Le marché est devenu un rendez-vous familier pour les habitants des hautes terres. Photo : VOV.
Le marché est devenu un rendez-vous familier pour les habitants des hautes terres. Photo : VOV.

Le marché montagnard de Muong Lum

Depuis longtemps, les marchés périodiques font partie intégrante de la vie quotidienne des habitants des hautes terres de Muong Lum, dans la commune de Chieng Hac, province de Son La (au Nord-Ouest du Vietnam).

Lieu de commerce et de rencontres, ce marché contribue également à préserver et à faire rayonner l’identité culturelle locale, tout en devenant une destination d’expérience attrayante pour les visiteurs.

Depuis les villages de la commune de Chieng Hac, les communautés Thai, Hmong et Dao apportent au marché de Muong Lum les produits qu’elles ont elles-mêmes cultivés, élevés ou transformés. Chaque étal n’est pas seulement un lieu de commerce, mais raconte aussi une histoire liée à la terre, aux saisons agricoles et à la vie des habitants des hautes terres.

C’est l’occasion pour les habitants de présenter, promouvoir et écouler leurs produits typiques.

Fidèle au marché depuis près de dix ans, Lo Thi An, du village de Lum, indique que cette édition, organisée par le Comité populaire de la commune de Chieng Hac sous le thème « Retour au pays des souvenirs et de l’affection », est plus importante, animée et vivante que les précédentes. Les habitants ont préparé leurs marchandises dès la veille et en ont vendu davantage, tout en ayant l’occasion de se retrouver et d’échanger.

Les produits élevés, cultivés et soigneusement préparés par les habitants eux-mêmes sont apportés au marché.

Des dizaines d’étals ont été installés, proposant des légumes, des tubercules, des fruits, ainsi que des porcs, des poulets et de nombreux produits typiques des montagnes. Song A Lau, du village de Dao, explique que le marché permet aux habitants d’écouler leurs produits agricoles, de les faire connaître et d’entrer en contact avec des clients souhaitant passer commande.

L’étal du village de Dao, commune de Chieng Hac, propose une grande variété de légumes, tubercules, fruits…

L’ambiance du marché est également animée par des plats familiers tels que le riz gluant, le poisson grillé, le gâteau de riz gluant et la viande séchée suspendue au-dessus du foyer. Pham Quang Trung, venu de Thanh Hoa et qui découvre pour la première fois un marché des hautes terres, dit apprécier particulièrement les plats profondément ancrés dans la culture locale. Il en a acheté plusieurs spécialités pour sa consommation personnelle et pour offrir.

Le marché recrée également l’espace culturel des communautés ethniques.

Au-delà des activités commerciales, le marché de Muong Lum recrée également un espace culturel traditionnel. Au pied du banian de Nong Luong, un site historique où fut créée, en 1948, la première cellule du Parti communiste de l’ancien district de Yen Chau, des hommes âgés s’adonnent à la vannerie, tandis que des femmes âgées travaillent sur des métiers à tisser pour confectionner des khăn piêu (foulard piêu), des áo cóm (chemise cóm), des paniers, des sièges en rotin et des outils de pêche.

Les gardiens de l’âme et de l’identité culturelle thaïes à Muong Lum, Chieng Hac.

Quang Van Quyet, 73 ans, du village de Luong, raconte avoir appris la vannerie de son père et de son grand-père et souhaiter transmettre ce savoir-faire aux jeunes générations. Selon lui, préserver ce métier revient aussi à préserver la culture de la communauté ethnique, même si aujourd’hui les enfants et petits-enfants vont à l’école ou travaillent et ont donc peu de temps à consacrer à cette activité.

Le pilage du bánh dày, un plat traditionnel de la communauté Hmong.

Des produits familiers aux activités telles que le concours de pilage du bánh dày ou le jeu traditionnel du tu lu, le marché raconte ainsi, de manière simple et proche du quotidien, l’histoire de la vie, du travail et de l’identité culturelle des habitants des hautes terres.

Le marché est un lieu de rendez-vous pour les différentes communautés ethniques après des heures passées à travailler dans les champs et les rizières…

Muong Lum, aujourd’hui rattaché à la commune de Chieng Hac, signifie en langue thaï « mường oublié » ou « terre oubliée ». Autrefois considéré comme une terre « endormie » au cœur des montagnes du Nord-Ouest, ce territoire est à la fois une terre révolutionnaire et un lieu offrant des panoramas sur une mer de nuages, le lac de Muong Lum et de vastes rizières.

Les Hmongs et les visiteurs découvrent le jeu traditionnel du tu lu.

Cette terre est aujourd’hui réveillée grâce à des orientations et des initiatives concrètes des autorités locales. Parmi celles-ci, la création du marché montagnard de Muong Lum comme produit culturel et touristique caractéristique devrait ouvrir de nouvelles possibilités de mise en relation, attirer des ressources d’investissement, créer des moyens de subsistance et améliorer les revenus et les conditions de vie des habitants.

L’identité culturelle et la beauté naturelle de Muong Lum, Chieng Hac.

Cao Xuan Dung, président du Comité populaire de la commune de Chieng Hac, indique que la commune donne la priorité à la valorisation des atouts de la population locale, avec l’objectif de faire évoluer les mentalités et de transformer l’identité et la culture en valeur économique. Dans les temps à venir, la commune organisera des sessions de formation afin d’améliorer les connaissances et les compétences des habitants, notamment pour mieux valoriser les particularités et les traditions culturelles des villages des hautes terres.

Les habitants et visiteurs se mêlent à l’espace culturel du marché.

Muong Lum est un petit marché, mais chaque étal, chaque produit, chaque plat et chaque main qui perpétue un savoir-faire reflète l’image d’une terre qui se développe à partir de choses simples. Le marché de la « terre oubliée » est en train de se réveiller pour devenir le « pays des souvenirs et de l’affection », un nouveau lieu de rendez-vous pour ceux qui aiment les hautes terres.

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