Transition verte : le Vietnam veut mieux canaliser les capitaux internationaux

Selon Nguyen Quang Thuan, les fonds internationaux pour les investissements verts sont disponibles, mais le défi est de les orienter vers des projets répondant aux exigences des investisseurs et aux besoins du Vietnam.

La ligne de métro Ben Thanh - Can Gio longera la route Rung Sac, contribuant ainsi à la transition écologique du quartier de Can Gio. Photo : VNA
La ligne de métro Ben Thanh - Can Gio longera la route Rung Sac, contribuant ainsi à la transition écologique du quartier de Can Gio. Photo : VNA

Pour concrétiser son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le Vietnam doit mobiliser environ 700 milliards de dollars pour financer sa transition verte à long terme. L’ampleur de ces besoins impose d’élargir les sources de financement extrabudgétaires, notamment en mobilisant davantage les capitaux privés et les flux financiers internationaux.

Selon Nguyen Quang Thuan, président du conseil d’administration et directeur général de FiinGroup, les fonds internationaux destinés aux investissements verts ne font pas défaut. Le principal défi réside toutefois dans la capacité à orienter ces ressources vers des projets répondant à la fois aux exigences des investisseurs et aux besoins de développement du Vietnam.

De nombreux projets verts locaux ne satisfont pas encore aux exigences des investisseurs étrangers en termes d’échelle et de structuration. Cette lacune est particulièrement visible dans les secteurs nécessitant des financements à long terme, tels que les réseaux de métro, les autoroutes, les ports maritimes et les infrastructures hydrauliques. Par conséquent, les capitaux verts étrangers s’orientent principalement vers des projets de petite envergure ou sont acheminés sous forme de prêts indirects par l’intermédiaire des établissements de crédit locaux.

Le besoin de financement est d’autant plus pressant que les ressources publiques ne couvrent qu’une faible partie des besoins. À Hô Chi Minh-Ville, les besoins totaux en capitaux pour les infrastructures de transport et les infrastructures techniques au cours de la période 2026-2030 sont estimés à environ 3 170 000 milliards de dôngs, soit près de 122 milliards de dollars, tandis que le budget local ne peut en couvrir que 31 %, soit 975 120 milliards de dôngs. Cet écart ouvre un vaste champ à la mobilisation des capitaux privés et des ressources des institutions financières internationales.

Pour lever ces obstacles, des mécanismes de mise en relation entre investisseurs et porteurs de projets, ainsi que des efforts de standardisation, sont progressivement mis en place. Le professeur associé et docteur Nguyen Huu Huan, vice-président de l’organe exécutif du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC), estime que la finance verte doit être considérée comme une infrastructure de croissance transversale.

Le VIFC-HCMC joue le rôle de passerelle entre les capitaux internationaux et les besoins de financement nationaux, tout en standardisant les données afin de transformer les projets climatiques en actifs négociables à l’échelle internationale. Lors d’une réunion tenue le 19 août, cet organisme a proposé six groupes de produits prioritaires, notamment les fonds d’investissement, les crédits carbone internationaux, les technologies financières et les obligations émises au sein du centre financier.

Sur le plan institutionnel, le ministère des Finances perfectionne le cadre juridique régissant la Stratégie nationale sur la croissance verte pour la période 2021-2030, avec une vision à l’horizon 2050. Conformément à la Résolution n° 68-NQ/TW, le budget de l’État joue le rôle de « capital d’amorçage », concentré sur des étapes clés telles que la libération des terrains et le développement des infrastructures de base, créant ainsi des conditions favorables à une participation accrue des capitaux privés et internationaux.

Parallèlement, le marché des obligations vertes se structure progressivement. Au cours de la période 2021-2025, les entreprises et les banques vietnamiennes ont émis avec succès plus d’un milliard de dollars d’obligations vertes et d’obligations liées au développement durable. Le ministère des Finances prépare actuellement un projet pilote d’émission d’obligations souveraines vertes.

La standardisation des projets et la mise en place de canaux efficaces pour mobiliser et orienter les capitaux devraient ainsi contribuer à résoudre le problème du décalage entre l’abondance des ressources financières mondiales et les besoins de financement des projets de transition verte au Vietnam.

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