La médecine traditionnelle, un atout pour le tourisme de bien-être

Grâce à la richesse de ses ressources médicinales et à son patrimoine de médecine traditionnelle, le Vietnam dispose d’atouts importants pour développer le tourisme de bien-être.

La valorisation de ce potentiel passe toutefois par la préservation des ressources génétiques, la normalisation de la production, la recherche scientifique et la création de produits et services à forte valeur ajoutée, alliant soins de santé et patrimoine culturel.

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Soins de santé et séances de kinésithérapie pour les patients à l’hôpital de Da Nang. Photo : VNA.

Le Vietnam dispose de riches ressources médicinales et d’un patrimoine de médecine traditionnelle forgé au fil des générations. Ces atouts offrent des perspectives pour développer la médecine traditionnelle, l’industrie des plantes médicinales ainsi que des produits et services de soins de santé destinés aux touristes. Leur valorisation nécessite toutefois de préserver les ressources génétiques, de normaliser les zones de culture, d’améliorer la qualité des matières premières et de renforcer la recherche scientifique, tout en sauvegardant les valeurs culturelles traditionnelles.

Un socle pour valoriser les atouts de la médecine traditionnelle

Le Vietnam recense actuellement plus de 5 117 espèces de plantes médicinales et de champignons, 408 espèces animales, 52 espèces d’algues marines et 75 types de minéraux utilisés à des fins médicinales. Selon le professeur associé et docteur Nguyen Tuan Hung, directeur de l’Institut de médecine traditionnelle vietnamienne, cette richesse constitue un fondement essentiel pour valoriser la médecine traditionnelle et développer des produits médicinaux à forte valeur ajoutée.

Malgré ces avantages, le secteur reste confronté à plusieurs difficultés. La surexploitation et l’absence de contrôle menacent certaines ressources génétiques précieuses, tandis que les zones de culture répondant aux normes GACP-WHO demeurent limitées. La production doit ainsi passer d’une exploitation spontanée et fragmentée à une organisation fondée sur des normes, les hautes technologies et des chaînes de valeur intégrées.

L’offre nationale ne couvre actuellement que 25 à 30 % des besoins. En outre, de nombreuses plantes médicinales sont exportées à l’état brut ou après une transformation sommaire, ce qui limite leur valeur ajoutée. Il est donc nécessaire de renforcer les politiques publiques, d’établir des normes nationales, de développer des zones de culture concentrées et d’améliorer le contrôle de la qualité et de la traçabilité.

La demande de médicaments à base de plantes, de compléments alimentaires et de cosmétiques d’origine naturelle est actuellement en hausse, tandis que la tendance à une consommation verte et naturelle ouvre de nouvelles perspectives au secteur des plantes médicinales. Toutefois, pour répondre aux exigences de qualité et de stabilité des produits, la science et les technologies doivent occuper une place centrale dans le processus de développement. Elles sont considérées comme la "clé" pour accroître la valeur des plantes médicinales, contribuer à la préservation des ressources génétiques, à la conservation des variétés de référence, à la sélection de variétés à forte teneur en principes actifs et adaptées aux conditions du changement climatique.

De nouvelles perspectives grâce aux orientations politiques

La promotion de la médecine traditionnelle s’inscrit dans la politique nationale de protection et d’amélioration de la santé de la population. La Résolution n° 72-NQ/TW du Bureau politique souligne notamment la nécessité de valoriser son rôle et de la combiner avec la médecine moderne dans la formation, la prévention, le diagnostic et le traitement.

Le 9 juillet 2026, le Premier ministre a promulgué la Décision n° 1250/QĐ-TTg portant adoption du Plan de mise en œuvre de la Notification n° 68-TB/VPTW du 26 mai 2026 du Bureau du Comité central du Parti, relative aux conclusions du secrétaire général du Parti et président de la République lors de sa séance de travail avec le Comité du Parti du ministère de la Santé sur le développement de la médecine traditionnelle vietnamienne.

Le 13 octobre 2026, il a également approuvé, par la Décision n° 1976/QĐ-TTg, la Stratégie nationale de développement de la médecine traditionnelle vietnamienne à l’horizon 2030, avec une vision à 2045. Cette stratégie considère le développement de la médecine traditionnelle comme une mission stratégique et de long terme, associant santé publique, valorisation culturelle, développement économique et intégration internationale.

Le vice-ministre permanent de la Santé, Vu Manh Ha, a souligné que ces orientations exigeaient de développer la médecine traditionnelle selon une approche scientifique et moderne, tournée vers l’intégration internationale, de la combiner avec la médecine moderne, de promouvoir l’application des sciences et des technologies, la transformation numérique ainsi que le développement de l’industrie des plantes médicinales.

Pour la professeure et docteure Trinh Thi Dieu Thuong, directrice du Département de gestion de la médecine et de la pharmacie traditionnelles du ministère de la Santé, l’un des changements majeurs consiste à "passer d’une médecine traditionnelle centrée sur le traitement des maladies à une approche globale des soins de santé".

La stratégie prévoit notamment de créer des marques nationales pour 30 produits à base de plantes médicinales et médicaments traditionnels, ainsi que de développer cinq gammes de produits et services de soins de santé fondés sur la médecine traditionnelle à destination des touristes, en lien avec la préservation du patrimoine culturel.

Pour atteindre ces objectifs, la stratégie mise sur la recherche visant à démontrer l’innocuité et l’efficacité des médicaments traditionnels et des méthodes thérapeutiques non médicamenteuses, ainsi que sur l’application des biotechnologies, des technologies génétiques et des nanotechnologies. Elle prévoit également de développer les essais cliniques, les bases de données nationales, l’intelligence artificielle et les mégadonnées, tout en préservant et en numérisant les connaissances en médecine traditionnelle. D’ici 2030, au moins 70 % des connaissances recensées, collectées et vérifiées devront être numérisées.

Le développement de produits et de services de soins de santé fondés sur la médecine traditionnelle et destinés aux touristes doit donc répondre aux exigences de qualité, de sécurité et de fondement scientifique, tout en préservant les connaissances traditionnelles.

Parallèlement au développement de zones de culture de plantes médicinales répondant aux normes, au renforcement de la recherche et à la transformation en profondeur, la valorisation des produits issus des plantes médicinales vietnamiennes contribuera à accroître la valeur des ressources locales.

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