La Convention de Hanoï place le Vietnam à l’avant-garde de la lutte contre la cybercriminalité

Le Vietnam a fait preuve d’initiative et de détermination en se plaçant à l’avant-garde de la lutte internationale contre la cybercriminalité.

Centre de cybersécurité Viettel. Photo : VNA.
Centre de cybersécurité Viettel. Photo : VNA.

Face à une cybercriminalité devenue l’un des défis sécuritaires transnationaux les plus préoccupants, le Vietnam affirme de plus en plus son rôle actif dans la gouvernance numérique mondiale.

La récente ratification par le pays de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, largement connue sous le nom de « Convention de Hanoï », marque une étape importante dans cette dynamique.

Le 7 avril, le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président du Vietnam, To Lam, a signé la décision ratifiant la convention.

Dix jours plus tard, l’ambassadeur Do Hung Viet, représentant permanent du Vietnam auprès des Nations Unies, a officiellement déposé l’instrument de ratification du Vietnam auprès du Bureau des affaires juridiques des Nations unies à New York.

Cette démarche confirme davantage le rôle moteur du Vietnam dans le renforcement de la coopération internationale contre la cybercriminalité, après sa contribution centrale aux négociations et à l’organisation de la cérémonie de signature de la convention à Hanoï en octobre 2025.

Des experts internationaux estiment que cette ratification précoce envoie un signal fort quant à l’engagement du Vietnam en faveur du multilatéralisme et de la gouvernance internationale du cyberespace.

Le professeur Stephen Nagy, de l'Université chrétienne internationale du Japon, considère que le Vietnam cherche à se présenter comme « un partenaire international fiable dans la construction d’accords multilatéraux dans le cyberespace ».

Selon lui, le pays se positionne progressivement comme un acteur cyber majeur en Asie du Sud-Est.

À ce jour, 75 pays ont signé la convention, qui entrera officiellement en vigueur après ratification par 40 États.

Le professeur Carl Thayer, de l’Académie des forces de défense australiennes à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, estime que ce seuil pourrait être atteint avant la clôture de la période de signature, prévue le 31 décembre 2026.

Malgré certaines considérations géopolitiques susceptibles d’influencer le rythme des ratifications, des experts jugent que la convention pourrait renforcer considérablement la confiance internationale dans la capacité des pays en développement à façonner les cadres de gouvernance mondiale.

Selon Stephen Nagy, elle remet en cause l’idée selon laquelle les pays en développement se contenteraient de suivre les règles établies par les économies avancées.

« Si cette convention se concrétise, nous pourrions observer un renforcement de la confiance dans des pays comme le Vietnam, qui se sentiraient capables de jouer un rôle de premier plan dans l'élaboration et la stabilisation de conventions internationales », dit-il.

L’engagement du Vietnam intervient alors que les menaces cybernétiques se multiplient dans le pays.

Selon Ha Van Bac, directeur général adjoint du Département de cybersécurité et de prévention de la criminalité de haute technologie, des milliers de cyberattaques ont visé en 2025 des agences publiques, organisations et entreprises vietnamiennes.

Les attaques par rançongiciel ont fortement augmenté, touchant plus de 3 000 entreprises.

En janvier 2026, le Vietnam comptait plus de 85,6 millions d’internautes, soit environ 84,2 % de la population, ce qui le plaçait au 12e rang mondial pour l’utilisation d’Internet.

Le professeur Carl Thayer estime que, sous la direction du dirigeant To Lam, le Vietnam accélère la rationalisation de son système politique tout en renforçant son intégration internationale et sa transformation numérique.

Selon le spécialiste australien, le pays cherche à passer d’un modèle fondé principalement sur les investissements étrangers à un modèle axé sur l’innovation, les hautes technologies et une plus forte création de valeur nationale.

Dans un entretien accordé à l’Agence vietnamienne d’information (VNA), le général Le Xuan Minh, Directeur du Département de la cybersécurité et de la prévention de la criminalité de haute technologie au ministère de la Sécurité publique, souligne que la convention répond à des défis totalement nouveaux pour les sociétés contemporaines et qu’il est essentiel de la traduire dans le droit national.

Nguyen Dang Thang, directeur général du Département du droit international et des traités au ministère des Affaires étrangères, indique que le ministère de la Sécurité publique serait l’organe chargé de mettre en œuvre la convention au Vietnam.

Parallèlement au renforcement du cadre juridique, les autorités vietnamiennes ont intensifié ces dernières années la lutte contre plusieurs affaires majeures de fraude en ligne.

Selon le vice-ministre permanent des Affaires étrangères Nguyen Minh Vu, bien que les capacités technologiques du Vietnam restent inférieures à celles des pays développés, le pays a fait preuve d’initiative et de détermination en se plaçant à l’avant-garde de la lutte internationale contre la cybercriminalité.

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