Le courage inébranlable de la Force de sécurité publique vietnamienne au cœur de la « vallée des décombres » au Venezuela

Au cœur de la région de La Guaira, dévastée par un double séisme, les silhouettes des officiers et des policiers de la Force de sécurité publique du Vietnam incarnent un véritable symbole d’espoir.

Des immeubles de grande hauteur presque entièrement effondrés, des structures en béton gravement fissurées et instables, ainsi que des murs inclinés menaçant de s’écrouler sous l’effet des répliques sismiques. Photo : cand.vn
Des immeubles de grande hauteur presque entièrement effondrés, des structures en béton gravement fissurées et instables, ainsi que des murs inclinés menaçant de s’écrouler sous l’effet des répliques sismiques. Photo : cand.vn

Sous un soleil tropical écrasant, au milieu de bâtiments effondrés menaçant à tout instant de s’écrouler davantage, ils écrivent une histoire de courage et de solidarité qui transcende les frontières.

La mission de l’équipe de recherche et de sauvetage du ministère vietnamien de la Sécurité publique au Venezuela s’est apparentée à une véritable course contre la montre. Après un vol de 22 heures à travers la moitié du globe, les secouristes n’ont pas eu le temps de se reposer ni de s’adapter au décalage horaire. À peine arrivés à La Guaira, durement frappée par le double tremblement de terre, ils ont immédiatement entamé les opérations de reconnaissance avant d’installer un campement provisoire dans un port, situé à environ quarante minutes en voiture de la zone des recherches.

Dès leur arrivée à La Guaira, les membres de l’équipe ont immédiatement commencé les opérations de reconnaissance avant d’installer rapidement un campement provisoire dans un port.

À cette période de l’année, les conditions climatiques à La Guaira mettent l’endurance humaine à rude épreuve. En journée, la température au sol atteint régulièrement entre 33 et 35 °C sous un soleil tropical accablant. La nuit, en revanche, le mercure chute brusquement et de violents orages s’abattent sur la région, faisant trembler les tentes de fortune sous les rafales de vent. Pourtant, ni l’épuisement physique, ni le froid pénétrant, ni la chaleur étouffante imprégnée de l’odeur de la mort n’ont entamé la détermination de l’équipe à accomplir sa mission.

Pour le sous-lieutenant Chu Viet Duc, officier du Centre de formation et d’intervention en matière de prévention, de lutte contre les incendies et de recherche et sauvetage du ministère vietnamien de la Sécurité publique, il s’agit de sa première mission internationale. Le jeune officier ne cache ni sa fierté ni les inquiétudes qu’il ressent face aux difficultés qui l’attendent en terre étrangère. À ses yeux, cette mission revêt une profonde dimension humanitaire et s’inscrit dans la continuité de la tradition vietnamienne de solidarité et d’entraide.

Quelques instants de repos accordés aux officiers et policiers de la Force de sécurité publique du Vietnam après les opérations de recherche et de sauvetage sur le terrain.

Pour préparer cette mission, je me suis appliqué à renforcer non seulement mes compétences professionnelles, mais aussi ma résilience psychologique, afin d’être prêt à épauler le pays ami et à venir en aide à sa population dans cette épreuve, a indiqué le sous-lieutenant Chu Viet Duc.

Le sous-lieutenant Chu Viet Duc.

Les premiers jours ont été particulièrement éprouvants. Le décalage horaire de 11 à 12 heures, une alimentation inhabituelle et le profond mal du pays constituaient autant de défis. Mais l’esprit de solidarité, le soutien de ses camarades ainsi que les encouragements de sa famille lui ont permis de s’adapter rapidement. La responsabilité qui lui incombe envers le Parti, l’État et le ministère vietnamien de la Sécurité publique est devenue la principale source de motivation qui pousse ce jeune officier à surmonter les conditions extrêmes du terrain.

Les repas de midi pris directement sur le site d’intervention par l’équipe de recherche et de sauvetage.

Pour les sauveteurs, il n’existe ni horaires fixes ni journées ordinaires. Leur travail débute généralement à six heures du matin et ne s’achève souvent qu’aux alentours de 23 heures, une fois que chaque recoin des décombres et chaque possibilité de retrouver des survivants ont été minutieusement explorés.

Des immeubles de grande hauteur presque entièrement effondrés, des structures en béton gravement fissurées et instables, ainsi que des murs inclinés menaçant de s’écrouler sous l’effet des répliques sismiques.

Le site sinistré au Venezuela représente un défi d’une ampleur exceptionnelle. Les immeubles de grande hauteur se sont presque entièrement effondrés, les structures en béton sont gravement fissurées et instables, tandis que des murs inclinés menacent de s'écrouler au moindre séisme secondaire. Dans ces conditions, chacun des déplacements des policiers vietnamiens exige une vigilance extrême.

Le commandant Pham Hong Son et l’équipe logistique préparent le dîner des secouristes.

