Le Vietnam ouvre un nouvel espace de croissance grâce à l’économie spatiale de basse altitude

La création de trois zones nationales d’essais en vol, un objectif de taux de localisation de plus de 85 % pour les drones (UAV) et une contribution d’environ 1,5 % au PIB d’ici 2045 figurent parmi les principaux jalons fixés pour développer l’économie de basse altitude.

Essais de drones (UAV) à Dien Bien pour le développement de l'économie spatiale à basse altitude. Photo : MST
Essais de drones (UAV) à Dien Bien pour le développement de l'économie spatiale à basse altitude. Photo : MST

Cette stratégie vise à associer la maîtrise des technologies à l’émergence de nouveaux marchés de produits et de services.

Le Bureau politique vient de publier la conclusion no 99-KL/TW du 28 septembre 2026 sur l’exploitation, la gouvernance et la protection de l’espace de basse altitude au service du développement national dans le nouveau contexte. Cet espace est considéré comme une ressource nationale, un nouvel espace de développement pour le pays et un espace particulier relevant de la souveraineté nationale, avec pour impératifs la protection de la souveraineté aérienne, de la souveraineté des données et de la cybersécurité.

D’ici 2030, le Vietnam ambitionne de mettre en service trois zones nationales d’essais en vol représentatives de différentes configurations géographiques, ainsi qu’au moins un centre national de recherche et d’expérimentation consacré aux véhicules aériens sans pilote (UAV). Le taux de localisation des principales catégories de drones destinés à la production devrait dépasser 30 à 40 % en 2030, puis 85 % en 2045.

À l’horizon 2045, l’économie de basse altitude devrait devenir un secteur économique et technique important, ainsi que l’un des nouveaux moteurs de croissance du pays, doté d’une forte compétitivité régionale et contribuant à hauteur d’environ 1,5 % du PIB national.

Ces objectifs imposent de développer de manière coordonnée les capacités de recherche, de fabrication, les infrastructures et les services, afin de constituer progressivement une chaîne d’approvisionnement nationale. Les drones sont l’un des moyens d’exploiter l’espace de basse altitude. Associés à l’intelligence artificielle, aux capteurs, aux données, aux télécommunications, aux technologies de positionnement et à l’automatisation, ils peuvent élargir leurs applications à de nombreux secteurs économiques.

Les domaines prioritaires comprennent la logistique, l’agriculture, la gestion des ressources, la protection de l’environnement, la surveillance des infrastructures, la prévention et la lutte contre les catastrophes naturelles, la recherche et le sauvetage, les urgences médicales et les villes intelligentes. Les bénéfices attendus se traduisent par une réduction des coûts de transport, une hausse de la productivité, une diminution des délais de prestation des services et une amélioration de la qualité des services rendus à la population.

Pour faire émerger ce marché, l’État jouera un rôle d’orientation et d’impulsion à travers les commandes publiques, les expérimentations pilotes et les applications dans le secteur public. Il lui incombera également d’élaborer le cadre juridique, les normes et les réglementations techniques, ainsi que les infrastructures essentielles. Les entreprises occuperont une place centrale dans la recherche, le développement, la production et la commercialisation des produits et services, avec la participation des instituts de recherche et des universités.

Le développement de ce secteur devra s’accompagner d’une gouvernance unifiée et moderne, fondée sur les données, les plateformes numériques et le niveau de risque. La gestion sera organisée par zones, par strates d’altitude et par catégories d’activités. Elle couvrira l’ensemble du processus, de l’enregistrement, de l’identification et de l’octroi des autorisations à la régulation, à la surveillance, aux contrôles et au traitement des infractions.

La conclusion prévoit également la mise en place de mécanismes d’expérimentation encadrée pour les nouvelles technologies, les nouveaux produits et services ainsi que les nouveaux modèles économiques. Chaque programme devra définir précisément son périmètre, sa durée, ses critères d’évaluation, ses mécanismes de surveillance et les conditions de son arrêt ou de son extension, tout en garantissant la souveraineté, la défense nationale, la sécurité et la sûreté.

Le ministère des Sciences et des Technologies coopère également avec la province de Dien Bien, le ministère de la Défense et plusieurs entreprises à la mise en œuvre d’un projet d’expérimentation encadrée visant à développer l’économie de basse altitude. Selon le plan établi, environ 6 000 vols d’essai seront réalisés à Dien Bien. Les résultats serviront de référence pour perfectionner la politique nationale dans ce domaine.

Le programme d’expérimentation de Dien Bien vise des applications dans l’agriculture, la logistique, la santé et la cartographie numérique. Sa mise en œuvre dans cette province montagneuse au relief accidenté permettra de vérifier la capacité de ces technologies à répondre à des besoins concrets, tout en fournissant des données pour évaluer leur efficacité, les risques associés et les possibilités de généralisation.

Pour les collectivités locales, l’exploitation, la gouvernance et la protection de l’espace de basse altitude devront être intégrées aux plans et aux stratégies de développement socio-économique. Le choix des technologies, des modèles de services et des ressources d’investissement devra partir des besoins réels, en définissant clairement les utilisateurs, les modalités de fonctionnement et les bénéfices attendus.

Cette approche vise à éviter les investissements dispersés et les initiatives lancées par effet de mode, en orientant les technologies vers la résolution de problèmes concrets liés à la production et à la vie quotidienne. Le développement de l’économie de basse altitude se mesurera à la capacité technologique acquise, à l’expansion du marché et à la valeur créée pour la population et les entreprises.

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