Garantir la sécurité des ressources en eau transfrontalières

Les ressources en eau transfrontalières revêtent une importance stratégique pour la vie sociale, la sécurité et la défense des pays concernés. Le Vietnam, dont de nombreux cours d’eau prennent leur source dans les pays voisins, respecte toujours les principes de renforcement de la coopération, de respect de la souveraineté.

Les crues en provenance de l'amont ont provoqué des inondations généralisées à Bac Ninh. Photo : NDEL.
Les crues en provenance de l'amont ont provoqué des inondations généralisées à Bac Ninh. Photo : NDEL.

Les ressources en eau transfrontalières revêtent une importance stratégique pour la vie sociale, la sécurité et la défense des pays concernés. Le Vietnam, dont de nombreux cours d’eau prennent leur source dans les pays voisins, respecte toujours les principes de renforcement de la coopération, de respect de la souveraineté et des pratiques internationales dans la gestion, l’exploitation, le partage d’informations et la protection des ressources en eau transfrontalières.

Dans les faits, de nombreuses catastrophes naturelles survenues au Vietnam sont liées à des cours d’eau transfrontaliers. La crue d’août 1971, qui a provoqué la rupture des digues du fleuve Rouge, est considérée comme la plus importante qu’ait connue le nord du Vietnam en 250 ans. En 2011, les inondations dans le Centre du pays, provoquées par des tempêtes et l’afflux d’eau des cours d’eau en provenance du Laos, ont causé d’importants dégâts aux habitations et aux cultures. Depuis 2023, les autorités compétentes alertent également sur le risque d’intrusion saline dans le Sud du Vietnam lorsque le débit du Mékong est faible.

Des risques similaires observés dans le monde montrent la nécessité de renforcer les systèmes d’alerte précoce et le partage d’informations entre les pays qui se partagent un même cours d’eau. Dans les bassins transfrontaliers, les divergences en matière d’exploitation, de gestion et de protection des ressources en eau constituent un enjeu central, les pays situés en aval étant généralement les plus fortement touchés.

Depuis plusieurs décennies, la construction de barrages hydroélectriques dans les pays situés en amont a contribué à réduire le débit de certains grands cours d’eau du Vietnam, tels que la rivière Da et le fleuve Rouge. Le delta du Mékong est, quant à lui, confronté à des phénomènes d’ensablement ainsi qu’au risque d’intrusion saline. Si elles ne sont pas maîtrisées, ces conséquences pourraient avoir des effets durables sur l’environnement et les écosystèmes.

Selon les règles et pratiques internationales, les ressources en eau des bassins fluviaux internationaux constituent un patrimoine commun. Les pays qui les utilisent doivent tenir compte des répercussions sur les autres États, assurer la transparence des informations et coordonner leurs efforts afin de rechercher des solutions appropriées. Le partage des données météorologiques et hydrologiques ainsi que des informations sur l’état de l’utilisation des ressources en eau joue un rôle essentiel dans la mise en place d’une base de coopération équitable et transparente, tout en limitant les conflits d’intérêts.

À l’échelle mondiale, on compte actuellement environ 261 bassins fluviaux et lacustres ainsi que plus de 300 systèmes d’aquifères transfrontaliers. Ils couvrent près de la moitié des terres émergées, représentent environ 80 % des eaux fluviales mondiales et constituent le lieu de vie de 40 % de la population mondiale.

Selon Van Thi Hang, titulaire d’un master à l’Institut des sciences météorologiques, hydrologiques, environnementales et marines (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement), l’information est un facteur déterminant pour promouvoir la gestion des ressources en eau transfrontalières. Le partage de données hydrologiques, environnementales et socio-économiques, ainsi que des scénarios de développement et de la valeur économique et écologique des ressources en eau, permet aux pays concernés de disposer d’une base pour élaborer et approuver conjointement des plans de gestion.

Le Dr Bui Du Dương, directeur adjoint de l’Institut des sciences des ressources en eau (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement), estime que la question des ressources en eau transfrontalières devient de plus en plus urgente en raison d’une chaîne de risques liés aux fluctuations en amont, à la topographie et au changement climatique. Il est donc nécessaire de gérer simultanément les risques liés aux écoulements et les risques intrinsèques, en s’appuyant sur des bases de données, des informations provenant de l’amont et des systèmes d’alerte précoce fiables. Le consensus et le partage d’informations sur la base de l’égalité, des intérêts mutuels et du respect de la souveraineté constituent des éléments essentiels pour garantir un développement durable.

« Les données relatives aux ressources en eau transfrontalières doivent être transformées en une compréhension commune, des actions communes et une responsabilité partagée entre les pays concernés », a souligné le Dr Dương.

Dans le contexte du changement climatique et de l’augmentation constante de la demande en eau, le Vietnam doit mettre en œuvre de manière coordonnée des solutions visant à renforcer ses capacités de gouvernance des ressources en eau et à perfectionner ses institutions et politiques ; intensifier la communication ; appliquer les sciences et les technologies et renforcer les capacités de prévision et de surveillance ; consolider les infrastructures d’information et la coopération internationale ; accélérer la transformation numérique, afin de mettre en place une gouvernance des ressources en eau intelligente, transparente, efficace et durable.

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