Le commandant Tran Hong Son, officier du Département de la police de prévention et de lutte contre les incendies et de recherche et sauvetage, décrit une réalité particulièrement éprouvante : en raison de la durée du trajet, la délégation vietnamienne n’est arrivée sur les lieux qu’au quatrième ou au cinquième jour suivant la catastrophe. Le site était alors entré dans une phase avancée de décomposition, et l’odeur des corps imprégnait durablement les vêtements des secouristes.

Les difficultés se sont encore accrues, car les opérations de sauvetage les plus accessibles avaient déjà été réalisées par les équipes locales. Les missions confiées à l’équipe vietnamienne étaient parmi les plus complexes : elles se déroulaient dans des espaces confinés et exigus, profondément enfouis sous les décombres, obligeant les sauveteurs à se glisser dans les cavités pour casser le béton et dégager progressivement les gravats, tout en respirant un air fortement pollué. Dans un environnement aussi étroit, le port d’un appareil respiratoire isolant s’avérait trop encombrant ; les secouristes ont donc dû recourir à des masques filtrants classiques afin de conserver une meilleure liberté de mouvement.

Un immeuble résidentiel de douze étages réduit à un immense amas de décombres.

Face aux risques permanents d’effondrements secondaires, les policiers vietnamiens ont fait preuve d’un sang-froid remarquable, fruit d'une solide expérience acquise au cours de centaines d'interventions menées au Vietnam comme à l'étranger.

Le commandant Bui Nguyen Nghi, fort d’une solide expérience acquise lors des trois missions internationales de recherche et de sauvetage menées en Turquie, au Myanmar et aujourd’hui au Venezuela, explique que si chaque catastrophe présente des défis spécifiques liés aux structures des bâtiments, l’équipe a su tirer les enseignements des interventions précédentes et les appliquer efficacement afin de garantir un niveau maximal de sécurité.

Nous devons toujours faire de la sécurité de nos hommes notre priorité absolue, a déclaré le commandant Bui Nguyen Nghi.

Il souligne que la protection des secouristes demeure la première des priorités. C’est pourquoi toute opération commence systématiquement par une évaluation minutieuse des risques. En Turquie, les équipes devaient d’abord consolider les structures à l’aide d’étais avant toute opération de découpe ou de déblaiement. Au Myanmar, elles avaient notamment recours à une bouteille d’eau placée à l’envers pour détecter rapidement les vibrations annonçant une réplique sismique. À La Guaira, l’équipe de recherche et de sauvetage du ministère vietnamien de la Sécurité publique a mis en œuvre un dispositif rigoureux de stabilisation des structures, utilisant des portes comme éléments de calage ainsi que des étais hydrauliques afin d’assurer une protection maximale des secouristes lors de leur progression vers les victimes.

L’équipe de recherche et de sauvetage du ministère vietnamien de la Sécurité publique évacue avec succès le corps d’une victime retrouvée au quatrième étage d’un immeuble résidentiel de neuf étages.

Parallèlement, les officiers et policiers ont fait preuve d’une grande réactivité en conseillant le poste de commandement sur les axes de progression des opérations de sauvetage, en s’appuyant sur la configuration de l’effondrement et la direction de la chute des bâtiments. Ils ont également recueilli avec précision les témoignages des proches des victimes concernant leurs habitudes de vie et l’endroit où elles se trouvaient probablement au moment du séisme, afin de cibler les recherches avec la plus grande exactitude.

La mise en œuvre de ces tactiques exigeantes repose en grande partie sur des équipements de haute technologie, qui constituent l’un des principaux atouts des équipes vietnamiennes. Le capitaine Lê Viết Nhất, officier du service de la police de prévention et de lutte contre les incendies et de recherche et sauvetage de la police municipale de Hải Phòng, a présenté la gamme d’équipements spécialisés emportés pour cette mission. Celle-ci comprend notamment un système hydraulique de découpe et d’écartement Holmatro destiné à sectionner les poutres et structures porteuses, des pinces hydrauliques capables de briser le béton, ainsi que des outils hydrauliques alimentés par batterie, à la fois légers et très maniables, particulièrement adaptés à la morphologie des secouristes vietnamiens dans les espaces confinés.

Le capitaine Le Viet Nhat présente brièvement les principaux équipements lourds déployés par la délégation au Venezuela.

Afin de prévenir les risques d’effondrement secondaire, des étais hydrauliques et des systèmes de soutènement manuels sont systématiquement installés pour sécuriser les accès avant toute opération de déblaiement et d’évacuation des victimes.

Pour optimiser les chances de retrouver des survivants, les équipes disposent également d’un radar de détection de vie capable de sonder les décombres jusqu’à une profondeur de 10 à 15 mètres et de détecter les mouvements respiratoires, ainsi que de caméras infrarouges permettant de repérer la chaleur corporelle des victimes dans des espaces confinés difficilement accessibles. Cette préparation méticuleuse s’étend jusqu’aux équipements de protection individuelle les plus élémentaires, tels que les genouillères, les coudières, les casques de protection, les lampes torches haute puissance et différents types de brancards adaptés à la diversité des terrains particulièrement accidentés.

