Dô Nhuân, un compositeur patriotique

Grand nom de la scène musicale vietnamienne, le compositeur Dô Nhuân (1922 - 1991) a été le tout premier secrétaire général de l’Association des musiciens du Vietnam et également celui qui est resté le plus longtemps dans cette fonction. Avec une brillante carrière d’un demi-siècle, Dô Nhuân a laissé derrière lui un grand trésor artistique avec des centaines d’œuvres vocales et instrumentales.
Le compositeur Dô Nhuân. Photo : hanoimoi.com.vn
Le compositeur Dô Nhuân. Photo : hanoimoi.com.vn

La célèbre chanson « La victoire de Diên Biên » de Dô Nhuân a été choisie comme le tout premier indicatif de notre radio la Voix du Vietnam. Ces mélodies retentissantes sont en effet restées gravées dans la mémoire de plusieurs générations de Vietnamiens.

« Dô Nhuân a eu une carrière très riche et passionnante. D’un militaire, il est devenu un musicien de la révolution et l’un des fondateurs de notre association. Doté d’une admirable force de création, Dô Nhuân était capable de composer plusieurs genres musicaux différents. Ses œuvres possèdent toutes une forte empreinte du folklore vietnamien », a affirmé le compositeur Duc Trinh, l’actuel président de l’Association des musiciens du Vietnam.

Né le 10 décembre 1922 dans la province de Hai Duong (nord), dès sa petite enfance, Dô Nhuân s’est initié aux instruments de musique vietnamiens et occidentaux. Son talent de compositeur s’est révélé très tôt. Pendant la révolution anti-française (1945 - 1954), Dô Nhuân s’est fait remarquer par plusieurs chansons telles que « Après-midi d’un détenu », « Poulo Condore », « Le chant de la guérilla », « La guérilla de la rivière Thao », « L’amour à Viêt Bac » ou encore « La marche lointaine ».

À l’inverse de ses paires qui ont suivi le courant romantique, Dô Nhuân a fait ses débuts sur la scène musicale avec des chansons patriotiques. Pour lui, « servir le peuple est la meilleure façon de nourrir l’âme vietnamienne », a expliqué son fils, le compositeur Dô Hông Quân, qui est président de l’Union des associations des Lettres et des Arts du Vietnam.

« Il s’inspirait beaucoup du folklore pour créer des œuvres honorant la culture vietnamienne. C’est ce qui explique l’amour du public pour Dô Nhuân et par conséquent, le succès de sa carrière », a-t-il fait remarquer.

Le répertoire de Dô Nhuân était très large et varié, allant d’œuvres vocales à celles instrumentales, de chansons populaires à la musique classique tels que l’opéra, la comédie musicale, la symphonie et le concerto.

Parmi les plus célèbres, on retiendra l’opéra « Mademoiselle Sao », le tout premier en son genre composé par un Vietnamien.

Produit devant le public pour la première fois en 1965, cet opéra explique comment la révolution a libéré les humains.

« La musique de Dô Nhuân est aussi riche que variée. En dehors des grandes œuvres classiques, il y a aussi des chansons très courtes et simples telles que « En regardant les arbres, on se souvient du Grand dirigeant » ou encore « La troupe musicale itinérante », indique le compositeur Duc Trinh.

Riche d’une identité folklorique vietnamienne et d’un langage à la fois épuré, imagé et émouvant, la musique de Dô Nhuân a profondément imprégné le cœur des Vietnamiens.

Pour promouvoir la musique vietnamienne, le compositeur s’est produit avec ses pairs dans plusieurs pays d’Asie et d’Europe.

En 1996, il figurait parmi les cinq premiers artistes à avoir été décernés le noble prix Hô Chi Minh pour les Lettres et les Arts pour ses contributions importantes.