Avant cette intervention, le général de brigade Pham Van Ty, directeur adjoint du Département de recherche et de sauvetage relevant de l’État-major général de l’Armée populaire du Vietnam, avait dirigé des équipes de secours après les séismes en Turquie (2023) et au Myanmar (2025).
Présent sur le site de Playa Grande, dans l’État de La Guaira, la zone la plus durement touchée par le double séisme au Venezuela, il a souligné que les conditions différaient selon les pays : froid en Turquie, forte chaleur au Myanmar et au Venezuela.
Rappelant que ce double séisme, le plus grave depuis plus d’un siècle au Venezuela, a fait des milliers de victimes, le général Pham Van Ty a expliqué que les températures élevées avaient accéléré la décomposition des corps ensevelis sous les décombres.
« Sur les sites de recherche, l’air était imprégné par l’odeur des dépouilles. Au début, certains membres de l’équipe vietnamienne portaient jusqu’à trois masques et utilisaient de l’huile essentielle, mais dans les bâtiments effondrés, ils ne pouvaient tenir que 10 à 15 minutes avant de devoir sortir et se relayer », a-t-il raconté.
Selon lui, ces conditions difficiles ont également permis à l’équipe de renforcer son expérience. La préparation psychologique reste essentielle : considérer chaque victime comme un proche à retrouver permet de surmonter les conditions extrêmes et les risques pour la santé. Ces derniers jours, les secouristes vietnamiens ont ainsi redoublé d’efforts pour retrouver le plus grand nombre possible de victimes, afin d’atténuer la douleur des familles et du peuple vénézuélien.
Face au nombre important d’immeubles effondrés, aux conditions climatiques difficiles et aux répliques persistantes, le général Pham Van Ty estime que la mission au Venezuela est « la plus difficile et la plus dangereuse » par rapport aux interventions précédentes en Turquie et au Myanmar.
« Sur tous les sites où notre équipe a effectué des recherches, les équipes internationales venues auparavant avaient déjà constaté la complexité de la tâche. Mais avec le sens des responsabilités d’une mission internationale et l’attachement du Vietnam envers le Venezuela, nous n’avons pas hésité à affronter les difficultés et les dangers », a-t-il affirmé.
Le colonel Pham Hung Duong, directeur adjoint du Département de prévention et de lutte contre les incendies, de sauvetage et de secours du ministère vietnamien de la Sécurité publique, également chef adjoint de la délégation vietnamienne, a partagé cette analyse.
Il a toutefois souligné que l’équipe vietnamienne bénéficiait aussi de plusieurs avantages : l’engagement des cadres et des soldats, l’expérience acquise lors de précédentes missions humanitaires à l’étranger, la coordination étroite entre les forces militaires et policières ainsi que le soutien des autorités vénézuéliennes.