes patrimoniales » de la Résolution n° 28/2026/QH16 de l’Assemblée nationale, en date du 24 avril 2026, le décret n° 282/2026/NĐ-CP du gouvernement, en date du 14 juillet 2026, définit précisément les critères, les principes et les compétences permettant de déterminer le périmètre et les territoires concernés par l’expérimentation du modèle de ville patrimoniale culturelle. Il prévoit également des mécanismes et politiques préférentiels en matière foncière, ainsi que des exemptions et réductions de frais et redevances, afin de mobiliser des ressources pour la conservation et la valorisation du patrimoine et le développement des industries culturelles.

Ainsi, une collectivité locale peut être sélectionnée pour expérimenter le modèle de ville patrimoniale culturelle si elle répond à cinq groupes de critères : a) disposer d’un patrimoine lié au processus de formation et de développement de la localité et entretenant avec celle-ci une relation étroite, la valeur du patrimoine contribuant à façonner celle de la ville ; b) disposer d’au moins deux éléments de patrimoine culturel matériel, immatériel ou documentaire reconnus, classés ou inscrits par le Vietnam ou l’UNESCO, faisant l’objet d’une protection et d’une valorisation efficaces et contribuant au développement socio-économique, du tourisme et des industries culturelles ; c) disposer d’un règlement et d’un système efficaces de gestion, de protection et de valorisation du patrimoine culturel, garantissant la préservation des éléments d’origine, de l’espace culturel de la communauté, de la structure spatiale, des paysages et de l’architecture, ainsi qu’un contrôle approprié des activités de construction et de services dans la zone patrimoniale ; d) disposer d’une expérience pratique en matière d’investissement, de conservation, de restauration, de gestion et de valorisation du patrimoine, tout en garantissant un développement durable sur les plans culturel, économique, social et environnemental ; đ) disposer d’un site du patrimoine mondial dont la valeur économique globale a été évaluée et publiée à l’échelle internationale, ainsi que d’un musée répondant au moins aux normes de la catégorie II.

Le décret n° 282/2026/NĐ-CP du gouvernement, en date du 14 juillet 2026, prévoit des mécanismes préférentiels en matière foncière, ainsi que des exemptions et réductions de frais et redevances, pour les collectivités locales expérimentant le modèle de ville patrimoniale culturelle. L’application de ces mesures préférentielles doit être liée à la planification, aux plans de gestion et de protection du patrimoine culturel, afin de garantir qu’elles ne portent pas atteinte aux éléments d’origine, aux paysages, aux espaces culturels ni à la capacité d’accueil des infrastructures urbaines.

Les recettes provenant des droits d’entrée dans les sites historiques, les musées et les établissements culturels de la localité sont utilisées pour conserver, restaurer, réhabiliter et valoriser le patrimoine, créant ainsi un mécanisme permettant de réinvestir dans sa protection. Cette approche consiste à exploiter la valeur du patrimoine culturel afin de générer des ressources, tout en réinvestissant ces ressources dans la poursuite de sa protection et de sa valorisation, limitant ainsi le risque d’une commercialisation susceptible d’en dégrader les valeurs fondamentales.

L’objectif ultime est de faire émerger des « villes patrimoniales » dans lesquelles le patrimoine culturel ne soit pas séparé de la vie contemporaine, mais devienne une ressource pour le développement. Dans le même temps, toutes les activités d’exploitation et d’utilisation du patrimoine culturel à des fins de développement socio-économique, touristique et de développement des industries culturelles doivent respecter son authenticité, son intégrité, ses éléments d’origine, ses paysages et ses espaces culturels, tout en garantissant les intérêts des communautés détentrices du patrimoine.

CRITÈRES POUR L’EXPÉRIMENTATION DU MODÈLE DE « VILLE PATRIMONIALE »

Une collectivité locale peut être sélectionnée pour l’expérimentation si elle répond à cinq groupes de critères :

Disposer d’un patrimoine lié au processus de formation et de développement de la localité et contribuant à façonner la valeur de la ville.

Disposer d’au moins deux éléments du patrimoine reconnus, classés ou inscrits par le Vietnam ou l’UNESCO, et faisant l’objet d’une protection et d’une valorisation efficaces.

Disposer d’un système efficace de gestion, de protection et de valorisation du patrimoine, garantissant la préservation des éléments d’origine, des paysages et des espaces culturels.

Disposer d’une expérience en matière de conservation, de restauration et de valorisation du patrimoine, associée au développement durable.

Disposer d’un site du patrimoine mondial dont la valeur économique globale a été évaluée et publiée à l’échelle internationale, ainsi que d’un musée classé au moins en catégorie II.

