Ce projet vise à créer, dans l’ensemble du pays, un réseau moderne, coordonné et interconnecté d’infrastructures de recherche accessibles en partage. Celui-ci se concentrera sur les technologies stratégiques et fondamentales ainsi que sur les produits technologiques stratégiques. Dans certains domaines, le Vietnam ambitionne d’atteindre un niveau avancé à l’échelle régionale et de se rapprocher de celui des pays développés.
Le pays entend se doter progressivement de capacités nationales en matière de recherche, d’essais, de métrologie, de contrôle, d’évaluation de la conformité, de production pilote et de commercialisation des technologies.
Ces infrastructures devront améliorer sa capacité à acquérir, maîtriser et développer des technologies stratégiques, tout en renforçant son autonomie technologique.
Maîtriser au moins dix technologies clés d’ici à 2030
À l’horizon 2030, le Vietnam prévoit de moderniser, de construire et de mettre en service au moins huit laboratoires nationaux prioritaires dans les domaines suivants : technologies numériques ; réseaux mobiles de nouvelle génération ; robotique et automatisation ; biotechnologies et biomédecine avancées ; énergie et matériaux avancés ; cybersécurité et technologies quantiques ; technologies marines, océaniques et souterraines ; aéronautique et spatial.
Au moins quatre centres nationaux prioritaires de recherche et d’essais seront également créés dans les secteurs des drones, des biotechnologies et de la biomédecine, des matériaux ainsi que des chemins de fer à grande vitesse et des transports ferroviaires urbains.
Le pays se fixe pour objectif de maîtriser au moins dix technologies clés directement utiles à la conception de produits technologiques stratégiques et à la résolution de grands enjeux nationaux.
À partir de la troisième année suivant la mise en service officielle de ces infrastructures, le nombre de demandes de brevet et de titres de protection portant sur les technologies clés et stratégiques devra progresser d’au moins 18 % par an en moyenne.
Le projet prévoit également d’accélérer la commercialisation des résultats de recherche et des actifs de propriété intellectuelle issus des centres et laboratoires nationaux.
Il ambitionne de favoriser la création d’au moins dix jeunes entreprises innovantes ou entreprises scientifiques et technologiques capables de développer, maîtriser et commercialiser des technologies fondamentales ou stratégiques et les produits qui en sont issus.
Chaque centre ou laboratoire devra établir et maintenir des relations étroites avec au moins un écosystème d’innovation ou un pôle réunissant instituts de recherche, établissements d’enseignement supérieur, entreprises et organismes publics.
Cette coopération devra garantir que les travaux de recherche et d’essai répondent aux besoins du marché, de la défense et de la sécurité, tout en favorisant le développement de technologies et de produits stratégiques ainsi que la compétitivité des entreprises vietnamiennes.
Des infrastructures de niveau régional d’ici à 2035
À l’horizon 2035, le Vietnam poursuivra la modernisation et le développement de son réseau de centres de recherche et d’essais et de laboratoires nationaux prioritaires.
Ces infrastructures seront reliées à des réseaux de recherche avancés aux niveaux régional et international. Certains centres d’essais et laboratoires devront atteindre un niveau de premier plan en Asie du Sud-Est dans leurs domaines technologiques stratégiques respectifs.
Le projet vise également à renforcer la maîtrise des technologies fondamentales et de base, afin de répondre à l’essentiel des besoins nationaux en matière de recherche, de développement, d’essais, d’évaluation et de production pilote de produits technologiques stratégiques.
Il devra enfin accélérer les transferts et la commercialisation des technologies, soutenir les entreprises et diffuser les innovations au service du développement socio-économique.
Six grandes missions
Le projet définit six groupes de missions et de solutions : élaborer les textes nécessaires à la gestion et au fonctionnement du réseau ; réformer les mécanismes d’investissement et de financement ; améliorer la gouvernance, l’organisation et la mutualisation des infrastructures ; développer les ressources humaines ; renforcer la coopération internationale ; assurer le suivi et l’évaluation du réseau.
Concernant le cadre de gestion et de fonctionnement, le projet prévoit d’élaborer et d’adopter des critères de sélection pour les centres de recherche et d’essais et les laboratoires nationaux prioritaires consacrés aux technologies stratégiques.
Des indicateurs quantitatifs de performance devront être établis afin de suivre et d’évaluer les résultats produits par l’ensemble du réseau.
Des règles seront également adoptées pour encadrer les activités et l’utilisation partagée des centres et laboratoires.
Les autorités devront parallèlement réexaminer et promulguer des dispositions relatives à leur organisation, à leur modèle de gouvernance, à leur création ou restructuration ainsi qu’à l’attribution de leur gestion et de leur exploitation.
Les centres et laboratoires pourront réinvestir, conformément à la réglementation, les recettes provenant de leurs services et les affecter à d’autres dépenses justifiées.
Des mécanismes spécifiques régiront également le recrutement et la rémunération du personnel permanent et des experts. Les salaires pourront être négociés en fonction des postes occupés, des missions confiées et des résultats obtenus.
Réformer les mécanismes d’investissement et de financement
Les investissements devront être conçus sur l’ensemble du cycle de vie des infrastructures, afin d’assurer la cohérence entre les bâtiments, les équipements, les ressources humaines et les conditions de gestion et d’exploitation.
La sélection, la modernisation ou la création de nouvelles installations devront répondre aux besoins de développement des technologies stratégiques, aux lacunes constatées dans les capacités existantes, aux possibilités de mutualisation et à des engagements précis en matière de résultats.
De nouvelles infrastructures ne seront construites que si les installations existantes ne peuvent répondre aux besoins par leur modernisation, leur interconnexion, leur partage, leur exploitation commune ou le recours à des prestations extérieures.
Les sources d’investissement seront diversifiées. Elles pourront provenir du budget central, des budgets locaux, des entreprises et d’autres financements licites.
Lorsque cela sera pertinent, des mécanismes de co-investissement et de partenariat public-privé seront mis en œuvre. Les entreprises technologiques et les groupes moteurs de leur secteur seront encouragés à investir, à commander des travaux de recherche ou des essais et à exploiter les résultats scientifiques ainsi que les actifs de propriété intellectuelle, dans le respect de la législation.
Les recettes licites générées par le réseau pourront financer son fonctionnement, son entretien, sa modernisation et de nouveaux investissements.
Enfin, l’État pourra commander ou financer des missions de recherche scientifique, de développement technologique et d’innovation, ainsi que des travaux consacrés aux technologies stratégiques, à l’élaboration de normes et de règlements techniques, aux essais et à l’évaluation de nouvelles technologies. Ces missions seront confiées aux centres et laboratoires nationaux disposant des compétences requises.