L’efficacité énergétique : un nouveau levier de croissance pour le Vietnam

Une récente étude montre qu’une amélioration de 10 % de l’efficacité énergétique pourrait permettre au PIB du Vietnam d’augmenter d’environ 1 %, tout en réduisant la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

L'énergie solaire flottante est l'une des sources d'énergie renouvelables potentielles du Vietnam. Photo : hanoimoi.vn
L'énergie solaire flottante est l'une des sources d'énergie renouvelables potentielles du Vietnam. Photo : hanoimoi.vn

Ces résultats ont été présentés lors du lancement à Hanoï d’un outil d’analyse des politiques énergétiques, développé conjointement par l’Institut de recherche sur les politiques et les stratégies, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et leurs partenaires.

L’un des principaux apports de cette étude réside dans son approche intégrée de la transition énergétique, qui met en relation croissance économique, production, émissions et niveau de vie de la population. Au lieu de se limiter à mesurer les réductions d’émissions de gaz à effet de serre, le modèle permet d’évaluer l’impact de chaque option politique sur l’ensemble de l’économie ainsi que sur les différentes catégories de ménages.

Selon les simulations, l’amélioration de l’efficacité énergétique constitue l’une des mesures offrant les bénéfices les plus importants sur plusieurs plans. Lorsque les entreprises et l’économie utilisent l’énergie de manière plus efficiente, les coûts de production diminuent, la productivité augmente, tandis que la pression exercée sur les ressources énergétiques et sur l’environnement s’atténue sensiblement.

L’outil d’analyse repose sur une matrice de comptabilité sociale de l’énergie (ESAM), qui met en évidence les interactions entre les activités de production, la consommation d’énergie, les revenus des ménages et les émissions. Grâce à cette approche, les décideurs publics peuvent simuler différents scénarios avant de prendre leurs décisions.

Au-delà de l’efficacité énergétique, l’étude met également en garde contre certaines politiques susceptibles d’avoir des effets de diffusion importants sur l’ensemble de l’économie.

Dans l’hypothèse d’une hausse de 10 % du prix de l’électricité, les industries manufacturières et les secteurs fortement consommateurs d’énergie seraient les plus affectés en raison de l’augmentation de leurs coûts de production. Les répercussions varieraient également selon les catégories de population : les ménages urbains non agricoles seraient davantage touchés que les ménages agricoles vivant en milieu rural.

Ramla Khalidi, représentante résidente du PNUD au Vietnam.

S’agissant de la tarification du carbone, les simulations indiquent qu’une taxe de 15 dollars américains par tonne équivalent CO₂ permettrait de réduire les émissions d’environ 2,9 %. Toutefois, en l’absence de mesures d’accompagnement appropriées, le PIB pourrait diminuer d’environ 0,8 %. Ces résultats soulignent que les objectifs de réduction des émissions doivent être mis en œuvre parallèlement à des politiques destinées à protéger les populations les plus vulnérables et à préserver la compétitivité de l’économie.

Selon Ramla Khalidi, représentante résidente du PNUD au Vietnam, la principale valeur ajoutée de l’ESAM réside dans sa capacité à aider les décideurs à identifier précisément les groupes susceptibles de bénéficier de la transition énergétique ou, au contraire, d’en subir les effets.

« Cette étude s’appuie sur les données propres au Vietnam, ce qui nous permet de déterminer clairement qui sera gagnant et qui pourrait être perdant dans le processus de transition énergétique », a déclaré Ramla Khalidi, soulignant que cet outil pourra être régulièrement actualisé afin de répondre à de nouveaux enjeux de politique publique.

Les experts estiment que, dans la perspective de construire une économie à faibles émissions de carbone, les politiques énergétiques du Vietnam devront s’appuyer sur des analyses intégrant de manière plus complète les dimensions économiques, sociales et environnementales. Une telle approche constitue un préalable indispensable pour réussir une transition permettant de réduire les émissions tout en préservant les moteurs de la croissance économique.

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