CRITÈRES POUR L’EXPÉRIMENTATION DU MODÈLE DE « VILLE PATRIMONIALE »

- Une collectivité locale peut être sélectionnée pour l’expérimentation si elle répond à cinq groupes de critères :

- Disposer d’un patrimoine lié au processus de formation et de développement de la localité et contribuant à façonner la valeur de la ville.

- Disposer d’au moins deux éléments du patrimoine reconnus, classés ou inscrits par le Vietnam ou l’UNESCO, et faisant l’objet d’une protection et d’une valorisation efficaces.

- Disposer d’un système efficace de gestion, de protection et de valorisation du patrimoine, garantissant la préservation des éléments d’origine, des paysages et des espaces culturels.

- Disposer d’une expérience en matière de conservation, de restauration et de valorisation du patrimoine, associée au développement durable.

- Disposer d’un site du patrimoine mondial dont la valeur économique globale a été évaluée et publiée à l’échelle internationale, ainsi que d’un musée classé au moins en catégorie II.

Mettre en place un écosystème numérique pour rapprocher le patrimoine du public

Journaliste : Au-delà de l’espace physique, afin que le patrimoine ne reste pas cantonné à sa localité, quelles solutions le ministère envisage-t-il, Madame la Directrice, pour que les crédits destinés à la numérisation du patrimoine à l’échelle nationale et l’expérimentation du modèle de « musée ouvert » sur les plateformes numériques contribuent à créer un écosystème culturel numérique cohérent, permettant au public d’y accéder facilement à tout moment et en tout lieu ?

Mme Lê Thi Thu Hiên, directrice du Département du patrimoine culturel : Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme estime que la numérisation du patrimoine culturel doit être mise en œuvre de manière cohérente, interconnectée et concrète. Il ne faut pas que chaque musée ou chaque localité développe son propre système, sans possibilité d’interconnexion. Le budget central donnera la priorité au développement d’infrastructures communes, à la normalisation des données et à la numérisation des collections et des éléments patrimoniaux emblématiques. Les budgets locaux et les ressources mobilisées auprès de la société seront mis à contribution pour développer des contenus et des produits numériques adaptés aux spécificités de chaque localité.

Dans ce cadre, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a élaboré et finalisé la « Plateforme de gestion, de protection et de valorisation du patrimoine culturel », sur la base de la modernisation et de l’intégration des systèmes d’information de gestion du patrimoine culturel déjà déployés à l’échelle nationale. Il a également développé un nouveau système de cartographie numérique du patrimoine culturel, présenté les objets dans un environnement électronique, numérisé en 2D les 100 trésors nationaux et en 3D trois sites historiques nationaux spéciaux, puis intégré ces données à la nouvelle plateforme.

Le modèle de « musée ouvert » ne consiste pas seulement à étendre l’espace d’exposition au-delà des murs du musée, mais aussi à mettre en relation les musées avec les sites historiques, les communautés, les établissements scolaires et le public sur les plateformes numériques. Dans sa mise en œuvre, il convient de donner la priorité à la recherche et à la construction de récits attrayants, en plaçant la valeur du patrimoine culturel et les besoins du public au centre des préoccupations. Il faut également développer des contenus numériques modernes, concis, visuels et interactifs, adaptés aux tendances actuelles en matière de consommation de l’information et aux habitudes d’utilisation des technologies. La technologie doit servir d’outil pour raconter les histoires et améliorer l’expérience, et non se substituer au contenu scientifique ni à la valeur authentique du patrimoine culturel.

Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme publiera des orientations détaillées afin que les collectivités locales puissent mettre en œuvre le modèle de « musée ouvert », en définissant clairement les objectifs, les critères, les contenus, les modalités d’organisation, les exigences technologiques, les normes de données, les mécanismes de coordination et la mobilisation des ressources. Les données relatives aux objets seront progressivement normalisées, associées à des identifiants et connectées à la base de données nationale. Parallèlement, différents modes d’accès seront développés, notamment des présentations et expositions dans l’environnement électronique répondant aux besoins d’archivage, leur représentation sur des cartes numériques, la reconstitution d’objets historiques dans l’environnement numérique, la possibilité de visites à 360 degrés dans l’environnement numérique ou encore la reconstitution de formes d’art traditionnel, conformément au décret n° 277/2026/NĐ-CP du gouvernement, en date du 9 juillet 2026, relatif aux infrastructures culturelles numériques.

Les modèles pilotes qui auront démontré leur efficacité seront évalués, perfectionnés et étendus, dans le but de créer un écosystème culturel numérique unifié permettant au public d’accéder facilement au patrimoine culturel vietnamien, de le découvrir et d’interagir avec lui à tout moment et en tout lieu.

