D’après un rapport de la société d’analyse de données blockchain Chainalysis, le Vietnam compte parmi les marchés crypto les plus actifs de la région. Entre juillet 2025 et juin 2026, la valeur de l’activité liée aux cryptomonnaies dans le pays a atteint 122,2 milliards de dollars, contre 284,1 milliards de dollars à Singapour.
Le rapport analyse les flux de Bitcoin, d’Ether, de stablecoins et d’autres jetons sur la blockchain, à travers différents canaux : plateformes d’échange centralisées (CEX) et décentralisées (DEX), transactions de pair à pair (P2P), stablecoins, transferts transfrontaliers ou encore plateformes destinées aux investisseurs institutionnels. Le montant mesuré correspond à la valeur des transactions réalisées. Il ne renseigne donc ni sur les actifs détenus par la population ni sur les capitaux nets investis sur le marché.
Avec plus de 122 milliards de dollars, l’activité crypto au Vietnam représente près de 24 % du PIB du pays en 2025. Cela correspond à une moyenne d’environ 335 millions de dollars de transactions par jour, soit près d’un tiers de la valeur moyenne des échanges d’actions enregistrée chaque séance sur la HoSE l’année précédente.
Le marché vietnamien présente par ailleurs un profil différent de celui des principaux centres financiers de la région. Chainalysis relève notamment une forte activité P2P au Vietnam, en Thaïlande et aux Philippines. À Singapour et, dans une moindre mesure, en Australie, les transactions réalisées à travers des plateformes destinées aux investisseurs institutionnels progressent davantage.
Le P2P permet à des particuliers d’échanger directement des actifs, généralement par l’intermédiaire d’une plateforme mettant en relation acheteurs et vendeurs. Il peut servir à acheter ou vendre des actifs numériques, à transférer de l’argent ou encore à effectuer des paiements. Les données disponibles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de déterminer la nature de chaque transfert.
Entre juillet 2025 et juin 2026, le Vietnam, la Thaïlande et les Philippines ont enregistré au total 5,4 millions de transactions P2P d’un montant inférieur à 10 000 dollars. Elles représentent 14,4 % de l’ensemble mondial de cette catégorie, alors que ces trois marchés ne pèsent que 2,5 % de l’économie crypto mondiale selon la méthodologie de Chainalysis.
Plus de 80 % des transactions réalisées à l’intérieur de ces trois marchés portent sur moins de 1 000 dollars. Leur montant moyen s’établit à 618 dollars, contre 1 210 dollars dans le reste du monde.
Ces chiffres témoignent donc du poids des transactions de faible montant dans l’activité P2P de ces trois pays. Chainalysis n’a cependant pas communiqué le nombre exact de transactions P2P réalisées au Vietnam. Il n’est donc pas possible de déterminer quelle part des 5,4 millions de transactions revient précisément au marché vietnamien.
Autre volet du marché observé par Chainalysis : les stablecoins. Ces actifs numériques sont conçus pour conserver une valeur relativement stable par rapport à un actif de référence, le plus souvent le dollar américain. Au Vietnam, leur activité sur le marché intérieur a atteint 6,9 milliards de dollars sur la période étudiée.
Ce montant correspond à la valeur de l’activité domestique mesurée selon la méthodologie de Chainalysis. Il ne doit pas être interprété comme la valeur des stablecoins en circulation dans le pays ni comme le montant détenu par les particuliers. Les données du rapport ne permettent pas non plus de savoir si ces opérations correspondent au paiement de marchandises, à des transferts privés ou à des investissements.
À l’échelle régionale, les transactions transfrontalières en stablecoins dépassent systématiquement les volumes enregistrés sur les marchés intérieurs, selon le rapport. Dans certains pays, les flux transfrontaliers sont supérieurs de 50 %, voire de plus de 100 %, à l’activité domestique. La Malaisie affiche l’écart le plus marqué, avec un ratio de 29,5 fois.
Les experts interrogés par Chainalysis estiment que les stablecoins peuvent réduire les délais de règlement et les coûts des opérations transfrontalières. Dans le même temps, le développement des systèmes de paiement nationaux dans de nombreux pays limite le besoin d’y recourir pour les paiements du quotidien, contrairement aux transferts internationaux.