Entre le Vietnam et la France, le temps de la co-création

Le Vietnam et la France se trouvent face à une « opportunité historique » : le Vietnam connaît une transformation rapide, tandis que la France cherche à renforcer ses partenariats avec les économies dynamiques d’Asie. 

La présidente du parti politique Ensemble pour notre France, Stéphanie Do, également ancienne députée à l’Assemblée nationale française et ancienne présidente du groupe d’amitié parlementaire France - Vietnam. Photo : VNA.
La présidente du parti politique Ensemble pour notre France, Stéphanie Do, également ancienne députée à l’Assemblée nationale française et ancienne présidente du groupe d’amitié parlementaire France - Vietnam. Photo : VNA.

Les relations entre le Vietnam et la France sont à un tournant et ont l’opportunité d’entrer dans une nouvelle phase de développement ; les deux pays doivent passer d’une logique de coopération à une logique de « co-création », fondée sur une vision stratégique partagée, des projets concrets et des atouts complémentaires, a déclaré Stéphanie Do, présidente du parti politique Ensemble pour notre France.

Stéphanie Do, également ancienne députée à l’Assemblée nationale française et ancienne présidente du groupe d’amitié parlementaire France-Vietnam, a fait part de la signification importante de la visite officielle en France du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président vietnamien To Lam, du 9 au 12 septembre.

Selon Stéphanie Do, cette visite revêtait une importance particulière, reflétant la dynamique forte et soutenue des relations bilatérales. Elle intervient dans un contexte d’intensification des échanges de haut niveau entre les deux pays, faisant suite à la visite d’État du président français Emmanuel Macron au Vietnam l’année dernière, visite à laquelle elle avait eu l’honneur de participer.

Elle a souligné que la fréquence élevée des échanges dans les relations franco-vietnamiennes est inédite, compte tenu des calendriers politiques respectifs des deux pays. Cela témoigne non seulement de la profondeur du partenariat stratégique bilatéral, mais reflète également une amitié authentique fondée sur la confiance, le respect mutuel et des sentiments sincères entre les peuples. Cette dynamique ouvre la voie à une phase nouvelle et plus ambitieuse du partenariat stratégique global entre le Vietnam et la France.

Les deux pays partagent non seulement une longue histoire de liens étroits et de solides connexions humaines et culturelles, mais aussi des intérêts croissants en commun dans des domaines tels que l’économie, le commerce et l’investissement, la transition énergétique, la santé, l’éducation, la recherche scientifique, le numérique, la défense et la sécurité, a-t-elle déclaré.

Dans ce nouveau contexte, le Vietnam et la France doivent passer d’une relation fondée principalement sur des liens historiques à une relation ancrée dans une vision stratégique partagée et des projets concrets, a-t-elle noté.

Mme Stéphanie Do (au centre) lors d'une rencontre avec des lecteurs sur le lancement de son livre « En route vers l’Assemblée nationale- La première députée française née au Vietnam et immigrée en France ». Photo : VNA
Mme Stéphanie Do (au centre) lors d'une rencontre avec des lecteurs sur le lancement de son livre « En route vers l’Assemblée nationale- La première députée française née au Vietnam et immigrée en France ». Photo : VNA

Selon cette ancienne députée d’origine vietnamienne, la France pourrait devenir un partenaire prioritaire pour le Vietnam dans ses efforts de modernisation technologique, de développement des ressources humaines et de promotion du développement durable.

Réciproquement, le Vietnam constitue pour la France une porte d’entrée importante vers l’Asie du Sud-Est et un partenaire clé au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Ces intérêts communs et ces atouts complémentaires constituent le socle permettant à la relation bilatérale d’entrer dans une phase de coopération plus substantielle et ambitieuse.

La France dispose d’une expertise et d’une expérience reconnues dans les domaines de la technologie, de la science, de l’industrie, de l’énergie, de l’environnement et des infrastructures, tandis que le Vietnam offre un marché dynamique, une population jeune, une grande capacité d’adaptation et une position stratégique au cœur de l’Asie du Sud-Est.

Parmi les domaines à fort potentiel, Stéphanie Do a mis en avant les infrastructures et les transports, notamment le ferroviaire, les transports urbains, les infrastructures portuaires et la logistique. Le développement du Vietnam nécessite des systèmes d’infrastructures modernes, durables et hautement interconnectés.

À ses yeux, l’expérience française pourrait apporter une valeur ajoutée non seulement sur le plan technologique, mais aussi en matière de planification, de formation et de transfert de compétences.

La transition énergétique et la croissance verte ont également été identifiées comme des axes de coopération majeurs.

Le Vietnam, à l’instar de nombreux pays de la région, fait face aux défis posés par le changement climatique et la transition énergétique, alors que les entreprises françaises possèdent une vaste expérience dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les réseaux intelligents, la gestion de l’eau, l’économie circulaire et les technologies bas carbone.

Autant de domaines offrant un potentiel considérable pour le développement de partenariats à long terme entre les deux pays.