Max et King sont devenus des compagnons de mission exceptionnels pour toute l’équipe.

Dans cette course contre la mort, deux « combattants » à quatre pattes, Max et King, sont devenus des coéquipiers hors du commun. Bien qu’il s’agisse de sa première mission à l’étranger, le jeune chien de recherche Max s’est montré remarquablement efficace, perpétuant l’héritage de bravoure laissé par son prédécesseur Bin, engagé auparavant lors de la mission au Myanmar.

Il s’agit de la toute première mission internationale de Max.

De son côté, King, le « vétéran » riche de nombreuses expériences, possède un tempérament pour le moins singulier : il est réputé pour bouder facilement. Il suffisait qu’après une intervention éprouvante ses maîtres oublient de l’appeler pour une photo de groupe pour qu’il affiche une mine faussement vexée, offrant à ses camarades de rares instants de rire et de détente au milieu d’une mission où chaque minute se joue à la frontière entre la vie et la mort.

Outre les difficultés liées au terrain et aux conditions météorologiques, l’équipe vietnamienne a dû relever un défi aussi particulier que complexe : la barrière de la langue sur le terrain. La délégation ne comptait qu’un seul interprète hispanophone. Or, les impératifs opérationnels exigeaient de diviser les effectifs en cinq unités totalement autonomes, déployées sur différents sites. Il était évidemment impossible pour un seul interprète d’être présent simultanément auprès de chacune d’elles.

Le colonel Pham Hung Duong, directeur adjoint du Département de la police de prévention et de lutte contre les incendies et de recherche et sauvetage et chef adjoint de la délégation vietnamienne de recherche et de sauvetage, échange avec un expert américain sur les opérations de recherche et de sauvetage.

Face à cette difficulté, les policiers vietnamiens ont fait preuve d’une remarquable capacité d’adaptation dans leur coopération avec les équipes locales et les autres délégations internationales. Ils ont largement eu recours au « langage du corps ». Grâce à des gestes précis, des regards déterminés et une gestuelle parfaitement maîtrisée, ils sont parvenus à transmettre efficacement les consignes techniques et les instructions de coordination des opérations de sauvetage. Cette faculté d’improvisation et cette intelligence de terrain ont permis d’effacer les barrières linguistiques et de créer une véritable compréhension mutuelle entre des femmes et des hommes unis par une même mission humanitaire.

Derrière les équipes de pointe engagées sur le terrain se trouvait un autre front, plus discret mais tout aussi vital : celui de la logistique et de la maintenance des équipements. Le commandant Tran Hong Son souligne que, lors d'une opération menée de manière autonome à l'étranger, la maîtrise de l’entretien du matériel est un facteur décisif, car dans une région sinistrée il est pratiquement impossible de trouver des pièces de rechange.

Les équipements sont systématiquement nettoyés et préparés avec le plus grand soin dès la veille afin d’être pleinement opérationnels le lendemain.

Lorsque les jeunes secouristes, épuisés, s’endormaient après 23 heures, il restait souvent seul, veillant jusqu’à trois heures ou trois heures trente du matin pour nettoyer le sable et la poussière accumulés sur les équipements, les désinfecter et lubrifier les articulations des outils hydrauliques afin de les maintenir en parfait état de fonctionnement. Puis, dès quatre heures du matin, la journée de l’équipe logistique recommençait : préparer des repas chauds adaptés aux goûts des secouristes et organiser tous les aspects de leur vie quotidienne avant leur départ pour une nouvelle journée d’intervention.

Au milieu de la désolation et des ruines laissées par la catastrophe, l’esprit de solidarité internationale et l’amitié entre les deux pays ont pleinement trouvé leur expression. Le commandant Trần Hồng Sơn confie avec émotion que le plus grand soutien dont a bénéficié la délégation vietnamienne au Venezuela a été l’accueil particulièrement chaleureux et attentionné des autorités et de la population locales. Malgré la grave crise provoquée par le séisme, les hôtes vénézuéliens ont veillé avec générosité à fournir nourriture et eau aux secouristes.

La solidarité du pays hôte, le dévouement sans faille des policiers vietnamiens, prêts à affronter tous les dangers, ainsi que les regards empreints de reconnaissance et les poignées de main chaleureuses des habitants constituent une source inestimable de force et de motivation.

Même lorsqu’ils ne disposent que d’un repas pris à la hâte ou de quelques heures de sommeil sur le site même de la catastrophe, ces « combattants » arborant le drapeau vietnamien sur leur uniforme poursuivent inlassablement leur lutte contre la mort. Jour et nuit, ils mènent une véritable course contre le temps pour retrouver les personnes disparues et sauver des vies, laissant une empreinte profonde qui témoigne du professionnalisme, du courage et de la solidarité humaine qui transcendent les frontières.

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