Dans le cadre de la mise en œuvre de la Résolution n°72-NQ/TW du Bureau politique, le secteur de la santé dans les localités vietnamiennes opère progressivement un changement d’orientation, passant du traitement des maladies à la prévention, au dépistage précoce et aux soins de santé à distance et en amont.
Parallèlement, les investissements dans les infrastructures, les équipements médicaux, le développement des techniques spécialisées et la modernisation du réseau des urgences contribuent à améliorer la qualité des services de santé et à rapprocher les soins de haute qualité de la population.
Renforcer la prévention et le dépistage précoce
L’une des priorités actuelles consiste à renforcer la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles, notamment les cancers.
Le cancer du sein est actuellement le cancer affichant le taux d’incidence le plus élevé chez les femmes vietnamiennes, avec plus de 24 500 nouveaux cas et environ 10 000 décès chaque année.
Fait particulièrement préoccupant, plus de 60 % des cas sont diagnostiqués aux stades III et IV, ce qui réduit les chances d’efficacité du traitement.
Le cancer du col de l’utérus demeure également un défi, en raison du faible taux de dépistage chez les femmes et des écarts importants entre les régions et les différents groupes de population.
Seulement environ 28 % des femmes âgées de 30 à 49 ans bénéficient d’un dépistage, tandis que le taux de vaccination contre le HPV chez les jeunes filles ne s’élève qu’à environ 12 %.
Face à cette situation, le Plan d’action national de prévention et de lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus pour la période 2026-2035 fixe des objectifs visant à accroître les taux de vaccination et de dépistage.
Seulement environ 28% des femmes âgées de 30 à 49 ans bénéficient d’un dépistage, tandis que le taux de vaccination contre le HPV chez les jeunes filles ne s’élève qu’à environ 12%. Photo : VNA.
À partir de 2026, le Vietnam vise à faire vacciner complètement 90 % des filles âgées de 9 à 15 ans contre le HPV, à dépister 70 % des femmes âgées de 40 à 70 ans pour le cancer du sein et 70 % des femmes âgées de 30 à 49 ans pour le cancer du col de l’utérus.
Les 100 % des provinces et villes devront également élaborer leurs propres plans d’action et intégrer progressivement les services de dépistage dans la liste des prestations prises en charge par l’assurance maladie.
Pour atteindre ces objectifs, le ministère de la Santé renforcera la communication sur la prévention et le dépistage précoce, perfectionnera les politiques, intensifiera la formation et le transfert de technologies, tout en développant les services de conseil, d’examen et de traitement médicaux à distance afin d’améliorer l’accès de la population aux soins.
Outre les cancers, les troubles de la réfraction chez les enfants constituent également un problème de santé publique préoccupant.
L’utilisation croissante des appareils électroniques pour les études, le travail et les loisirs contribue à un rajeunissement et à une progression rapide de la myopie.
Les troubles de la réfraction toucheraient environ 51 % des enfants à Hanoï et 75,6 % à Hô Chi Minh-Ville. À l’échelle nationale, on estime que 3 à 5 millions d’enfants âgés de 5 à 15 ans souffrent de troubles de la réfraction.
Les experts recommandent de renforcer le dépistage visuel chez les élèves, d’améliorer les conditions d’apprentissage, d’accroître le temps consacré aux activités en plein air et d’apprendre aux enfants à utiliser les appareils électroniques de manière raisonnable.
La coordination entre les secteurs de la santé et de l’éducation, les établissements scolaires et les familles joue un rôle important dans la prévention, la détection précoce et la maîtrise des troubles de la réfraction.
Accroître les investissements et développer les soins spécialisés
Parallèlement à la prévention, les investissements dans les infrastructures, les équipements médicaux et le développement des techniques spécialisées constituent des conditions essentielles pour renforcer les capacités de traitement et réduire la pression sur les établissements hospitaliers de niveau supérieur.
À Hanoï, le deuxième site de l’Hôpital central de gynécologie-obstétrique a officiellement commencé ses activités le 4 août dans la commune de Kieu Phu. Photo : VNA.
À Hanoï, le deuxième site de l’Hôpital central de gynécologie-obstétrique a officiellement commencé ses activités le 4 août dans la commune de Kieu Phu.
Dans un premier temps, 300 lits sont mis en service et l’établissement devrait accueillir environ 500 patients par jour.
Le projet représente un investissement de près de 1 000 milliards de dôngs provenant du budget de l’État, auquel s’ajoutent quelque 200 milliards de dôngs de fonds propres de l’hôpital.
Le nouvel établissement développera progressivement des techniques spécialisées, notamment dans le traitement des cancers gynécologiques, la médecine fœtale, les examens génétiques et héréditaires ainsi que le dépistage prénatal.
À Da Nang, le développement des soins médicaux spécialisés est considéré comme l’une des orientations prioritaires pour faire de la ville un pôle du centre médical spécialisé de la région du Centre et des Hauts Plateaux du Centre.
La ville vise, d’ici 2030, à disposer d’au moins deux hôpitaux spécialisés répondant aux normes des établissements de niveau régional, tout en renforçant ses capacités dans la fourniture de services médicaux spécialisés.
L’Hôpital de Da Nang maîtrise déjà de nombreuses techniques de pointe dans les domaines de la neurochirurgie, de l’oncologie, de la chirurgie thoracique et de l’urologie.
Il est également le premier hôpital provincial du pays autorisé à pratiquer les techniques de prélèvement et de transplantation hépatique.
Le renforcement de la coopération avec les hôpitaux de référence afin de bénéficier de transferts de technologies devrait contribuer à réduire le nombre de patients orientés vers les établissements de niveau supérieur et à mieux répondre aux besoins de soins de qualité au niveau local.
Moderniser le réseau des urgences
Parallèlement au développement des infrastructures et des techniques spécialisées, les localités accordent également une attention accrue à la réorganisation du réseau des services d’urgence afin de réduire le délai d’intervention auprès des patients.
À Hô Chi Minh-Ville, le deuxième site de l’Hôpital populaire Gia Dinh, en coordination avec le Centre des urgences 115, développe un modèle de « station d’urgence spécialisée ».
Après six mois de mise en œuvre, ce dispositif a permis de prendre en charge plus de 520 cas d’urgence préhospitalière, avec un délai moyen d’arrivée sur les lieux de 15,9 minutes.
Le modèle repose sur une chaîne intégrée EMS-ED-ICU, garantissant la continuité de la prise en charge, du lieu de l’incident à l’hôpital et jusqu’aux soins intensifs spécialisés.
Dès la réception d’un appel par le standard 115, une équipe d’urgence est dépêchée sur place, tandis que l’hôpital mobilise parallèlement ses équipes médicales afin de préparer l’accueil et le traitement du patient.
De la prévention au renforcement des capacités des établissements de santé de proximité, en passant par les investissements dans les infrastructures, le développement des techniques spécialisées et la modernisation du réseau des urgences, les localités mettent en œuvre des solutions adaptées à leurs conditions spécifiques.
Ces efforts convergent vers l’objectif fixé par la Résolution n°72-NQ/TW : construire un système de santé moderne, équitable et efficace, capable de prendre en charge la santé de la population en amont et à distance, tout en rapprochant les services médicaux de haute qualité des citoyens.