S’adressant au correspondant permanent du journal Nhân Dân en Russie, le professeur associé, docteur et premier vice-président de l’Association d’amitié Russie-Vietnam, Petr Tsvetov, a proposé la création d’un « parcours rouge » Vietnam-Russie, qui permettrait aux jeunes des deux pays de découvrir des lieux liés à l’histoire de leur coopération ainsi que les traces laissées par le Président Hô Chi Minh en Russie.
Selon Petr Tsvetov, les relations Vietnam-Russie ont connu ces dernières années des avancées importantes, avec la signature de nombreux accords dans divers domaines. Pour inscrire ces résultats de coopération dans la durée, la diplomatie d’État doit s’accompagner d’un renforcement des relations entre les peuples.
M. Tsvetov a notamment souligné le rôle de la jeunesse dans le renforcement des relations entre les deux pays. S’inspirant de la coopération entre le Vietnam et la Chine, notamment du parcours rouge de la jeunesse Vietnam-Chine, qui permet aux jeunes des deux pays de participer à des activités à la découverte de lieux liés à leur histoire et à leurs événements communs, il estime que le Vietnam et la Russie pourraient mettre en œuvre une initiative et un modèle similaires.
Le premier vice-président de l’Association d’amitié Russie-Vietnam, Petr Tsvetov, propose ainsi de créer un « parcours rouge » Vietnam-Russie, qui conduirait les jeunes des deux pays sur des sites liés à l’histoire des relations bilatérales ainsi qu’à la vie et aux activités du Président Hô Chi Minh en Russie.
Selon lui, Moscou compte de nombreux lieux liés aux activités révolutionnaires du Président Hô Chi Minh, où celui-ci a notamment travaillé ou séjourné. Les villes de Saint-Pétersbourg et de Vladivostok abritent également des sites liés à son passage.
Pour cet expert russe, un tel parcours permettrait non seulement aux jeunes vietnamiens et russes de mieux comprendre l’histoire des relations entre les deux pays, mais aussi de leur offrir l’occasion d’échanger directement, favorisant ainsi la création de nouveaux liens et le renforcement de l’amitié entre les peuples des deux pays.
Outre les relations entre les peuples, M. Tsvetov estime que les médias jouent également un rôle important dans le renforcement de la compréhension mutuelle. Selon lui, les médias russes et vietnamiens doivent continuer à accorder davantage d’attention à la présentation de leurs pays respectifs, de leurs populations et des possibilités de coopération.
Former une nouvelle génération de ressources humaines
Revenant sur les relations entre les peuples, Petr Tsvetov estime que l’éducation et la formation des ressources humaines constituent également des domaines qui doivent être adaptés afin de répondre aux nouvelles exigences du développement des relations russo-vietnamiennes.
Il a indiqué que la Russie avait accordé, au cours des dernières années, des milliers de bourses à des étudiants vietnamiens. Toutefois, ce programme n’a pas encore donné sa pleine mesure. L’une des raisons tient au fait que les frais de déplacement et de vie restent une charge importante pour de nombreuses familles vietnamiennes, tandis que le montant des bourses demeure limité.
Selon lui, les universités russes devraient également renforcer l’enseignement de l’anglais aux étudiants vietnamiens. Disposer à la fois de connaissances spécialisées et d’une bonne maîtrise du russe et de l’anglais permettrait aux étudiants d’élargir leurs perspectives professionnelles après l’obtention de leur diplôme.
Plus particulièrement, M. Tsvetov propose d’envisager une adaptation de la structure des filières de formation afin de répondre aux nouvelles exigences du Vietnam. Selon lui, plutôt que de concentrer excessivement les formations sur des secteurs où les ressources humaines sont déjà relativement abondantes, il conviendrait de privilégier des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les technologies.
Il estime qu’une certaine proportion des bourses destinées aux étudiants vietnamiens pourrait être réservée aux filières dans lesquelles le Vietnam connaît une forte demande.
M. Tsvetov souligne que l’enjeu ne réside pas seulement dans le nombre de bourses, mais aussi dans l’efficacité et la qualité de la formation. Une sélection pertinente des filières, le renforcement des compétences linguistiques et l’adaptation des programmes de formation aux besoins de développement de chaque pays permettraient de renforcer l’attractivité de la coopération éducative entre le Vietnam et la Russie.
Dans le cadre global du partenariat stratégique intégral Vietnam-Russie, M. Tsvetov estime que la création de nouveaux canaux de connexion directe entre les peuples, notamment entre les jeunes, contribuera à établir des bases sociales solides pour les relations entre les deux pays dans les années à venir.