Un autre domaine qu’elle privilégie particulièrement est celui de l’innovation, de la recherche, de l’intelligence artificielle (IA), du numérique et des hautes technologies.

Alors que le Vietnam aspire à devenir une puissance technologique majeure en Asie, la France — forte de son réseau d’universités et de grandes écoles, de ses centres de recherche et de son écosystème de start-up — pourrait devenir un partenaire privilégié pour accompagner le pays dans la concrétisation de cette ambition.

Stéphanie Do a souligné la nécessité pour les deux pays de renforcer considérablement les partenariats entre chercheurs, universités, entreprises et jeunes entrepreneurs.

Les secteurs spatial et maritime constituent également des domaines stratégiques susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération. Le Vietnam dispose d’un vaste littoral et accorde une importance croissante à sa stratégie maritime, tandis que la France possède des capacités scientifiques, technologiques et industrielles reconnues internationalement dans ces deux domaines.

Cette complémentarité pourrait favoriser la coopération en matière d’observation de la Terre, de surveillance du climat, de gestion des ressources, de prévention des risques et de protection des espaces maritimes.

Au-delà des secteurs technologique et économique, Stéphanie Do a mis l’accent sur la formation et les ressources humaines, soulignant que la coopération franco-vietnamienne dans l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, la recherche et les échanges d’étudiants devait être placée au cœur du partenariat. Investir dans la jeune génération vietnamienne revient également à investir dans l’avenir des relations entre les deux pays, a-t-elle fait remarquer.

S’appuyant sur ces atouts complémentaires, Stéphanie Do a affirmé que la France devait considérer le Vietnam non seulement comme un marché au potentiel considérable, mais aussi comme un partenaire stratégique et un pôle majeur dans la région.

Réciproquement, la France peut servir de porte d’entrée au Vietnam pour accéder au marché européen, tout en l’accompagnant dans le renforcement de ses capacités technologiques et industrielles.

Les deux pays devraient mener des projets de coopération concrets, créateurs de valeur partagée grâce à l’investissement, à l’innovation, à la formation et à la conquête de nouveaux marchés, a-t-elle indiqué.

Concernant les initiatives à promouvoir lors de la visite du plus haut dirigeant vietnamien, Stéphanie Do a déclaré que les deux pays devraient élaborer un programme conjoint de projets stratégiques, en définissant clairement les domaines prioritaires, les points focaux responsables, les feuilles de route de mise en œuvre et les objectifs à atteindre.

L’essentiel n’est pas d’annoncer un grand nombre de projets, mais de veiller à ce que ceux qui ont déjà été convenus soient mis en œuvre et produisent des résultats concrets. Cela facilitera la participation des entreprises françaises aux grands projets de développement et de modernisation des infrastructures au Vietnam, a-t-elle affirmé.

Par ailleurs, les deux pays devraient renforcer les liens entre entreprises, start-ups, investisseurs et organismes publics, et promouvoir l’investissement conjoint ainsi que la coopération industrielle et manufacturière, plutôt que de limiter leurs relations aux seuls échanges commerciaux, a-t-elle ajouté.

Selon Stéphanie Do, le Vietnam cherche à renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales, tandis que la France dispose d’atouts technologiques et d’une expérience susceptibles de soutenir ce processus.

Par conséquent, les deux pays devraient encourager la coopération en faveur de la production et de l’innovation conjointes ainsi que, lorsque les conditions le permettent, d’une expansion commune sur les marchés régionaux.

L’innovation et les technologies d’avenir constituent une autre priorité. Stéphanie Do a exprimé l’espoir que la France et le Vietnam développent davantage de programmes conjoints dans les domaines de l’intelligence artificielle, du numérique, des technologies spatiales, de la biotechnologie, de la santé, des énergies propres et des technologies maritimes.

Elle a souligné que les deux pays disposent de chercheurs, d’ingénieurs, d’entrepreneurs et de ressources humaines de talent ; il s’agit désormais de renforcer les liens entre ces ressources.

Elle a également insisté sur la nécessité de stimuler la coopération en matière de formation et les liens entre collectivités locales, de renforcer les échanges entre les jeunes générations et de valoriser le rôle de la communauté vietnamienne en France ainsi que celui des Français entretenant des liens étroits avec le Vietnam.

Stéphanie Do a affirmé que le Vietnam et la France se trouvent face à une «opportunité historique» : le Vietnam connaît une transformation rapide, tandis que la France cherche à renforcer ses partenariats avec les économies dynamiques d’Asie.

Les deux pays partagent donc un intérêt commun à avancer ensemble et à saisir cette occasion pour faire entrer leurs relations bilatérales dans une nouvelle phase de développement.

À ses yeux, la visite du secrétaire général du PCV et président To Lam devrait permettre de doter le partenariat stratégique global d’objectifs clairs et de ressources adéquates et, surtout, d’aboutir à des résultats concrets. C’est à cette seule condition que le Vietnam et la France pourront bâtir une relation plus équilibrée et ambitieuse, apportant avant tout davantage de bénéfices aux populations des deux pays.

Dans la même rubrique

Back to top