Au cours des cinq premiers mois de 2026, le secteur a enregistré un excédent commercial de 7,5 milliards de dollars, soit une moyenne de 1,5 milliard de dollars par mois, confirmant son rôle de soutien majeur à la croissance.
Bien que ce résultat demeure remarquable, l’excédent agricole accuse un recul de 9,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette évolution s’explique principalement par l’affaiblissement de la consommation sur plusieurs marchés importateurs, affectés par les difficultés économiques internationales et les incertitudes géopolitiques.
Malgré ces défis, les perspectives restent favorables pour plusieurs filières exportatrices clés.
Le secteur rizicole en constitue l’exemple le plus significatif.
Malgré une baisse des volumes et des prix à l’exportation au cours des premiers mois de l’année, l’excédent commercial du riz a progressé de 3,7 % sur un an pour atteindre 1,3 milliard de dollars.
Cette performance s’explique notamment par la réduction des importations et par la reprise des exportations observée à partir du mois de mai, avec un volume de 1,1 million de tonnes expédiées.
Les prix du riz vietnamien ont également retrouvé une trajectoire ascendante, progressant de 30 à 40 dollars par tonne par rapport au début de l’année pour atteindre entre 500 et 520 dollars la tonne.
Les spécialistes anticipent une poursuite de cette tendance sous l’effet du retour du phénomène climatique El Niño, susceptible de réduire la production agricole dans plusieurs pays asiatiques et de renforcer les tensions sur les marchés alimentaires mondiaux.
Selon plusieurs prévisions internationales, les prix des produits agricoles essentiels pourraient augmenter de 10 à 50 % dans les prochains mois.
Certaines cultures particulièrement sensibles aux conditions météorologiques, telles que le riz, le café, l’huile de palme ou la canne à sucre, pourraient même connaître des hausses beaucoup plus importantes.
Dans ce contexte, le Vietnam, l’un des principaux exportateurs mondiaux de riz, dispose d’atouts considérables pour consolider sa position sur le marché international.
Les fruits et légumes constituent un autre moteur de croissance.
L’excédent commercial de cette filière a progressé de 5,5 % pour atteindre 1,4 milliard de dollars.
Les perspectives sont particulièrement encourageantes pour le durian, dont la saison d’exportation entre dans sa phase la plus importante.
Après avoir généré environ 3,5 milliards de dollars de recettes en 2025, ce produit pourrait rapporter entre 4 et 4,5 milliards de dollars cette année.
Parallèlement, d’autres produits tels que la noix de coco fraîche et le pamplemousse enregistrent également de bons résultats à l’exportation.
Outre le marché chinois, les exportations vietnamiennes de fruits et légumes gagnent du terrain en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne.
Le Vietnam bénéficie aujourd’hui d’une position solide dans plusieurs filières agricoles de premier plan.
Le riz vietnamien renforce progressivement sa réputation sur les marchés à forte valeur ajoutée.
Le café maintient son statut parmi les principales exportations mondiales du pays, tandis que les fruits tropicaux comme le durian, la banane, la mangue ou le fruit du dragon élargissent leur présence sur des marchés exigeants.
Les produits de la pêche, notamment les crevettes et le pangasius, demeurent également des secteurs exportateurs majeurs.
Les spécialistes estiment toutefois que le potentiel de développement reste considérable.
Au-delà de l’exportation de matières premières, le Vietnam dispose d’importantes marges de progression grâce à la transformation à forte valeur ajoutée, au développement des marques nationales, à l’amélioration des infrastructures logistiques et à l’adoption des principes de l’économie circulaire.
Dans cette perspective, plusieurs priorités sont mises en avant : accélérer les investissements dans l’agriculture de haute technologie et l’agriculture verte, renforcer les infrastructures d’adaptation au changement climatique, notamment dans le delta du Mékong, et promouvoir une approche davantage orientée vers l’économie agricole et les besoins du marché mondial.
« Investir dans l’agriculture aujourd’hui ne signifie pas seulement garantir la sécurité alimentaire.
C’est aussi investir dans la résilience, la capacité d’adaptation et la croissance durable de l’économie vietnamienne à long terme », souligne le Dr Tran Huu Hiep, spécialiste du développement régional dans le delta du Mékong.