Les exportations de homard du Vietnam établissent un nouveau record

Selon les données des Douanes vietnamiennes, les exportations de homards du Vietnam ont atteint 712 millions de dollars sur les dix premiers mois de 2025, soit une hausse spectaculaire de 135 % en glissement annuel. Cette augmentation s’explique principalement par la forte demande en provenance de Chine.

Les exportations de homard du Vietnam entrent dans une période de forte accélération en cette fin d'année. Photo : congthuong.vn
Les exportations de homard du Vietnam entrent dans une période de forte accélération en cette fin d'année. Photo : congthuong.vn

Des percées remarquables

Les exportations de homards vietnamiens ont continué de progresser fortement en octobre 2025, atteignant 93 millions de dollars, soit une hausse de 75 % par rapport à la même période de 2024.

Grâce à la dynamique de croissance maintenue depuis le début de l’année, la valeur cumulée sur dix mois a atteint 712 millions de dollars, soit une hausse de 135 % sur un an. Il s’agit d’un niveau rarement observé pour un seul produit de la filière aquatique.

Dans la structure des exportations, le homard vert joue un rôle dominant, représentant 98 % du chiffre d’affaires total, avec 700 millions de dollars et une hausse de 141 % en variation annuelle.

À l’inverse, le homard tacheté et les autres types ont légèrement reculé, respectivement de 22 % et 1 %.

Selon l’Association vietnamienne de transformation et d’exportation des produits de la mer (VASEP), la Chine et Hong Kong (Chine) restent toujours les moteurs essentiels de la croissance du secteur.

Sur dix mois, les exportations vers ces marchés ont atteint 702 millions de dollars, soit une hausse de 135 %, représentant presque l’intégralité du chiffre d’affaires du secteur. Cette progression prolonge l’explosion de 2024, lorsque la valeur des exportations vietnamiennes vers la Chine est passée de 141 millions de dollars en 2023 à 404 millions de dollars en 2024 (+186 %).

Sur ce grand marché importateur, la concurrence évolue rapidement. Au cours des trois premiers trimestres, la Chine a importé près de 49 900 tonnes de homard, soit une progression de 13 %.

Toutefois, les importations en provenance du Canada ont chuté de 39 % en raison d’un taux de taxation total de 32 %, tandis que le homard américain a reculé de 10 % sous l’effet d’un taux de 17 %.

À l’inverse, le Vietnam a largement bénéficié de la situation : la Chine a importé plus de 17 365 tonnes de homard vietnamien, soit près de trois fois plus qu’à la même période, pour une valeur totale de 556 millions de dollars.

La forte hausse des achats chinois de homard vietnamien s’explique principalement par l’avantage tarifaire, le Vietnam n’étant pas soumis aux mesures de rétorsion qui touchent le Canada et les États-Unis. La proximité géographique favorise également le transport de homard vivant en limitant les pertes.

Par ailleurs, la demande chinoise se tourne de plus en plus vers le homard vert, segment dans lequel le Vietnam dispose d’une offre abondante.

« Un autre facteur favorable est la reprise de la production dans les grandes zones d’élevage ces dernières années, permettant au Vietnam de répondre à la demande croissante », précisent les experts de la VASEP.

La Chine et Hong Kong (Chine) sont toujours les plus importants débouchés pour les homards vietnamiens. Photo : VNA
La Chine et Hong Kong (Chine) sont toujours les plus importants débouchés pour les homards vietnamiens. Photo : VNA

Des défis restent encore

La VASEP souligne que, malgré la forte croissance des exportations, les éleveurs vietnamiens doivent encore faire face à de nombreuses difficultés.

Les prix ont parfois chuté en raison d’un excès d’offre après la période du Têt (Nouvel An lunaire), tandis que la concurrence de l’Australie, du Canada, des États-Unis et d’autres pays d’Asie du Sud-Est (Philippines, Indonésie, Malaisie…) exerce une pression sur le prix d’achat intérieur.

Depuis que la Chine a levé son interdiction sur le homard australien, la pression concurrentielle sur le Vietnam s’est accrue.

Parallèlement au facteur prix, le marché chinois renforce ses exigences en matière de qualité et d’enregistrement des usines de transformation. Si des réglementations chinoises comme l’Ordonnance 280 sont appliquées rapidement et strictement, l’exportation — notamment pour les produits vivants — pourrait être directement affectée.

À cela s’ajoutent les récents dégâts subis fin novembre dans les principales zones d’élevage de Phu Yen, en particulier dans la baie de Xuan Dai. Avec plus de 27 000 cages, cette zone est l’une des plus importantes régions d’élevage du pays.

L’arrivée massive d’eau douce après les inondations a provoqué la mort en masse des homards choqués par la baisse de salinité. De nombreux ménages ont perdu presque la totalité de leurs cages et ont dû vendre à bas prix faute de glace pour conserver les produits.

Toujours selon la VASEP, à court terme, les entreprises exportatrices ne devraient pas être fortement impactées, car les volumes destinés aux contrats de fin d’année étaient déjà sécurisés.

Toutefois, à moyen terme, les pertes concernant les homards sur le point d’être récoltés pourraient réduire considérablement l’offre au début de 2026, entraînant des fluctuations de prix et affectant la capacité à maintenir le rythme actuel de croissance des exportations.

La valeur cumulée des exportations de homards du Vietnam sur les dix premiers mois de 2025 a atteint 712 millions de dollars, soit une hausse de 135 % sur un an. Photo : VNA
La valeur cumulée des exportations de homards du Vietnam sur les dix premiers mois de 2025 a atteint 712 millions de dollars, soit une hausse de 135 % sur un an. Photo : VNA

Perspectives pour la fin de l’année et début 2026

Dans un contexte où les activités commerciales de fin d’année montrent des signaux positifs, les perspectives d’exportation du homard vietnamien restent favorables, d’autant que la demande du marché chinois demeure élevée, notamment pendant la période de préparation du Têt.

Toutefois, les avertissements concernant le renforcement des contrôles, de la traçabilité et des procédures connexes pourraient créer de nouveaux « points d’étranglement ». Si ces réglementations sont appliquées strictement, entraînant des délais plus longs ou des coûts supplémentaires, les exportations de homard pourraient être immédiatement affectées.

Pour les produits vivants, comme le homard, un simple retard dans les contrôles peut suffire à accroître considérablement les risques, altérant la qualité et le prix de vente.

Globalement, le homard reste le point le plus lumineux dans le tableau des exportations de produits de la mer du Vietnam en 2025, grâce à la forte croissance de la demande chinoise.

Les experts de la VASEP indiquent que, pour maintenir cette dynamique, le secteur doit à la fois garantir la stabilité de l’offre dans les zones d’élevage, renforcer sa capacité à répondre aux exigences du marché et s’adapter aux politiques commerciales de plus en plus strictes de la Chine.

Il est également nécessaire de renforcer la chaîne de valeur et la connectivité entre les coopératives et les entreprises exportatrices pour être plus résilient face aux fluctuations du commerce international.

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