Le modèle des clubs de quan họ devient un vecteur essentiel de diffusion des valeurs patrimoniales auprès d’un large public.
Le modèle des clubs de quan họ devient un vecteur essentiel de diffusion des valeurs patrimoniales auprès d’un large public.

Les clubs de quan họ, gardiens d’un patrimoine vivant vietnamien

La diversité des âges au sein de ces clubs favorise aussi les échanges intergénérationnels. Ces structures représentent aujourd’hui la principale force de transmission, assurant l’organisation des pratiques de quan họ et l’ouverture de classes destinées aux jeunes générations.

À Bac Ninh, les clubs de quan họ font vivre un héritage ancestral

Le chant populaire « quan họ » (chant alterné) de la province de Bac Ninh (au nord-est du Vietnam) a été inscrit en 2009 par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Depuis, cet art a connu un développement appréciable, marqué par une augmentation significative du nombre de pratiquants.

Au fil des bouleversements de l’histoire, notamment après 1954, le modèle traditionnel des « groupes de quan họ » a progressivement évolué vers de nouvelles formes d’organisation, parmi lesquelles les clubs de quan họ (chant alterné traditionnel) occupent aujourd’hui une place importante.

Dans les faits, ces clubs sont devenus des acteurs essentiels de la sauvegarde et du rayonnement de ce patrimoine exceptionnel du chant populaire vietnamien.

Le patrimoine culturel au service du développement touristique

Depuis plus de quarante ans, Mme Nguyen Thi Xuan Lan, présidente du Club de quan họ du temple Do, consacre sa vie à cet art traditionnel. Elle se décrit volontiers comme « une femme entièrement dévouée au quan họ ».

Pour elle, cet engagement ne relève d’aucun intérêt matériel, mais d’une passion profonde et durable : « Je sais seulement que j’aime profondément cet art, alors je continue à le faire vivre. L’essentiel est d’assurer la transmission et le rayonnement du quan họ. »

Des chanteurs et chanteuses de quan họ échangent avec des visiteurs.
Des chanteurs et chanteuses de quan họ échangent avec des visiteurs.

Cet esprit anime également le club, où l’on voit fréquemment de jeunes élèves du primaire et du secondaire partager la scène avec des chanteurs et chanteuses plus âgés, illustrant ainsi une transmission naturelle entre les générations.

Sous la direction de Nguyen Thi Xuan Lan, le Club de quan họ du temple Do incarne un visage particulièrement dynamique du quan họ dans le contexte du tourisme et de la vie contemporaine.

Outre des activités régulières, le club propose fréquemment des représentations sur des bateaux-dragons équipés de dispositifs modernes de sonorisation et d’éclairage afin de répondre aux attentes variées du public contemporain.

Aujourd’hui, le club organise des spectacles presque tous les jours de la semaine. Depuis septembre 2025, il assure chaque mois des dizaines de représentations destinées au train touristique « Cinq portes de Hanoï ». Ce circuit touristique relie Hanoï à la région culturelle de Kinh Bac, aujourd’hui située dans la province de Bac Ninh, à travers un parcours mêlant patrimoine et découverte culturelle.

Fait remarquable, grâce à la diversité générationnelle de ses membres, le club peut mobiliser simultanément une cinquantaine de personnes lors des représentations, créant un espace culturel vivant qui rapproche davantage cet art vocal traditionnel du public vietnamien comme international.

Depuis de nombreuses années, les clubs culturels et artistiques communautaires connaissent un fort développement dans la province de Bac Ninh, contribuant à la préservation des coutumes et de l’identité culturelle locale.

À Bac Ninh, l’essor des clubs traditionnels constitue également un moteur du développement touristique et socio-économique local. À ce jour, la province compte environ 260 villages pratiquant le quan họ ainsi que plus de 600 clubs regroupant près de 10 000 membres actifs.

Le modèle des clubs de quan họ à Bac Ninh bénéficie d’un intérêt croissant, avec de fréquentes rencontres et représentations artistiques.
Le modèle des clubs de quan họ à Bac Ninh bénéficie d’un intérêt croissant, avec de fréquentes rencontres et représentations artistiques.

La diversité des âges au sein de ces clubs favorise aussi les échanges intergénérationnels.

Ces structures représentent aujourd’hui la principale force de transmission, assurant l’organisation des pratiques de quan họ et l’ouverture de classes destinées aux jeunes générations.

Préserver le patrimoine dans la vie contemporaine

Contrairement au Club de quan họ du temple Do, dont les activités sont étroitement liées aux spectacles et au tourisme, le Club de quan họ du village de Diem conserve une pratique plus traditionnelle, centrée sur les anciennes veillées chantées.

Au village de Viem Xa, plus connu sous le nom de village de Diem, considéré comme le berceau du quan họ ancestral, les activités perpétuent encore aujourd’hui l’esprit des anciens « groupes de quan họ ».

Dans l’espace réservé aux chanteurs et chanteuses de quan họ, les rencontres suivent un protocole rigoureux comprenant les rites traditionnels d’accueil : offrande de bétel, service du thé, réception des invités ou encore chants alternés. Autant de pratiques qui permettent de préserver l’authenticité du patrimoine au sein même de la vie communautaire.

Parallèlement, grâce aux investissements de la province comme construction de pavillons de chant quan họ, restauration des anciennes maisons dédiées au quan họ, entre autres, les clubs disposent désormais de davantage d’espaces pour leurs activités et pour la promotion du patrimoine.

Des chanteuses du Club de quan họ du village de Diem, considéré comme le berceau du quan họ ancestral.
Des chanteuses du Club de quan họ du village de Diem, considéré comme le berceau du quan họ ancestral.

Selon Nguyen Van Dap, vice-directeur du Service de la culture, des sports et du tourisme de Bac Ninh, la province a investi près de 100 milliards de dôngs dans la restauration de plus de dix maisons traditionnelles de quan họ, tout en maintenant les activités régulières de centaines de clubs.

Dans le contexte de la modernité, les clubs de quan họ ne sont plus seulement des lieux de conservation des chants anciens ; ils deviennent aussi des passerelles vivantes entre le patrimoine, les communautés locales et le public.

Des rassemblements villageois aux scènes de festivals, des cours de transmission destinés aux enfants aux expériences touristiques culturelles, les chanteurs et chanteuses d’aujourd’hui perpétuent avec constance la flamme de cet héritage ancestral.

C’est précisément grâce à cette continuité que ce patrimoine chanté de Bac Ninh demeure vivant dans la société contemporaine, affirmant la vitalité durable d’un patrimoine culturel emblématique de la nation vietnamienne.

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