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Cérémonie de réception du code lors du Festival de Binh Da 2026. (Photo : Comité d’organisation du festival)

Journaliste : Une fois le patrimoine correctement conservé, aussi bien sur les sites physiques que dans l’environnement numérique, pourriez-vous nous indiquer, Madame la Directrice, quelles collections emblématiques le ministère a préparées afin d’utiliser de manière proactive les aides financières de l’État et d’organiser des expositions thématiques dans des musées prestigieux à travers le monde, achevant ainsi le processus visant à faire rayonner le patrimoine vietnamien à l’échelle mondiale ?

Mme Lê Thi Thu Hiên, directrice du Département du patrimoine culturel : À l’heure actuelle, le pays compte plus de 40 000 sites historiques et près de 70 000 éléments du patrimoine culturel immatériel recensés, parmi lesquels figurent 37 éléments inscrits par l’UNESCO (dont neuf éléments du patrimoine culturel matériel, 17 éléments du patrimoine culturel immatériel et 11 éléments du patrimoine documentaire) ; 149 sites historiques nationaux spéciaux classés par le Premier ministre ; 3 688 sites historiques nationaux ; 735 éléments du patrimoine culturel immatériel inscrits sur la Liste nationale du patrimoine culturel immatériel ; ainsi que 357 objets ou groupes d’objets reconnus par le Premier ministre comme trésors nationaux, dont 161 objets ou groupes d’objets sont conservés, exposés et valorisés dans des musées. Le pays compte 177 musées (dont 94 musées publics et 83 musées non publics), qui conservent et exposent plus de quatre millions de documents et objets, parmi lesquels figurent de nombreuses collections et pièces particulièrement rares et précieuses.

La Résolution n° 80-NQ/TW du Bureau politique, en date du 7 janvier 2026, identifie le renforcement de la promotion de la culture vietnamienne, l’accroissement de la puissance douce et le renforcement de la position du pays comme l’une des missions prioritaires. Concrétisant cette orientation, l’article 9, paragraphe 2, de la Résolution n° 28/2026/QH16 de l’Assemblée nationale, en date du 24 avril 2026, sur le développement de la culture vietnamienne, prévoit que l’État apporte un soutien financier aux entreprises qui mettent en œuvre des programmes de promotion, de présentation et d’exportation à l’étranger de produits culturels emblématiques du Vietnam. L’article 20 du décret n° 282/2026/NĐ-CP du 14 juillet 2026 précise en outre les modalités d’élaboration et d’organisation d’expositions thématiques consacrées à des collections emblématiques du patrimoine culturel vietnamien dans des musées prestigieux à travers le monde.

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Photo d'illustration

Sur cette base, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme demandera aux musées et aux collectivités locales de procéder à un examen et d’établir une liste des collections emblématiques de valeur, en donnant la priorité aux trésors nationaux, aux antiquités rares et précieuses et aux collections reflétant clairement l’identité culturelle vietnamienne à travers les différentes périodes. Dans un premier temps, l’accent sera mis sur les grandes cultures qui ont marqué l’histoire du Vietnam, notamment Phung Nguyen, Dong Son, Sa Huynh, Champa et Oc Eo ; les antiquités de la cour impériale ; les céramiques vietnamiennes ; les beaux-arts traditionnels et les beaux-arts de l’époque de l’Indochine ; le patrimoine culturel des différentes communautés ethniques ; ainsi que les réalisations culturelles vietnamiennes de la période moderne.

La sélection ne reposera pas uniquement sur la valeur et la rareté des objets et des collections. Il faudra également construire un récit scientifique et attrayant, capable d’entrer en dialogue avec le public international et conforme aux orientations de la politique extérieure du pays. En outre, chaque objet et chaque collection devront avoir une provenance clairement établie, répondre aux conditions de conservation et de transport, et faire l’objet de plans d’assurance, de sécurité et de sûreté approuvés par le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme donnera la priorité à la coopération avec des musées prestigieux et jouissant d’un large rayonnement dans les zones stratégiques pour les relations extérieures ainsi que dans les grands centres culturels du monde. À travers l’exposition d’objets originaux, associée à des contenus numériques, à des actions éducatives et de communication et à la présentation du patrimoine culturel immatériel, le ministère entend faire connaître un Vietnam doté d’une histoire millénaire, d’une identité culturelle riche, d’une grande créativité et ouvert sur le monde, afin de permettre progressivement au patrimoine culturel vietnamien de prendre une place plus importante dans la vie culturelle mondiale.

Journaliste : Nous vous remercions vivement, Madame la Directrice !

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